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Le maire de Saint-Apollinaire se retire après deux mandats mouvementés

Bernard Ouellet devant l'hôtel de ville de Saint-Apollinaire.

Le maire de Saint-Apollinaire ne se représentera pas pour un troisième mandat.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Amené malgré lui sous les projecteurs, le maire de Saint-Apollinaire ne se représentera pas aux élections municipales en novembre. Après deux mandats marqués par le projet controversé du cimetière musulman et la tragédie des sœurs Carpentier, Bernard Ouellet souhaite retrouver une certaine sérénité.

Quand Bernard Ouellet a été élu maire de la municipalité d’un peu plus de 6000 résidents en 2013, il était loin de se douter que ses fonctions allaient l’entrainer à gérer des crises qui ont touché tout le Québec.

On a toujours un poids sur les épaules, constamment. 24 heures par jour, on peut être demandé pour des urgences. Après 16 ans, je pense que je vais laisser ma place, affirme celui qui a aussi été conseiller municipal de 2005 à 2013.

Le débat sur l’aménagement d’un cimetière musulman dans sa municipalité en 2017 et la chasse à l’homme qui aura duré 12 jours en 2020 ont transformé sa carrière politique en un véritable tourbillon médiatique.

C'est n’est pas après ça que je cours habituellement. Il y a des événements qui font en sorte qu'on est obligé de prendre la parole pour rassurer notre population et essayer de trouver le bon chemin tout le groupe ensemble, souligne-t-il.

Le responsable du dossier à la mosquée de Québec, Mohamed Kesri.

Le débat entourant le projet de cimetière musulman a attiré de nombreux médias à Saint-Apollinaire.

Photo : Radio-Canada / Carl Marchand

Bons coups réalisés dans l’ombre

Durant son premier mandat, le maire a notamment réussi à obtenir le financement pour la construction d’un centre multifonctionnel et a convaincu le gouvernement provincial de construire une nouvelle école primaire dans sa petite ville.

Ces projets positifs ont toutefois été dans l’ombre du débat entourant le cimetière musulman. L’homme de 65 ans aurait bien aimé que sa municipalité se retrouve dans l'espace médiatique pour les bonnes raisons.

Consultation publique sur l'aménagement d'un cimetière musulman à Saint-Apollinaire

Une centaine de personnes ont assisté à la consultation publique sur l'aménagement d'un cimetière musulman à Saint-Apollinaire en mars 2017.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

La possibilité d’offrir un cimetière à la communauté musulmane frappée par la tuerie à la grande mosquée de Québec était pour lui une occasion de démontrer que Saint-Apollinaire était une municipalité ouverte et accueillante.

Il se désole encore qu’une poignée d’opposants, dont des membres du groupe identitaire La Meute, aient réussi à renverser le projet.

Dans ce dossier, on était unanime pour aider ces gens-là à avoir leur cimetière. Ça n'a pas fonctionné. C'est certain que ça me fait un petit peu de peine, se remémore le maire.

Des opposants au cimetière musulman à Saint-Apollinaire.

Des opposants à la venue d’un cimetière musulman à Saint-Apollinaire ont effectué du porte-à-porte pour inciter les citoyens à rejeter le projet.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Rester fort

Son deuxième mandat a été marqué par un drame épouvantable. En juillet 2020, le meurtre de Romy et Norah Carpentier et les recherches pour retrouver leur père ont une fois de plus placé la municipalité sous le feu des projecteurs.

On ne savait pas trop sur quel pied danser. Si le monsieur était encore en cavale. S'il pouvait être dangereux, rappelle Bernard Ouellet.

Bernard Ouellet accorde une entrevue à proximité du boisé où le corps de Martin Carpentier a été retrouvé.

Le maire de St-Apollinaire, Bernard Ouellet, s'est rendu sur les lieux de la découverte du corps dans les minutes suivant l'annonce.

Photo : Radio-Canada

Malgré les craintes et la peine qu’il pouvait lui-même ressentir, il a dû rester fort devant ses citoyens et démontrer une confiance inébranlable envers les policiers.

C'était dur. On devient affecté malgré nous. On se réveille la nuit pour y penser. J'ai rassuré les gens au maximum. Je pense que j'ai bien réussi. À la douzième journée, ça commençait à ne pas être drôle. On avait hâte que ça se termine, relate M. Ouellet.

Je me suis mis dans la tête que ce n’est pas le moment de paniquer. À l'occasion c'est sûr que je suis un être humain et j'ai des émotions.

Une citation de :Bernard Ouellet, maire de Saint-Apollinaire
Un homme avec une chemise est debout à côté d'un véhicule de la SQ et discute avec un agent. Derrière : un boisé

Le maire de Saint-Apollinaire discute avec un agent de la Sûreté du Québec lors des recherches pour retrouver Martin Carpentier.

Photo : Radio-Canada / Marie-Pier Bouchard

Prendre du temps pour soi

Aujourd’hui, le maire avoue qu’il n’est plus le même depuis ces événements qu’il ne pourra jamais oublier.

Ce sont des choses que je n’aurais jamais cru vivre et qui ont transformé ma façon de penser, dit-il.

Plus jeune, Bernard Ouellet aurait aimé poursuivre sa carrière comme député au provincial. Il souhaite maintenant quitter l’arène politique et revenir à une vie plus tranquille.

À la longue c'est plus dur à supporter la pression. Ça va devenir de plus en plus difficile avec les médias sociaux. Ça ne m’intéresse pas, avoue-t-il.

Une fois cette page tournée, il souhaite consacrer plus de temps à sa famille et laisser place à ses nouvelles passions.

C'est plus pour profiter des lots boisés que j'ai. J’aime beaucoup aménager en forêt. Abattre des arbres pour faire du bois d'œuvre. C'est mon passe-temps ça, affirme-t-il profitant déjà de ces moments de tranquillité.

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