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Un géant des droits autochtones, Thomas Berger, est décédé

Thomas Berger est reconnu pour avoir donné une voix aux Autochtones du Nord qui s'opposaient au projet de pipeline MacKenzie.

Thomas Berger, président de la Commission sur le pipeline de la vallée du Mackenzie, photographié en mai 1977.

Thomas Berger a présidé la Commission sur le pipeline de la vallée du Mackenzie en 1977.

Photo : La Presse canadienne / Fred Chartrand

Radio-Canada

Un grand défenseur des droits des premiers peuples au Canada, l'avocat britanno-colombien Thomas Berger, est décédé à l'âge de 88 ans.

Thomas Berger a changé le cours de l'histoire canadienne en tant que responsable de la commission d'enquête sur le projet de construction du gazoduc de l'Arctique qui devait partir de la baie Prudhoe, en Alaska, traverser le nord du Yukon et suivre la vallée du Mackenzie dans les années 1970.

Il a rédigé un rapport très critique, intitulé Le Nord : terre lointaine, terre ancestrale (Nouvelle fenêtre). Au cours de son enquête, Thomas Berger a visité 35 communautés le long du fleuve Mackenzie qui auraient été touchées par un tel projet.

Il ne devrait y avoir aucun pipeline dans le nord du Yukon, écrivait-il, sans équivoque, au ministre des Affaires autochtones de l'époque, Warren Allmand.

Il a demandé à ce dernier de reporter la construction du pipeline de 10 ans, ajoutant : S'il est construit maintenant, il apporterait des avantages économiques limités, mais son impact social serait dévastateur et dommageable pour les objectifs des revendications autochtones.

Le pipeline n'a jamais été construit.

Thomas Berger.

Thomas Berger a succombé à un cancer à l'âge de 88 ans.

Photo : Linda MacCannell

L'importance du Nord

De 1974 à 1977, Thomas Berger a visité les communautés nordiques et reconnu l'importance du territoire dans la culture des premiers peuples. « Chez les Autochtones du Nord, l’attrait de la terre, leur demeure, est énorme », écrivait-il.

Le sort du Nord est d’une importance capitale pour l’avenir du pays.

Une citation de :Thomas Berger

Les Canadiens ont l’occasion de prendre un nouveau départ, de rédiger un nouveau chapitre dans l’histoire des Autochtones des Amériques. Ils ne doivent pas laisser passer une telle occasion, concluait son rapport.

Les conclusions de l'enquête de Thomas Berger ont été saluées par les groupes autochtones et des dirigeants partout au Canada.

Deux photos juxtaposées de Thomas Berger et de John Amagealik, témoin à la Commission sur le pipeline de la vallée du Mackenzie.

John Amagealik (à droite), directeur des revendications territoriales de l'Inuit Tapirisat du Canada s'adresse à la Commission Berger à Ottawa le jeudi 3 juin 1976, pendant que le juge Thomas Berger (à gauche) écoute son témoignage.

Photo : La Presse canadienne / FRED CHARTRAND

Défenseur des Nisga'a

Thomas Berger a également marqué l'histoire en tant qu'avocat de la nation Nisga’a, en Colombie-Britannique, dans la cause portant sur la revendication des droits ancestraux qui mènera à l’introduction du titre autochtone dans le droit canadien, en 1973.

C'est la première fois que la loi canadienne reconnaissait un droit à la terre prédatant les traités.

Pendant toute sa carrière, Thomas Berger a lutté pour différentes causes autochtones.

En 2017, alors qu'il avait plus de 80 ans, Thomas Berger a porté devant la Cour Suprême du Canada la cause d'une coalition de groupes autochtones et environnementalistes qui s'opposaient au développement dans le bassin versant de la rivière Peel, au Yukon. Le plus haut tribunal du pays a donné raison à la coalition, renvoyant le gouvernement territorial à la case départ.

Ancien chef du Nouvau Parti démocratique de la Colombie-Britannique et juge de la Cour suprême de cette province de 1971 à 1983, Thomas Berger a reçu l'Ordre du Canada en 1990, la Médaille de la liberté de la Ville de Vancouver en 1992 et l'Ordre de la Colombie-Britannique en 2004.

Des personnalités politiques se rappellent un géant

Je viens d'apprendre le décès de Tom Berger à Vancouver, a écrit l'ambassadeur du Canada aux Nations unies et ancien chef du Parti libéral du Canada par intérim, Bob Rae, dans un gazouillis. Un géant de la loi, un avocat sans égal. Il a inspiré des milliers et éclairé des millions [de personnes].

Aucune personne non autochtone n'a fait plus pour promouvoir les droits des peuples autochtones au Canada et dans le monde.

Une citation de :Bob Rae, ambassadeur du Canada aux Nations unies

La députée fédérale Jody Wilson-Raybould a aussi exprimé son respect pour Thomas Berger sur les réseaux sociaux.

Tom était un grand champion des peuples et des droits autochtones. Un véritable pionnier qui a aidé à changer ce pays au mieux tout en se sacrifiant personnellement pour le faire, a-t-elle dit.

L’ancienne chef du Parti vert, Elizabeth May, a dit : Nous avons perdu un géant.Je l’ai vu pour la dernière fois lorsqu'il a représenté les Premières Nations du Yukon à la Cour suprême, alors qu’il avait plus de 80 ans, et a remporté une énorme victoire pour Peel River. Un être humain vraiment incroyable, a-t-elle écrit sur Twitter.

Thomas Berger est mort mercredi à Vancouver du cancer, a confirmé le premier ministre de la Colombie-Britannique, John Horgan. Il a passé toute sa vie à nous mener vers une société plus juste. Nous lui exprimons notre reconnaissance et notre gratitude, a-t-il écrit dans un communiqué.

Avec les informations de La Presse canadienne, l'Encyclopédie canadienne, et Vancouver Sun

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