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Porcherie à Maricourt : colère contre le processus d’approbation du gouvernement

Des cochons dans une porcherie.

Des cochons dans une porcherie. (archives)

Photo : Associated Press / Gerry Broome

Thomas Deshaies

La consultation publique virtuelle sur le projet d’envergure de nouvelle porcherie à Maricourt a suscité le mécontentement de la très forte majorité des participants. Élus et citoyens ont déploré être consultés au moment où le projet a déjà été approuvé par l’État.

On a l’impression qu’on tient une consultation publique où on n’a vraiment pas de pouvoirs, a déclaré le préfet de la MRC du Val-Saint-François, Luc Cayer.

D’entrée de jeu, la modératrice de la rencontre sur le projet d’élevage de près de 4000 porcs avait mis cartes sur table. L’objectif n'est pas de se questionner sur le consentement de la population face à ces nouveaux projets. Il y aura bientôt le schéma d’aménagement qui va être évalué cette année. Ce sera l’occasion de manifester dans un espace plus propice, a-t-elle mentionné.

C’est cela qui me fâche le plus. On ne peut absolument rien décider. C’est déjà décidé par le ministère (de l’Environnement).

Une citation de :Robert Ledoux, maire de Maricourt

La consultation encadrée par la MRC, selon les processus établis par le gouvernement du Québec, portait plutôt sur les mesures d’atténuation possibles au projet, comme les haies brise-odeur.

Des citoyens veulent un débat de fonds

Plusieurs citoyens ont exigé d’avoir un débat de fonds sur le type de projets agricoles dans la région. L’effet cumulatif des nouveaux projets inquiète. On est consulté une fois que les décisions sont déjà prises et on se fait dire qu’on peut seulement avoir une opinion sur les atténuations, a déploré le citoyen de Maricourt Kevin Ross.

On ne se sent pas écouté, ni dans le format de la séance ni dans les lois.

Une citation de :Marc Picard, citoyen de Maricourt

Le conseiller municipal Alexandre Tessier a quant à lui indiqué que c’était la première fois qu’il constatait un mouvement de contestation de cette ampleur dans la municipalité. C’est la première fois que je suis sollicité d’une telle façon par des citoyens inquiets en deux mandats, a-t-il souligné.

Des citoyens devant l'église de Maricourt.

Quelques membres d'un groupe de citoyens opposés au projet de porcherie à Maricourt.

Photo : Radio-Canada / Thomas Deshaies

La municipalité dit avoir été informée du projet en mars, soit trois mois après le dépôt du projet au ministère de l’Environnement.

Le préfet Luc Cayer a indiqué qu’il était exceptionnel qu’il y ait autant de projets de porcherie d’envergure dans un si court laps de temps. C’est assez inusité qu’on ait trois demandes en un an, a-t-il déclaré.

Un projet familial

Le promoteur du projet Dannick Chaput a justifié son projet par l’intérêt qu’a un de ses fils pour l’agriculture. C’est un emplacement idéal pour notre projet, a-t-il mentionné. Il a expliqué vivre sur une ferme porcine et détenir une entreprise dans le domaine de la construction.

Il s’est toutefois montré peu bavard lors de la consultation et n’a pas répondu à plusieurs questions qui lui étaient parfois posées de manière émotive par certains citoyens préoccupés.

La seule participante qui s’est montrée moins acerbe envers son projet est la jeune agricultrice Amélie Brien. Elle a mentionné qu’il était préférable, selon elle, d’étendre du fumier dans les champs, plutôt que des produits chimiques pour fertiliser les sols.

En conformité

Les représentants des ministères de l’Agriculture et de l’Environnement ont démontré à tour de rôle comment le projet proposé est conforme aux normes du gouvernement.

Par ailleurs, le boisé qui entoure la propriété agit déjà comme un écran brise-odeurs. Les mesures sont suffisantes pour assurer la protection de l’environnement, a conclu le représentant du ministère de l’Environnement.

Certains citoyens se sont par contre questionnés sur l’impact du passage des véhicules provenant de l’exploitation agricole sur les routes entretenues par la municipalité.

Questionné sur les limites de la consultation par un citoyen, le représentant du ministère de l’Agriculture a admis que le champ d’intervention est limité. Mais on vous écoute, a-t-il indiqué.

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