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Inspecteurs en bâtiment, notaires et déménageurs débordés

La flambée des ventes de maisons exerce une pression importante sur plusieurs travailleurs.

Dessin d'une maison vendue.

Le nombre de propriétés vendues a augmenté de 58 % dans la Capitale-Nationale entre le premier trimestre 2020 et le premier trimestre 2021. De nombreux travailleurs qui gravitent autour de cette industrie sont débordés.

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

Mois après mois, les ventes de maisons fracassent des records à Québec et au pays. Si certains vendeurs et acheteurs sont aux anges, de nombreux travailleurs triment dur pour arriver à rendre la transaction immobilière possible. Incursion dans la réalité de notaires, inspecteurs en bâtiment et déménageurs qui ont « la broue dans le toupet »!

Le nombre de propriétés vendues a augmenté de 58 % dans la Capitale-Nationale entre le premier trimestre 2020 et celui de 2021 et de 45 % dans la province pour la même période. Résultat : il faut s’armer de patience pour passer à travers le processus d’achat.

Éviter les mauvaises surprises

Une fois la maison de vos rêves trouvée, il faut d'abord s’assurer de son état. Pour y arriver, il est recommandé de faire appel à un inspecteur en bâtiment comme Daniel Fiset, qui assure que sa visite peut vous épargner argent et soucis.

On peut découvrir des choses que des fois on n’a pas vues à la visite virtuelle ou même à la visite physique parce qu'il y a des meubles, c'est plein, on fait attention, on porte des masques.

Des fissures aux moisissures, les conséquences peuvent être coûteuses.

Si M. Fiset prêche pour sa paroisse, ce n'est certainement pas parce qu'il manque d'ouvrage. Il se dirige vers une année record avec une augmentation de 40 % de ses activités depuis janvier.

Daniel Fiset prend en photo une margelle sur le côté d'une maison unifamiliale.

Daniel Fiset inspecte une maison.

Photo : Radio-Canada

Je refuse six à huit inspections par semaine et plus, parce que les gens veulent faire ça en sept jours et moi, mon calendrier est passé sept jours, passé dix jours, des fois.

Daniel Fiset déplore le fait que de plus en plus de transactions se fassent sans l’intervention d’un inspecteur en bâtiment pour accélérer le processus.

On dit aux gens : "Si tu fais une offre sans condition, tu risques de passer", étant donné qu’il y a plusieurs offres sur la même propriété.

L’inspecteur craint que la surchauffe du marché immobilier ne pousse certains acheteurs à prendre de mauvaises décisions.

La Chambre des notaires met justement en garde les acheteurs qui pourraient être pressés de conclure rapidement une transaction. Il est tentant de vouloir accélérer le processus de différentes manières, notamment en faisant fi de démarches qui apportent une sécurité pouvant s’avérer nécessaire à long terme pour l’acheteur. Renoncer à ces démarches peut rapidement générer des soucis pour le consommateur et avoir de graves conséquences, notamment au niveau financier, peut-on lire dans un communiqué de la Chambre qui rappelle aussi l’importance d’être bien conseillé.

Cette dernière recommande notamment le recours aux services d’un inspecteur en bâtiment avant l’achat.

Réserver les services d’un notaire

Une fois l’inspection réglée, l’offre d’achat acceptée et le financement accordé, les services d’un notaire sont requis pour officialiser le transfert de la propriété.

Or là aussi, il faudra s’y prendre d’avance. Au cabinet de Me Jean Morin, les transactions immobilières ont presque doublé avec l'augmentation des ventes de maison.

On est rendu actuellement au mois d'août et puis le nombre de places est très limité, ça déboule.

Une citation de :Jean Morin, notaire

Me Morin doit refuser des clients chaque jour, une situation qu’il n’apprécie guère, parce qu’elle met de la pression sur toute son équipe. Depuis deux mois, il travaille entre 65 et 70 heures par semaine. La Chambre des notaires confirme qu'il n'est pas le seul à être débordé.

Le notaire Jean Morin est au téléphone, son bureau est rempli de dossiers.

Le notaire Jean Morin travaille 65 à 70 heures par semaine depuis deux mois.

Photo : Radio-Canada

On a beaucoup d'empathie. Cette empathie a fait qu'on a pris peut-être plus de dossiers qu'on aurait dû.

Sans compter les répercussions sur tous les autres dossiers en droit familial, en droit commercial, etc.

Bref, il attend impatiemment que le nombre de transactions immobilières diminue pour respirer un peu, même s’il est bien conscient que rien n’indique que ce jour viendra prochainement.

Le déménagement

Le grand jour approche et vous prendrez possession de votre nouvelle propriété bientôt? Espérons que votre déménageur est réservé depuis plusieurs semaines parce que sinon vous devrez faire forcer vos amis.

Normalement les autres années, en mai, on a encore de la place pour le mois de juin, explique le président de Déménagements Rapide transport, Robert Michaud.

Cette année, le mois de juin est pratiquement complet. Il doit refuser les clients qui ne peuvent pas devancer ou retarder leur déménagement.

La situation est pire chez Déménagement La Capitale où l'agenda est plein pour les mois de mai et de juin. Les prochaines disponibilités sont à partir du 10 juillet, rapporte le directeur général, Jean-Sébastien Bonin.

Robert Michaud transporte des bacs de plastique dans un entrepôt.

Robert Michaud est dans l'industrie du déménagement depuis 17 ans

Photo : Radio-Canada

Pour ceux qui sont forcés de déménager avant de prendre possession de leur nouvelle propriété, il offre de louer un de ses 432 mini-entrepôts.

C'est sûr que ça amène plus de coûts, ça cause deux déménagements au lieu d'en avoir un seulement, mais c'est une solution, souligne le chef d’entreprise ajoutant que les trois quarts des mini-entrepôts sont déjà loués.

Même s'il n'arrive pas à répondre à la demande des déménagements cette année, Robert Michaud considère que la surchauffe du marché immobilier a ses avantages.

Ça va mieux pour planifier nos activités.

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