•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des artistes acadiens déstabilisés par les nouvelles règles de quarantaine

Pour ces travailleurs, cela cause bien des maux de tête et des contrats perdus.

Atteint de la COVID-19, le comédien acadien Christian Essiambre témoigne de son expérience lors d'une entrevue Skype.

Christian Essiambre devra s'isoler à ses frais chaque fois qu'il ira travailler au Québec.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le monde culturel n’est pas épargné par les nouvelles mesures de la santé publique du Nouveau-Brunswick, qui exige que les personnes qui reviennent dans la province après un déplacement pour un motif jugé non essentiel se mettent en quarantaine dans un hôtel désigné, à leurs frais, pour une période de 7 à 14 jours.

Les nouvelles règles ont causé bien des maux de tête chez certains artistes, comme l'explique Christian Essiambre, qui doit voyager fréquemment entre le Nouveau-Brunswick et le Québec.

La fermeture de la bulle atlantique compliquait déjà le travail des artistes, surtout ceux du monde cinématographique. Avec ces nouvelles exigences, certains comédiens font face à une grande incertitude.

Quand je vais revenir, va falloir que je m’isole dans cet hôtel-là pour 7 jours, dit Christian Essiambre. On est déjà [dépassés] par tout ce qui se passe, c’est déjà vraiment compliqué.

Un homme se trouve dans un salon. Il regarde la caméra.

Le comédien Christian Essiambre n'en est pas à son premier isolement, puisqu'il voyage beaucoup pour le travail (archives)

Photo : Gracieuseté/Christian Essiambre

Son rôle dans la télésérie québécoise Une autre histoire exige qu'il se rende fréquemment dans la province voisine.

Lors de son prochain déplacement, il devra s’isoler dans un hôtel pour une semaine complète à ses frais. Une situation qu’il déplore, puisqu’il pourrait, dit-il, s’isoler chez lui sans avoir à débourser un sou.

Des changements de dernière minute

C’est aussi une situation difficile pour les producteurs, qui doivent déjà jongler avec une série de protocoles mis en place par les bureaux de santé publique des différentes provinces.

Maurice André Aubin, producteur chez Mozus Productions, responsable de la série À la valdrague, explique que la nouvelle saison doit commencer le 8 juin.

Maurice André Aubin, producteur à Moncton, en entrevue.

Maurice André Aubin, producteur chez Mozus Productions, à Moncton (archives)

Photo : Radio-Canada

Cette année, le défi d’embaucher des travailleurs de l’extérieur devient beaucoup plus compliqué, explique le producteur, et des changements de dernière minute devront être apportés au plan initial.

Une dizaine d’employés devaient arriver au Nouveau-Brunswick deux semaines avant le début de la saison et tous les plans étaient déjà finalisés lorsque la santé publique a annoncé les nouvelles mesures d’isolement.

On a un stagiaire qui nous vient de Toronto et le reste nous arrive principalement de Montréal, explique le producteur.

Ces changements soudains dans les mesures viennent complètement bousculer la planification.

Ça crée beaucoup de confusion, c’est comme un jeu de ping-pong. Après un bout, on ne sait juste plus à qui parler, soutient Maurice André Aubin.

Des productions quittent la province

Il sera difficile pour plusieurs maisons de production de continuer à travailler comme elles le faisaient. L’embauche de travailleurs extérieurs, par exemple, entraînera des coûts supplémentaires élevés qui viendront gonfler les budgets.

Maurice André Aubin explique que le coût d’une chambre pour une journée est en moyenne 200 $, ce qui veut dire qu’héberger les travailleurs pendant une semaine coûtera à la compagnie près de 1400 $ par personne.

Gilles Doiron et Julien Robichaud, qui tournent présentement un documentaire sur les baleines noires, doivent mettre leur projet sur pause avec les nouvelles mesures sanitaires.

Le réalisateur Julien Robichaud, vu de haut, couché dans le sable sur une plage. Il a la tête appuyée sur son sac de voyage. À coté de lui: une couronne aux couleurs du drapeau de l'Acadie.

Le réalisateur Julien Robichaud dans une scène de son dernier documentaire Le prince de l'Acadie (archives)

Photo : TV5 Québec Canada

Les deux producteurs acadiens avaient prévu un tournage dans différentes régions des Maritimes, mais avec les coûts d’isolement, ils préfèrent maintenant attendre, en espérant pouvoir terminer leur production un jour.

D’autres productions ont plutôt décidé de partir du Nouveau-Brunswick pour aller travailler dans une province où les restrictions sont moins sévères.

L’acteur Luc Leblanc, qui anime une série diffusée sur Unis TV, doit travailler de Montréal après que ses producteurs aient décidé d’annuler le tournage en sol néo-brunswickois.

Luc LeBlanc, Christian Essiambre et André Roy.

Luc LeBlanc, Christian Essiambre et André Roy (archives)

Photo : Radio-Canada

Une décision qui leur permettra notamment de recevoir plus d’invités sur le plateau, ce qui aurait été complexe au Nouveau-Brunswick vu les circonstances actuelles.

Le producteur de cette série, Gilles Doiron, croit que c’est dommage, puisque ces emplois offerts à Montréal devaient initialement être donnés à des gens du Nouveau-Brunswick.

D'après le reportage de Camille Bourdeau

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !