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Joe Biden en Georgie pour vendre ses ambitieuses réformes

Installé derrière un lutrin, il parle à des automobilistes.

Le président Biden a amorcé la tournée « Remettre l'Amérique sur les rails » en Georgie, un État où la démographie changeante a permis aux démocrates de faire des gains électoraux.

Photo : Reuters / EVELYN HOCKSTEIN

Au lendemain de son premier discours devant le Congrès, le président Joe Biden a marqué son 100e jour à la Maison-Blanche, jeudi, en amorçant en Georgie une série de visites dans des villes du pays pour faire la promotion des réformes majeures qu’il veut faire adopter.

Le premier arrêt de cette tournée, que la Maison-Blanche a intitulée Remettre l'Amérique sur les rails, s'est fait en Georgie, un État qu'il était le premier démocrate à remporter en 28 ans. L'État à la démographie changeante, qui a été un bastion républicain pendant des décennies, a aussi procuré in extremis aux démocrates le contrôle du Sénat en janvier dernier.

Je n'ai jamais été aussi optimiste quant à l'avenir de l'Amérique. L'Amérique est de nouveau en mouvement, a-t-il lancé au terme de son allocution de moins d'une heure, faisant écho à son discours de mercredi.

L'allocution de M. Biden, livrée devant des automobilistes rassemblés à Duluth, une banlieue d'Atlanta caractérisée notamment par sa diversité ethnique, s'est amorcée vers 18 h (HAE).

Dans la foulée du plaidoyer prononcé la veille devant des élus des deux chambres du Congrès, Joe Biden a vanté le bilan de ses trois premiers mois, largement axés autour de la gestion de la pandémie, notamment la campagne de vaccination et l'adoption de son vaste plan de sauvetage de l'économie américaine.

C'est grâce à l'élection des sénateurs de la Georgie, Raphael Warnock et Jon Ossoff, qui a redonné de justesse le contrôle du Sénat aux démocrates, que le président Biden a pu faire adopter son plan de relance économique, sans l'appui d'un seul républicain, ce qu'il n'a pas manqué de souligner.

Nous devons un merci spécial aux gens de la Georgie. Grâce à vous, le reste de l'Amérique a été capable d'obtenir l'aide qu'elle a eue, a-t-il lancé. Alors, si vous vous vous demandez si les élections peuvent faire une différence, souvenez-vous de ce que vous avez fait quand vous nous avez élus. Vous avez changé l'Amérique.

La Georgie s'annonce l'un des États clés pour les rendez-vous électoraux de 2022 et 2024.

Faisant le pari d'un gouvernement plus interventionniste, Joe Biden a réitéré son plaidoyer pour son plan d'infrastructures, dévoilé le mois dernier, et son tout nouveau plan pour les familles.

Nous devons investir dans les choses auxquelles nos familles tiennent et dont elles ont le plus besoin.

Une citation de :Joe Biden, président des États-Unis

Le premier créerait, aux dires de la Maison-Blanche, des millions d'emplois tout en permettant de lutter contre les changements climatiques. Le deuxième étendrait le filet social, avec des éléments comme l’accès gratuit à la prématernelle et à certains collèges communautaires, une aide financière pour la garde d'enfants, la réduction des primes d'assurance maladie pour les personnes souscrivant à l'Obamacare ainsi que la mise sur pied d’un programme de congés de maladie payés et de congés familiaux.

Son message : ces plans, très audacieux et réformateurs, sont conçus pour aider les moins fortunés et la classe moyenne, et le gouvernement, envers lequel une frange importante de la population américaine est réfractaire, peut fonctionner pour ses citoyens.

Taxer les riches pour favoriser la croissance

La croissance économique sera mieux assurée en taxant les mieux nantis, a assuré M. Biden, qui, la veille, a contesté la théorie du ruissellement (trickle-down economics), chère aux républicains.

Credo de l'ex-président républicain Ronald Reagan, dans les années 1980, cette théorie favorise la réduction des impôts des riches pour les encourager à injecter de l'argent dans l'économie afin de le faire ruisseller jusqu'aux plus pauvres.

Il est grand temps que les très riches et les entreprises commencent à payer leur juste part. C'est aussi simple que cela, a répété Joe Biden.

Mercredi, il avait déjà souligné que ses réformes seraient financées par une augmentation des impôts des sociétés et des Américains les mieux nantis, et il a insisté sur le fait qu'aucun Américain gagnant moins de 400 000 $ par année ne verrait ses impôts augmenter.

Ensemble, les deux plans visant à poursuivre la reconstruction de l'économie américaine ajouteraient 3800 milliards de dollars aux 1900 milliards déjà autorisés par le Congrès pour le plan de relance lié à la pandémie.

Des montants décriés par les républicains, qui brandissent bien haut la menace d'une augmentation des impôts, et même critiqués par les démocrates les plus conservateurs, comme le sénateur de la Virginie-Occidentale Joe Manchin.

