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Entente pour des prêts de 700 millions de dollars entre Ottawa et Transat

Un avion de la compagnie Air Transat dans le ciel.

Un avion de la compagnie Air Transat dans le ciel.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Transat a annoncé jeudi matin avoir conclu une entente avec le gouvernement fédéral qui lui permettra d’emprunter 700 millions de dollars afin, notamment, de rembourser ses clients qui ont dû annuler un voyage à cause de la COVID-19.

Ce montant correspond à la somme dont nous avions besoin pour envisager sereinement l'avenir, a déclaré la direction de Transat par voie de communiqué. Les sommes obtenues nous permettront également de rembourser nos clients dont le voyage a dû être annulé du fait de la pandémie dans des conditions soutenables pour l'entreprise, ce dont nous nous réjouissons.

Ces nouvelles facilités de crédit sont accordées à Transat par l'intermédiaire du Crédit d'urgence pour les grands employeurs (CUGE). L'entreprise devra en reverser une partie importante à ses clients.

Un montant de 310 millions de dollars non garanti est spécifiquement offert au transporteur aérien pour rembourser des voyageurs dont le départ était prévu à compter du 1er février 2020 et pour lesquels un crédit voyage a été accordé en raison de la COVID-19.

Ce prêt, assorti d’un taux d’intérêt de 1,2 %, devra être remboursé d’ici sept ans.

Quant aux clients éligibles, ils peuvent d'ores et déjà procéder à une réclamation. Ils sont encouragés à recourir à un formulaire rendu disponible sur le site web du transporteur aérien. Les personnes ayant déjà profité d'une compensation ou d'un transfert de billet n'ont pas droit à ce remboursement, qui doit par ailleurs être demandé d'ici le 26 août.

Les clients qui ont réservé des billets à travers une agence de voyages doivent se tourner vers cette agence pour faire leur réclamation.

L’entente inclut aussi une enveloppe de 390 millions de dollars représentant les liquidités nécessaires pour soutenir Transat jusqu'à ce que son activité ait retrouvé à un niveau lui permettant de générer à nouveau de la trésorerie.

Cette deuxième enveloppe se divise en deux prêts distincts.

Sa pièce de résistance est un prêt de 312 millions de dollars sous forme de facilité de crédit non renouvelable et non garantie remboursable en cinq ans. Le taux d’intérêt applicable à ce prêt est de 5 % la première année, 8 % la deuxième année et de 2 % pour les trois années suivantes.

À cela s'ajoute une facilité de crédit non renouvelable et garantie portant intérêt au taux CDOR majoré de 4,5 % de 78 millions de dollars assortie d’une échéance de remboursement de deux ans.

Ces montants portent le total des prêts offerts à Transat pour surmonter les défis liés à la pandémie à 820 millions de dollars, l’entreprise ayant préalablement bénéficié d’une aide de 120 millions de dollars.

Cette aide s'accompagne d'une obligation en matière de maintien d'emplois au pays et de limitations à la rémunération des hauts dirigeants de l'entreprise.

Elle ne représente pas une sortie de crise, mais évidemment ça donne de l’air à Transat, selon Jacob Charbonneau, le PDG de Vol en retard, qui souligne qu'il reste à voir combien de temps les restrictions de voyage vont perdurer au Canada et quel impact ça va avoir pour l’entreprise.

Le gouvernement fédéral avait aussi conclu plus tôt ce mois-ci une entente avec Air Canada, le principal concurrent canadien de Transat et plus gros joueur du marché, pour lui fournir une aide allant jusqu’à 5,9 milliards de dollars. De ce montant, 1,4 milliard de dollars étaient consacrés au remboursement des clients affectés par la pandémie.

Que ce soit Transat, Air Canada ou encore leurs concurrents, Vol en retard estime par ailleurs qu'il faudra à l'avenir instaurer des mécanismes plus durables pour protéger les consommateurs autant que les compagnies aériennes.

Pour l’avenir, il doit y avoir une stratégie qui sera mise en place par le gouvernement. [Par exemple] un fonds d’indemnisation qui devrait être créé pour la prochaine pandémie ou s’il y a d’autres crises dans le secteur aérien pour permettre que les entreprises aériennes puissent s’en sortir plus facilement et que les clients ne soient pas pris en otages par la situation.

Une citation de :Jacob Charbonneau, PDG de Vol en retard

L'aide accordée à Transat pourrait bien mettre la pression sur le gouvernement fédéral afin qu'il en fasse de même pour le transporteur albertain WestJet. À la veille de cette annonce, le gouvernement de l'Alberta dénonçait déjà le fait que l'entreprise de l'Ouest ne profite pas, pour le moment, de prêts du même acabit.

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