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Un relâchement et le retour en classe pourraient hausser les cas au Québec

Une femme masquée marche dans une rue ensoleillée.

L'évolution de la pandémie au Québec peut être stabilisée si le rythme de vaccination s'accélère et si les mesures ne sont pas relâchées trop rapidement, indique l'INSPQ.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

Les nouvelles projections de l’INSPQ sur l’évolution de la COVID-19 montrent que la situation demeure fragile dans la province, mais qu’il est possible de garder une certaine stabilité en maintenant des mesures strictes et en vaccinant le plus de personnes possible.

Dans les régions qui ne sont pas en zone rouge, on voit qu'il y a beaucoup de fluctuations de cas de jour en jour. Malgré une belle stabilité dans le grand Montréal, tout allègement des interventions pourrait susciter une augmentation de légère à importante du nombre de cas. Par exemple, quel sera l’impact de l’allègement du couvre-feu sur le comportement des gens?, dit Jocelyne Sauvé, médecin spécialiste et vice-présidente associée aux affaires scientifiques à l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Elle ajoute que le Québec observe de près ce qui se passe en Ontario, où le virus continue de se propager rapidement, malgré un resserrement des mesures sanitaires.

Dans ses dernières projections, avec l'arrivée des variants, l’INSPQ prédisait un nombre de nouveaux cas beaucoup plus élevé que ce qui a été observé au cours des dernières semaines.

Le resserrement de certaines mesures sanitaires, une forte adhésion de la population à ces mesures et une large couverture vaccinale semblent avoir ralenti la progression de l’épidémie, indique Marc Brisson, directeur du Groupe de recherche en modélisation mathématique et en économie de la santé liée aux maladies infectieuses de l'Université Laval.

Rappelons que, quelques jours après la publication des dernières prévisions de l’INSPQ, le gouvernement du Québec a dû renoncer à certains assouplissements et avait annoncé des mesures d’urgence dans plusieurs régions aux prises avec des éclosions.

Cela explique en partie pourquoi le Québec a réussi à ralentir la progression de l’épidémie, précise Marc Brisson. Il y a plusieurs facteurs qui ont aidé, notamment le fait que le variant est arrivé ici un peu plus tard que dans les autres provinces, les mesures mises en place et la haute couverture vaccinale, dit-il.

Retour en classe, retour des cas

Le retour en classe la semaine prochaine dans certaines régions, notamment à Québec et Lévis, entraînerait une augmentation des cas dans la province, indiquent ces dernières projections.

Le modèle suggère que cette hausse surviendrait surtout chez les enfants. Selon Jocelyne Sauvé, même si le nombre de cas risque d’augmenter avec le retour en classe, l’INSPQ n’anticipe pas une hausse importante des hospitalisations.

Elle explique que les enfants infectés ne sont généralement pas hospitalisés et que de plus en plus de Québécois ont reçu une première dose du vaccin, ce qui réduit leurs risques de développer des symptômes graves de la maladie et d’être hospitalisés.

Dre Sauvé précise qu’il faudra toutefois détecter rapidement les nouvelles infections dans les écoles et maintenir des mesures strictes dans la communauté pour éviter une trop grande transmission communautaire.

La situation dans le Grand Montréal

Pour les prochaines semaines, s’il y a une forte adhésion aux mesures sanitaires, le nombre de nouveaux cas dans le Grand Montréal pourrait se stabiliser autour de 700 et tomberait sous la barre des 500 cas par jour en juin et juillet. Le nombre d’hospitalisations pourrait rester à un niveau stable, en raison du nombre croissant de Québécois vaccinés.

Par contre, une adhésion moyenne des mesures (soit le même nombre de contacts qu’au mois de mars) pourrait occasionner une augmentation importante des cas, soit jusqu’à 1500 nouveaux cas par jour en juin. Le nombre de cas diminuerait ensuite sous la barre des 1000 cas en juin et en juillet, au fur et à mesure que plus de personnes seraient vaccinées.

Dans ce scénario plus pessimiste, les hospitalisations augmenteraient, mais ne devraient pas dépasser les pics vécus en janvier, selon l'INSPQ.

Évolution de la COVID-19 dans le Grand Montréal

Graphiques montrant deux scénarios. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Avec la forte participation à la vaccination, les projections de l’évolution de la COVID-19 dans le Grand Montréal sont plus optimistes que celles rapportées en avril.

Photo : INSPQ

Ailleurs au Québec

Les mesures d’urgence imposées dans certaines régions à l’extérieur du Grand Montréal ont clairement eu un impact et ont permis de garder les cas sous les 1000 cas par jour, indique Marc Brisson.

En fait, selon leurs modèles, les mesures de zones orange et rouge n’auraient pas été suffisantes pour freiner une montée exponentielle des infections. Ça a permis de briser les chaînes de transmission communautaire et ainsi réduire le fardeau hospitalier. 

Quel pourrait être l’impact de divers assouplissements au cours des prochaines semaines?

Selon l’INSPQ, un passage en zone rouge pourrait amener une recrudescence des cas (entre 1000 et 1500 nouveaux cas par jour en juin). Mais l’ampleur de cette augmentation dépendra de l’adhésion aux mesures et du nombre de cas actifs au moment de la levée de mesures.

M. Brisson précise qu’il ne faut pas seulement regarder le nombre de nouveaux cas par jour, mais aussi le nombre total de cas actifs dans une région avant de songer à lever des mesures. Par exemple, si la Capitale-Nationale rapporte environ 100 nouveaux cas par jour, il ne faut pas oublier qu’il y a plus de 1300 cas actifs en ce moment. Plus il y a de cas actifs, plus le risque de transmission communautaire est élevé.

Enfin, selon un autre scénario, si les mesures d’urgence sont maintenues, mais que le retour en classe est permis le 3 mai prochain, le nombre de cas augmenterait, mais ne devrait pas dépasser 750 nouveaux cas par jour.

Graphique montrant trois scénariosAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un retour en classe des jeunes, avec un maintien des mesures strictes, permettrait de freiner toute hausse exponentielle en juin.

Photo : INSPQ

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