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165 artistes apportent leur soutien au projet de Maison de la chanson

Un édifice de style Beaux-Arts sur la rue Saint-Denis, à Montréal.

L’ancienne bibliothèque Saint-Sulpice est un lieu envisagé pour accueillir la Maison de la chanson.

Photo : Google Maps

Radio-Canada

Moins d’un mois après avoir été rendu public, le projet de Maison de la chanson et de la musique a déjà rallié le soutien de 165 artistes du Québec, qui ont publié jeudi une lettre en appui à Monique Giroux et à Luc Plamondon, à l’origine de ce projet. 

Céline Dion, Les Cowboys fringants, Cœur de pirate, Roxane Bruneau, Gilles Vigneault, Les Soeurs Boulay, Mario Pelchat, Pierre Lapointe, Louise Forestier, Lara Fabian, mais aussi Laurence Jalbert, Webster, Samian, Fred Pellerin, Louis-Jean Cormier et Yannick Nézet-Séguin… Ils ont voulu exprimer leur volonté de voir naître cette Maison de la chanson et de la musique.  

Quels que soient leurs genres, notre chanson et notre musique nous ressemblent et nous représentent, ici et dans le monde entier, indique cette lettre. Elles ponctuent nos vies depuis toujours en évoquant nos joies, nos peines, nos défaites et nos victoires. Elles sont notre richesse.  

La chanson et la musique québécoises ont bien besoin d’un lieu où on puisse les admirer, les raconter, les partager; conserver leurs archives; trouver de nouvelles manières de les faire connaître, de les créer et de les enrichir; de les faire entendre, de préserver leur riche passé et surtout d’inventer leur futur, ajoute-t-elle. 

Un grand élan

Du jeune artiste émergent OTTO, qui n’a que 17 ans, à Gilles Vigneault, qui affiche 92 printemps, des voix de tous les styles de musique ont rapidement manifesté leur enthousiasme. 

J’ai eu des Messenger, des textos, des appels, des courriels… Ça arrivait de partout, se réjouit l’animatrice de radio Monique Giroux. On a été très touchés par ça.

Née dans l’esprit de Monique Giroux et de Luc Plamondon, cette Maison de la chanson et de la musique se veut un écrin pour la chanson et la musique québécoises, ouvert aux artistes comme au public.

Monique Giroux et Luc Plamondon.

Monique Giroux et Luc Plamondon.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Blanchette

À la fois un lieu d’exposition, de conservation d’archives, de documentation, de diffusion – mais sans concurrencer les salles de spectacle – et de création, cet espace vise à être un abri qui tiendra la chanson et la musique au chaud pour reprendre les mots de l’animatrice de radio et du parolier-producteur. 

Monique Giroux l’imagine comme un phare pouvant accueillir aussi bien une exposition sur la vie d’Alys Robi qu’un atelier de création d’un jeune rappeur autochtone et une classe de maître donnée par Yannick Nézet-Séguin devant un public. 

Cette ardente défenseure de la chanson québécoise imagine aussi le manuscrit de Quand les hommes vivront d’amour rédigé par Raymond Lévesque être exposé sous une cloche en verre afin que le public puisse l’admirer et s’en émouvoir. Ce manuscrit est une œuvre d’art, souligne-t-elle. Tout le monde devrait avoir accès à cette émotion.

« La chanson est depuis toujours accessible à tous, peu importe notre âge ou notre niveau de scolarité. Les gens ont besoin de se retrouver et on peut se retrouver autour de cette petite chose de 3 minutes 30. »

— Une citation de  Monique Giroux

Raconter l’histoire de la chanson et, donc, celle du Québec

L’auteur-compositeur-interprète Dumas fait partie des artistes signataires. Dès qu’il a pris connaissance du projet, il s’est dit : quelle bonne idée!

J’ai pensé comme un mélomane, comme un gars qui depuis 25 ans fouille dans l’histoire de la musique québécoise [et qui] trouve toujours qu’il manque des morceaux.

Lui, rêve d’une maison que son fils visiterait avec sa classe de troisième année et qui serait un lieu de création où se rencontreraient des artistes de plusieurs générations. « J’ai déjà une idée de première exposition : De L’Osstidcho au show spectral de Klô Pelgag. »

L’histoire de la chanson québécoise, c’est l’histoire du Québec, ajoute-t-il. Ça fait 20 ans que le numérique est entré dans nos vies et qu’on se dit : "un jour, Spotify ou Apple Music va faire de la place à la chanson québécois eet ça ne le fait jamais".

Faire découvrir le répertoire québécois aux gens d’ailleurs

Autre artiste à espérer la création de cette Maison : Djely Tapa. Cette chanteuse d’origine malienne avait elle-même eu l’idée d’un lieu de référence musical. Les livres ont des bibliothèques, les tableaux sont des galeries d’art, dit-elle. La chanson et la musique méritent leur maison.

Cette descendante de la communauté griotte, qui regroupe ces personnes poètes et musiciennes au Mali chargées de relayer l’histoire orale, voit la transmission de la mémoire comme un devoir. 

« [Cette Maison], c’est un cadeau que l’on va s’offrir pour aujourd'hui et pour l’avenir. »

— Une citation de  Djely Tapa, artiste

Elle voit également dans ce lieu une possibilité de faire connaître plus largement le patrimoine musical québécois aux personnes immigrantes. 

Djely Tapa garde elle-même un souvenir ému de sa découverte de la chanson Chez nous de Daniel Boucher qu’elle a interprétée avec lui dans le cadre d’une émission. C’est comme s’il l’avait écrite pour moi, je me sentais à l’intérieur de cette chanson, je vivais cette chanson.

L’artiste aimerait voir dans cette future Maison une section consacrée à la musique québécoise venue d’ailleurs. Je veux que la Kora [un instrument de musique à cordes d’Afrique de l’Ouest]  devienne un instrument traditionnel du Québec, déclare-t-elle. 

La 2e étape du projet est en cours

Désormais, l’OBNL La maison de la chanson et de la musique est à la recherche de fonds pour concrétiser son projet et surtout d’un endroit. L’ancienne bibliothèque Saint-Sulpice reste un lieu envisagé pour accueillir la maison, car elle est située dans le Quartier des spectacles à Montréal. Toutefois, l’ampleur des travaux à y réaliser pourrait amener la Maison à investir un autre espace. 

Le ministère de la Culture et des Communications du Québec a accordé à l’OBNL une contribution financière au financement de la deuxième étape de l’étude de faisabilité, qui devrait être achevée cet automne. 

Des rencontres ont également eu lieu avec la mairesse de Montréal Valérie Plante, qui s’est montrée enthousiaste à l’égard du projet. Et un regroupement des  Amis de la Maison de la chanson et de la musique  est présentement en formation pour que le grand public puisse s’impliquer.

Si la Maison s’établit au sein de l’ancienne bibliothèque Saint-Sulpice, elle pourrait ouvrir ses portes dans cinq ans, selon Monique Giroux. 

Avec les informations de Nabi-Alexandre Chartier

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