Le sénateur Roy Blunt, l'un des membres du leadership républicain, a affirmé que les nouveaux plans mis de l'avant par le président Biden amèneraient le rôle de l'État et les dépenses à un autre niveau.

Le sort des nouvelles initiatives de M. Biden au Congrès, où les démocrates n'ont qu'une mince majorité, tant à la Chambre des représentants qu'au Sénat, s'annonce donc parsemé d'embûches, d'où ses efforts pour rallier l'opinion publique.

Pendant son discours de mercredi, Joe Biden avait aussi affirmé qu'elles aideraient à renverser le racisme systémique, un message porteur pour une partie de l'électorat de la Georgie, où le tiers des citoyens sont afro-américains.

La visite de Joe Biden dans cet État est d'ailleurs survenue au lendemain de la mise en accusation par la justice fédérale de trois hommes blancs pour crime haineux et tentative d'enlèvement à l'endroit d'Ahmaud Arbery, un Noir tué l'an dernier pendant qu'il faisait de la course. La Georgie les avait déjà inculpés pour meurtre.

La Georgie, épicentre du combat pour le droit de vote

Ils applaudissent et tiennent des drapeaux américains ainsi que des pancartes disant « 100 jours » et « La gentillesse l'emporte ».

Des partisans du président Biden ont manifesté leur appui à ses politiques.

Photo : Reuters / EVELYN HOCKSTEIN

Joe Biden a par ailleurs plaidé pour la protection du droit de vote, un enjeu qu'il a évoqué mercredi.

Vous avez vu ce qui s'est passé ici en Georgie avec les lois de votre État. C'est tout simplement mal. Mal. C'est pourquoi nous devons adopter des lois fédérales sur le droit de vote, a-t-il soutenu.

L'Assemblée législative à majorité républicaine de la Georgie, invoquant l'intégrité des élections, y a renforcé les contrôles sur l'identité des électeurs votant par correspondance.

En Georgie et dans d'autres États, les partisans de ces mesures invoquent les allégations, sans fondements, de fraudes électorales massives martelées par l'ex-président Donald Trump après la présidentielle de novembre dernier.

Le texte promulgué par le gouverneur républicain de Georgie, Brian Kemp, interdit aussi de distribuer de l'eau ou des vivres dans les longues files d'attente les jours de vote, et a restreint le nombre d'urnes installées dans la rue pour déposer les bulletins.

Les démocrates, mais aussi des militants des droits civiques et même une centaine d'entreprises, comme Coca-Cola et la compagnie aérienne Delta, accusent cependant les républicains de restreindre l'accès des minorités, particulièrement de la communauté afro-américaine, aux urnes.

Ils comparent ses dispositions aux restrictions imposées par les lois ségrégationnistes instaurées par plusieurs États du Sud après la guerre de Sécession pour limiter le droit de vote des Noirs.

En guise de protestation, les ligues majeures de baseball (MLB) ont déménagé leur match des étoiles, qui devait avoir lieu le 13 juillet à Atlanta, et le réalisateur du film Emancipation, consacré à l'histoire de l'esclavage aux États-Unis et mettant en vedette Will Smith, a choisi un autre lieu de tournage.

L'allocution du président a par ailleurs elle-même été ciblée par des manifestants qui protestaient contre les services frontaliers et de l'immigration (ICE) et réclamaient la fin des prisons privées, l'interrompant brièvement dans les premières minutes.

Mettez fin à la détention maintenant et Abolissez l'ICE, ont-ils scandé. Après s'être d'abord tu à quelques reprises, Joe Biden leur a dit : J'y travaille! Donnez-moi encore cinq jours.

Selon le Washington Post, le président s'est ensuite tourné vers la foule : Les amis, vous savez tous de quoi ils parlent. Il ne devrait pas y avoir de prisons privées, point. Aucune, point final.

Rencontre des 39e et 46e présidents

Avant le rassemblement, le président Biden a visité l'un de ses prédécesseurs, le démocrate Jimmy Carter, originaire de cet État.

Selon The Atlanta Journal-Constitution, la rencontre a duré une quarantaine de minutes.

L'ancien locataire de la Maison-Blanche élu en 1976, maintenant âgé de 96 ans, n'avait pas pu assister à la cérémonie d'investiture de son ami de longue date, en janvier, en raison des préoccupations liées à son âge et à la COVID-19.

Après la Georgie, Joe Biden se rendra en Pennsylvanie et en Virginie au cours des prochains jours.

Plusieurs responsables de l'administration prendront eux aussi leur bâton de pèlerin dans le but de gagner des appuis pour les deux plans au sein de la population et de faire valoir les réalisations des 100 premiers jours. La tournée de l'administration Biden doit durer une dizaine de jours et amener ceux qui y participent dans une douzaine d'États.

Dans la journée, la vice-présidente Kamala Harris s'est pour sa part rendue à Baltimore, au Maryland, où elle a notamment visité un centre de vaccination.

Avec les informations de Reuters, et The Atlanta Journal-Constitution

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