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L’auteur Claude Jasmin s’éteint à 90 ans

L'homme aux cheveux blancs discute en gesticulant.

L'auteur Claude Jasmin en 2008

Photo : Radio-Canada / Christian Côté

Radio-Canada

L’écrivain, scénariste et polémiste québécois Claude Jasmin, notamment connu pour avoir écrit le scénario du téléroman La Petite Patrie dans les années 1970, est mort à l’âge de 90 ans. La nouvelle a été annoncée sur son site Internet.

Souffrant d’une infection du sang et ayant fait une chute, Claude Jasmin est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi à l’Hôpital de Saint-Jérôme.

Il est né le 10 novembre 1930 à Montréal, dans le quartier Villeray, qu’il dépeindra affectueusement dans le roman La Petite Patrie, devenu une télésérie diffusée sur Radio-Canada de 1974 à 1976, puis dans le roman autobiographique Enfant de Villeray en 2000.

C’est aussi lui qui a rédigé les scénarios des séries Dominique, diffusée sur TVA à la fin des années 1970, et Boogie-woogie 47 ainsi que Métro-boulot-dodo pour Radio-Canada au début des années 1980.

La comédienne Louise Rémy est assise sur les genoux de Jean Brousseau, qui la tient dans ses bras.

Jean Brousseau et Louise Rémy, dans la série « Boogie-woogie 47 », de Claude Jasmin

Photo : Radio-Canada / André Le Coz

Avant de travailler pour les émissions jeunesse de Radio-Canada en tant que scénographe-décorateur à partir de 1956, Claude Jasmin avait commencé sa carrière artistique comme acteur, décorateur et marionnettiste pour La Roulotte de Paul Buissonneau, le fondateur du Théâtre de Quat’Sous. Ce théâtre pour enfants sillonnait les parcs de Montréal.

Lauréat de plusieurs prix

C’est en 1958 que Claude Jasmin a publié son premier roman, Et puis tout est silence. Par la suite, il a écrit La corde au cou, Ethel et le terroriste et, surtout, Pleure pas, Germaine. Ce livre entièrement écrit en joual – comme un pied de nez aux apôtres du bien-parler, que l’écrivain associait à une culture mal assurée – a marqué les esprits lors de sa parution en 1965.

En tout, il a publié une cinquantaine de livres, y compris la série de polars qui met en vedette l’inspecteur Asselin. Ces romans policiers se déroulent tous au cœur d’Outremont, quartier de Montréal où le romancier avait élu domicile.

Il a également reçu plusieurs prix littéraires, dont les prix Québec-Paris et France-Canada pour La sablière, paru en 1979. Ce roman est devenu en 1984 le film Mario, de Jean Beaudin, qui met en vedette Francis Reddy.

En 2016, il s’est vu décerner le prestigieux prix Athanase-David, remis chaque année par le gouvernement du Québec.

Dans son discours de remerciement, il a raconté que la maison dans laquelle il avait grandi n’était peuplée que de deux livres : l’annuaire téléphonique et les annales de l’oratoire Saint-Joseph. Comprenez que ce n’est pas à la maison que j’ai pris la piqûre d’écrire, a-t-il déclaré. Je voulais dire à toutes les petites filles et à tous les petits garçons [...] qui sont dans un milieu plus que modeste [...] qu’il y a moyen de s’en sortir.

Le critique littéraire du Devoir Louis Cornellier résumait ainsi en 2003 les qualités de ce romancier tapageur et populiste : un sens de la vie de quartier, la fascination de l’entourage, la profondeur et le mystère humains propres au moindre quidam, l’art du conteur et une foi inébranlable en l’écriture.

Un pamphlétaire

Au cours de sa vie, Claude Jasmin a aussi été dramaturge, céramiste, acteur, critique, aquarelliste, illustrateur, professeur d’histoire de l’art, mais aussi chroniqueur pour la radio et la télévision.

Avec son fils Daniel, il a par ailleurs signé une série de 25 articles dans le quotidien La Presse, Jasmin père-fils, expérience qu’il a d’ailleurs reprise plus tard avec son petit-fils David à l’été 1999.

Claude Jasmin s’est également illustré en tant que polémiste. Moi, j’aime la chicane, le dialogue. Je suis un homme à querelles. Alors la critique, la polémique, j’adore ça, avait-il déclaré dans Le Devoir en 1965.

Pierre Paquette tend un micro à Claude Jasmin, qui sourit.

Claude Jasmin au micro de l’animateur de radio Pierre Paquette

Photo : Radio-Canada/Jean-Pierre Karsenty

Ardent partisan de l’indépendance du Québec, il s’est vu remettre le prix Ludger-Duvernay de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal en 1980 pour l’ensemble de son œuvre.

Retraité de Radio-Canada depuis 1985, Claude Jasmin a publié, de 2002 à 2017, un blogue sur son site Internet, mêlant sa plume de romancier à celle de pamphlétaire.

Il laisse dans le deuil ses enfants, Éliane et Daniel, nés de son union avec la comédienne de radio Louise Charlebois, décédée en 1983.

Avec les informations de La Presse canadienne

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