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Loyers à 500 $ : Legault se dit « très connecté sur la réalité »

Gros plan de François Legault, montrant un écart avec son pouce et son index.

Le premier ministre Legault est revenu sur les propos qu'il avait tenus mercredi lors d'une étude de crédits.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Le premier ministre François Legault assure qu'il sait que les Québécois paient des prix de plus en plus élevés pour leurs loyers, mais refuse tout de même de qualifier ce problème de crise du logement.

Il reconnaît cependant qu’on a une pénurie de logements abordables dans cinq ou six grandes villes du Québec.

La crise qu’on vit actuellement, c’est la pandémie, a-t-il lancé jeudi en conférence de presse organisée pour revenir sur les propos qu’il a tenus mercredi lors de l'étude des crédits du ministère du Conseil exécutif.

Longuement questionné par les partis d'opposition sur les dépenses de son gouvernement, le premier ministre Legault avait alors affirmé qu'il n'y a pas de crise du logement actuellement au Québec.

Interrogé par la co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, sur le prix d'un logement actuellement à Montréal, François Legault avait répondu : Écoutez, ça dépend de la grandeur du logement, mais je dirais... ça peut peut-être commencer à 500 ou 600 $ par mois.... assez rapidement monter à 1000 $ par mois.

Revenant sur ses propos jeudi matin, le premier ministre affirme maintenant qu’il ne parlait pas à ce moment-là du prix total des logements, mais plutôt de ce qu’un étudiant paie par mois pour son loyer.

J’ai même ajouté que plusieurs étudiants se mettent à trois ou quatre pour vivre ensemble. Je parlais du prix minimum payé par étudiant, pas du prix moyen d’un loyer ou de ce qui est payé par une famille, s’est défendu M. Legault.

Le premier ministre dit être au courant que le loyer médian est de 1300 $.

Je suis fier de dire que je viens de la classe très moyenne. J’ai encore beaucoup d’amis qui viennent de la classe très moyenne. Je m’assure de rester proche du peuple et je suis très connecté sur la réalité.

Une citation de :François Legault, premier ministre du Québec

Mais bien qu'il jure être conscient que le coût actuel du logement peut être exorbitant pour certains, il rejette l’idée d’un gel des loyers pour 2021, comme le propose Québec solidaire. Il privilégie plutôt l’aide gouvernementale directe aux personnes incapables de se trouver un loyer, pour les aider à en payer une partie.

Pensez deux minutes aux propriétaires. Si on gèle les loyers, il va se construire moins de logements, explique-t-il.

M. Legault ne prévoit pas non plus de rendre plus sévères les règles qui régissent les propriétaires de logements. On a déjà la Régie du logement et ses mécanismes, qui n’existent pas dans d’autres provinces, fait-il valoir.

Selon lui, le Québec a connu une crise du logement au début des années 2000, avec un taux d’inoccupation des logements de moins de 1 %, mais il croit qu’avec le taux actuel de 2,5 %, on ne peut plus parler de crise.

Il reproche au précédent gouvernement libéral de n’avoir rien fait pendant plusieurs années pour éviter que les loyers atteignent des prix aussi élevés.

Il insiste également sur le fait que la pandémie a eu un effet à la hausse sur le prix de l’immobilier. Le prix a monté. Les gens n’ont pas voyagé, ils ont de l’épargne de disponible. Ils sont prêts à payer plus cher pour des maisons, pour des condos, donc ça a créé un manque encore plus grand, note-t-il.

Aller sur le terrain avec le premier ministre

Ayant ouvert le bal de la controverse, Manon Massé a fait plusieurs recommandations au premier ministre jeudi matin pour qu’il puisse faire amende honorable.

Je lui propose d’aller sur le terrain avec moi. On va aller dans la rue, sur les campus, dans les files d’attente pour visiter des appartements. Dans les assemblées de gens qui ont été évincés par des promoteurs prédateurs.

Une citation de :Manon Massé, co-porte-parole de Québec solidaire

En plus du gel du prix des loyers en 2021, Mme Massé exige également que soit adopté un moratoire sur les évictions et un registre public des loyers pour qu’on sache combien payait la personne qui était là avant nous.

Elle fait remarquer que l’Ontario, une province régulièrement prise en exemple par le premier ministre, a depuis longtemps son registre des loyers.

Cette idée de registre est reprise par l’opposition libérale, qui suggère aussi d’imposer une taxe aux personnes étrangères qui possèdent une propriété sur le territoire.

Cela pourrait permettre de libérer des logements, croit la chef du Parti libéral, Dominique Anglade.

Des locataires incapables de se trouver un toit

Quant au chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, il indique que sa formation va proposer un plan complet sur l’habitation sous peu portant sur la construction de logements sociaux et la surchauffe du marché immobilier.

Il demande au gouvernement de s’intéresser au minimum à la problématique.

Une crise du logement?

L’exemple de l’Ontario

D’autres solutions pour régler le problème ont aussi été suggérées par Maxime Roy-Allard, porte-parole du Regroupement des comités logement et association de locataires du Québec, interrogé au micro de Tout un matin jeudi.

M. Roy-Allard réclame, comme en Ontario, un contrôle obligatoire des loyers, qui ferait en sorte que les propriétaires ne pourraient pas augmenter leurs loyers au-delà d’un certain seuil ou, par exemple dans le cas d’importantes rénovations, devraient obligatoirement faire fixer le loyer par un tribunal administratif du logement.

Lui aussi insiste sur l’instauration d’un registre du logement pour limiter les hausses abusives qui surviennent lors des déménagements. C’est là que le bât blesse. On le voit avec les rénovations et les rénovictions. Les propriétaires évincent les gens dans le but par la suite d’augmenter les loyers, dit-il.

M. Roy-Allard souligne qu’à Montréal, 63 % de la population est locataire et que le tiers de ces personnes éprouvent des difficultés financières pour se loger.

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