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Le prix du minerai de fer atteint de nouveaux sommets

Minière sur la Côte-Nord.

Le minerai de fer de la fosse du Labrador est particulièrement recherché (archives).

Photo : Radio-Canada / Evelyne Côté

Le prix du minerai de fer, et particulièrement du type de minerai produit sur la Côte-Nord et au Labrador, atteint présentement des sommets historiques.

Cette hausse de prix devrait permettre aux minières d'engranger des profits phénoménaux.

C’est du jamais-vu, tranche Steeve Chapados, directeur général de la Caisse Desjardins des Ressources naturelles.

Les prix n’ont jamais été aussi bons. On a même dépassé les records que l’industrie avait atteints au début des années 2010, précise le spécialiste du secteur minier.

Selon M. Chapados, le minerai de fer standard, d’une concentration de 62 %, a atteint 193 $ US la tonne. Or, le minerai de fer de la Côte-Nord, plus concentré et de meilleure qualité, bénéficie d’une prime de 35 $ US additionnels par tonne.

Steeve Chapados, en entrevue dans un corridor.

Steeve Chapados, directeur général de la Caisse Desjardins des Ressources naturelles, à Sept-Îles

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Actuellement, on oscille entre 225 et 230 $ US la tonne pour du minerai de fer de haute teneur. Ce sont de nouveaux records qui s’établissent.

Une citation de :Steeve Chapados, directeur général de la Caisse Desjardins des Ressources naturelles

C’est sans compter la conversion en dollar canadien qui ajoute de 23 à 25 % à cette valeur pour les entreprises canadiennes.

Une offre ralentie

L’un des grands producteurs de minerai à haute teneur en fer, le Brésil, connaît des difficultés sur le plan environnemental, explique Steeve Chapados.

Ça vient limiter leur production. C'est sans parler de la COVID-19 qui ralentit passablement leurs opérations, indique M. Chapados.

Les difficultés d’autres producteurs positionnent très bien les mines du Québec pour qu’elles prennent de la place sur les marchés, analyse Josée Méthot, directrice générale de l'Association minière du Québec (AMQ), en entrevue à l’émission Boréale 138.

Josée Méthot en entrevue à Radio-Canada.

Josée Méthot, présidente de l'Association minière du Québec

Photo : Radio-Canada

L'entreprise Vale, principal producteur de fer au Brésil, connaît aussi des ratés opérationnels dans l’expédition de son minerai, sans compter la catastrophe humaine et environnementale de 2019, quand un de ses barrages a cédé.

Tant que Vale aura des difficultés à respecter son carnet de commandes, les primes [sur le minerai à haute teneur en fer] pourraient être là pour demeurer, prévoit Steeve Chapados.

Relance économique

Pour ce qui est de la demande, les programmes de relance économique de la Chine et des États-Unis par des investissements colossaux en infrastructures ont un grand impact sur les besoins en acier.

Le minerai de fer plus concentré permet de fabriquer de l’acier en utilisant moins d’énergie et en produisant moins de pollution, ce qui le rend particulièrement intéressant pour les aciéristes chinois.

La Chine a vécu le début de la pandémie bien avant nous et a tout de suite mis en place son plan de relance. On est encore dans l’impact de la demande en fer de la Chine, observe la directrice générale de l’AMQ.

Des spirales de Humphrey, servant à la concentration du minerai de fer, à la mine du lac Bloom.

Des spirales de Humphrey, servant à la concentration du minerai de fer, à la mine du lac Bloom, sur la Côte-Nord.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Bien qu'il soit trop tôt pour déterminer les coûts des minerais pour les prochains mois, le fait que la relance chinoise et américaine doit s’échelonner sur plusieurs années laisse présager que le prix des matières premières demeurera élevé.

Mine de fer d'ArcelorMittal au mont Wright, près de Fermont.

La mine de fer d'ArcelorMittal au mont Wright, près de Fermont

Photo : Radio-Canada / Nicolas Lachapelle

Profits phénoménaux

Steeve Chapados estime que les mines de fer de la Côte-Nord et du Labrador génèrent présentement un milliard de dollars de profit par mois, si on annualise le prix actuel du minerai.

Pour en arriver à cette estimation, il utilise le coût de production divulgué récemment par Champion Iron, qui est de 55 dollars canadiens par tonne.

Le train circule dans un paysage enneigé.

Des trains transportent chaque jour des milliers de tonnes de minerai de fer de la fosse du Labrador jusqu'aux ports de Sept-Îles et Port-Cartier.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Lachapelle

Même après le transport, M. Chapados estime donc que les minières reçoivent environ 195 à 200 $ CA par tonne.

C’est phénoménal, n’hésite pas à dire le gestionnaire.

Si Minerai de fer Québec vise présentement une importante augmentation de sa production, M. Chapados observe que les minières tentent aussi d’optimiser leur production et d'obtenir, grâce au prix du minerai, un rendement de leurs investissements des dernières années.

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