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La Chine lance le premier élément de sa station spatiale

Lancement de la fusée Longue Marche 5B, transportant le module central de la station spatiale chinoise Tianhe.

Une foule assistait au lancement de la fusée Longue Marche 5B, transportant le module central de la station spatiale chinoise Tianhe.

Photo : AFP / STR

Agence France-Presse

La Chine a lancé jeudi le premier des trois éléments de sa station spatiale, la SSC, dont la construction nécessitera jusqu'à fin 2022 une dizaine de missions.

Le module central Tianhe (Harmonie céleste), futur lieu de vie des astronautes, a été propulsé par une fusée Longue-Marche 5B depuis le centre de lancement de Wenchang, sur l'île tropicale de Hainan dans le sud du pays, selon la télévision publique CCTV.

Des centaines de passionnés s'étaient rassemblés sur les plages aux alentours pour prendre des photos du lanceur s'élevant dans les airs dans un panache de fumée blanche.

Illustration montrant la future station spatiale en orbite autour de la Terre.

Illustration montrant la future station spatiale en orbite autour de la Terre.

Photo : CMSEO

Le président Xi Jinping a adressé dans un télégramme ses chaleureuses félicitations aux équipes techniques, la station spatiale étant un projet de premier plan pour faire du pays une puissance des sciences, des technologies et de l'espace.

La station sera effectivement une avancée majeure pour la Chine, déclare à l'AFP Jonathan McDowell, astronome au Centre Harvard-Smithsonian pour l'astrophysique, aux États-Unis.

Cela devrait lui permettre d'avoir une présence humaine permanente dans l'espace et donc d'accroître de manière significative l'expérience de ses astronautes. Nommée en anglais CSS (pour China Space Station ou Station spatiale chinoise) et en chinois Tiangong (Palais céleste), elle évoluera en orbite terrestre basse entre 340 et 450 km d'altitude.

Semblable à l'ex-station russo-soviétique Mir (1986-2001), sa durée de vie prévue sera de 10 à 15 ans.

Elle servira de base à des opérations de plus grande envergure : missions habitées vers la Lune, tourisme spatial, sciences spatiales ou encore applications concrètes pour les humains, note Chen Lan, analyste du site go-taikonauts.com, spécialisé dans le programme spatial chinois.

Une fois terminée, la CSS devrait peser près de 100 tonnes. À titre de comparaison, elle sera environ trois fois plus petite (en taille) que la Station spatiale internationale (SSI).

Le module Tianhe lancé jeudi sera l'élément central de la future station et en sera également le poste de contrôle.

Pour finaliser la construction de la CSS, la Chine devrait lancer jusqu'à fin 2022 une dizaine de missions, dont certaines habitées. Aucun calendrier précis n'a été publié.

Prochaines étapes toutefois : un vaisseau cargo, Tianzhou-2, devrait être lancé et s'arrimer à Tianhe, a priori en mai. Puis la mission habitée Shenzhou 12 doit emmener courant juin des astronautes à bord de cette CSS en construction.

Avec la SSI chapeautée par l'agence spatiale américaine (NASA), il y aura donc deux stations en orbite autour de la Terre.

Politiquement, cela symbolise le renforcement de la concurrence entre États-Unis et Chine, note Chen Lan.

De par sa taille et ses coopérations internationales pour l'instant limitées, la station chinoise n'a toutefois pas les moyens d'être une concurrente de la SSI, qui est globalement plus mature et performante, estime Jonathan McDowell.

Pékin s'est toutefois dit ouvert à des collaborations avec l'étranger. Des scientifiques chinois et de l'ONU ont ainsi sélectionné des expériences de chercheurs étrangers, qui seront menées dans la future CSS.

Ces visiteurs réaliseront des expériences, mais ils seront davantage des touristes que des partenaires dans le fonctionnement de la station, contrairement au rôle plus actif qu'ont les astronautes japonais et européens dans la SSI, note M. McDowell.

La Russie et le Pakistan seront très probablement les premiers partenaires et pourraient être suivis par l'Agence spatiale européenne (ESA), mais cette dernière collaboration est très incertaine, car le climat politique a beaucoup changé, note M. Chen, en référence aux tensions autour du Xinjiang et de Hong Kong.

Des astronautes étrangers monteront-ils un jour dans la CSS? Peut-être, mais aucune chance d'y voir un Américain : une loi américaine interdit à la NASA tout lien avec la Chine.

Le géant asiatique investit depuis quelques décennies des milliards dans son programme spatial.

La Chine avait envoyé son premier astronaute dans l'espace en 2003. Le pays a posé début 2019 un engin sur la face cachée de la Lune, une première mondiale.

L'an passé, il avait rapporté des échantillons de Lune et finalisé Beidou, son système de navigation par satellite (concurrent du GPS américain).

La Chine prévoit faire atterrir le mois prochain un robot sur Mars ou encore d'envoyer des humains sur la Lune à l'horizon 2030. Elle a également annoncé vouloir construire une base lunaire avec la Russie.

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