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« Oui, on utilise trop de pesticides », dit le ministre de l'Agriculture du Québec

André Lamontagne promet la fin de « l'ambiguïté » des agronomes conseillers et vendeurs de pesticides.

Plan rapproché de M. Lamontagne.

André Lamontagne, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, en juin 2019.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ) reconnaît qu'« on utilise trop de pesticides » au Québec. Lors de l'étude des crédits de son ministère, jeudi, André Lamontagne a été pressé de questions en lien avec la publication du livre du fonctionnaire Louis Robert.

Le lanceur d'alerte dénonce l'utilisation généralisée de pesticides tueurs d'abeilles, alors que la science a démontré qu'ils ne sont pas utiles dans un contexte québécois.

Nos cibles visent à réduire l'utilisation des pesticides, assure le ministre dans la foulée de son admission. L'encadrement des prescriptions de certains produits a déjà porté ses fruits, comme pour l'atrazine.

Vous avez la lourde responsabilité de transformer le monde agricole, a dit au ministre le député du Parti québécois Sylvain Roy, lors de l'étude des crédits.

Le ministre promet des changements importants dans son ministère.

Je me suis engagé dans des projets qui ont et vont avoir pour effet de bouleverser certaines pratiques en place.

Une citation de :André Lamontagne, ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec

Le livre de Louis Robert, qui critique l'influence des lobbys sur le MAPAQ, a été qualifié d'événement majeur dans le débat sur notre agriculture depuis le rapport Pronovost par le fondateur de l'Union paysanne, Roméo Bouchard.

Le ministre n'a pas voulu qualifier le lanceur d'alerte de courageux, comme le lui a demandé l'opposition officielle. André Lamontagne a même tenu à mentionner que lui-même n'avait jamais ressenti de pression de quiconque.

Pas d'argent public pour les pesticides, dit le ministre

Le ministre Lamontagne a été questionné sur une enquête de Radio-Canada qui révélait en décembre que l'argent des Québécois avait payé l'usage controversé de pesticides.

Du glyphosate et d'autres produits pulvérisés juste avant la récolte ont été remboursés par la Financière agricole, ce qui a causé un malaise parmi les fonctionnaires.

On a signifié à la Financière agricole que ce n’était pas une pratique acceptable, a dit André Lamontagne, qui affirme avoir exigé que cela ne se reproduise plus.

Le ministre s'attend à la fin de l'« ambiguïté » des agronomes

Louis Robert dénonce le fait qu'un agronome qui conseille les agriculteurs sur leur usage des pesticides peut aussi être employé d'une entreprise qui vend ces mêmes pesticides.

Le ministre Lamontagne souhaite qu’il n’y ait plus d'ambiguïté entre le conseil et la vente.

Pour cela, il rappelle que son gouvernement a mandaté l'Office des professions pour qu'il formule des recommandations afin de réformer la Loi sur les agronomes, d'ici octobre 2021.

La loi va certainement refléter l’esprit de ce qu’on a demandé, a dit le ministre, mais il ne s’est pas montré favorable à une mise sous tutelle de l’Ordre, comme le réclame Louis Robert.

Dans la lettre de mandat, que nous avons obtenue, Québec demande un avis sur :

  • le champ d’exercice de la profession;
  • les actes réservés aux agronomes;
  • la possibilité d’encadrer la rémunération des agronomes;
  • l’option d’intégrer l’identification et la traçabilité des actes agronomiques, à l'instar de certaines autres professions;
  • tout autre élément qu’il jugera approprié.

Quelque 3000 agronomes travaillent dans les champs du Québec, dont 175 au MAPAQ. C'est 30 de plus qu'il y a trois ans, s'est félicité le ministre.

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