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Réorganisation des services de consommation supervisée à Edmonton

Le centre de consommation de Boyle Street fermera pour de bon, mais un autre établissement du quartier sera désormais ouvert en tout temps pour prendre la relève.

Le parc sera clôturé et enclavé entre le centre communautaire Boyle Street et un immeuble désaffecté.

Le centre communautaire de Boyle Street est un des trois services de consommation supervisée à Edmonton.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Le centre de consommation supervisée de Boyle Street, qui avait suspendu ses activités depuis l’automne, ne rouvrira pas. Le gouvernement assure toutefois que son financement sera réinvesti dans le même type de services, offerts par deux autres organismes du centre-ville d’Edmonton.

Le directeur de Boyle Street, Jordan Reiniger, explique que cette décision a été prise après des mois de négociations avec le gouvernement albertain.

Il y avait un désir du gouvernement de réduire l’empreinte [des services de consommation supervisée] et d’avoir deux centres plutôt que trois dans le centre-ville. C’est une façon de coopérer et de réaliser cela, mais en réduisant aussi les impacts sur notre communauté, dit-il.

Les autres services du centre communautaire seront toujours offerts. Par ailleurs, les deux autres services de consommation supervisée du centre-ville, George Spady et le centre de santé Boyle McCauley, resteront ouverts.

Le centre Boyle McCauley, à Edmonton.

Les centres Boyle McCauley et George Spady restent ouverts.

Photo :  CBC

Plus de services à George Spady

Avant la pandémie, Boyle Street et Boyle McCauley offraient des services pendant la journée. George Spady n’était ouvert que la nuit.

Le centre de Boyle Street a cessé temporairement ses activités à l’automne, quand ses services ont été déplacés au refuge temporaire pour personnes sans-abri au centre des congrès d'Edmonton.

Ce refuge, appelé Tipinawâw, doit fermer le 30 avril. George Spady, toutefois, est désormais ouvert 24 heures sur 24. Il se trouve à un coin de rue de Boyle Street.Jordan Reiniger reconnaît que ce type de changement peut être difficile pour certains usagers, qui sont habitués au personnel et au fonctionnement de Boyle Street. Il faudra donc dédier des ressources à l’accompagnement et à la communication avec eux pour faciliter la transition.

Dans une déclaration par courriel, le gouvernement albertain affirme que le financement pour les services de consommation supervisée d’Edmonton restera le même.

Un panier contenant de l'équipement pour une injection supervisée.

Les centres de consommation supervisée permettent aux usagers de consommer des drogues illicites dans un environnement sécuritaire, accompagnés par des professionnels formés pour prévenir les surdoses.

Photo : CBC/Michael McArthur

Par ailleurs, le gouvernement estime que les trois centres du centre-ville étaient trop près les uns des autres, mais il ne ferme pas la porte à en ouvrir un nouveau dans un quartier mal desservi .

Des discussions sont d’ailleurs en cours avec la direction de Boyle Street à ce sujet.

Des besoins de plus en plus criants

Le gouvernement Kenney a exprimé plusieurs réserves à l’endroit des services de consommation supervisée et d’autres types de services de mitigation des risques depuis son arrivée au pouvoir.

Un comité controversé qu’il a mis sur pied pour étudier leur financement a recommandé de réduire leur nombre, provoquant les inquiétudes de nombreux experts en santé publique.

La professeure agrégée en santé publique de l’Université de l’Alberta Elaine Hyshka craint que l’expansion des services à George Spady ne suffise pas à répondre aux besoins des usagers de Boyle Street.

Ça m’attriste vraiment pour les clients de ce service qui ont construit des relations avec le personnel là-bas, dit-elle.

Elle faisait partie de la coalition communautaire qui militait pour l’ouverture de ces centres en 2018. Elle croit qu’ils sont plus essentiels que jamais, alors que les surdoses explosent au Canada.

Pendant les deux premiers mois de 2021, 73 personnes sont décédées d’une surdose de drogues à Edmonton.

Pour cette même période en 2020, il y en avait 40, et en 2019 : 32.

Pensez-y : trois personnes meurent d’une surdose tous les deux jours à Edmonton. Nous sommes vraiment dans une situation de crise, souligne le directeur de Boyle Street.

Il ajoute que le personnel de Boyle Street sauve des vies tous les jours en administrant de la naloxone ou en intervenant dans des cas de surdose.

Avec des informations de l’émission Edmonton AM et de Kashmala Fida

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