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La pénurie de semi-conducteurs force Ford à réduire sa production

Chaîne de montage d'automobiles.

Chaîne de montage du modèle Ford Explorer dans une usine à Chicago

Photo : Reuters / KAMIL KRZACZYNSKI

Agence France-Presse

Le constructeur automobile américain Ford a dégagé au premier trimestre son meilleur bénéfice depuis plusieurs années, mais a prévenu mercredi que la pénurie de semi-conducteurs affectait ses usines plus sévèrement que prévu.

Le groupe s'attend désormais à perdre environ 50 % de sa production prévue au deuxième trimestre, contre 17 % au premier trimestre.

La pénurie qui frappe l'ensemble de l'économie depuis plusieurs mois a été aggravée par l'incendie d'un important fournisseur de puces au Japon en mars et Ford estime désormais qu'elle va peser à hauteur de 2,5 milliards de dollars américains dans ses comptes 2021.

Les semi-conducteurs sont devenus un élément essentiel sur les chaînes automobiles. Mais la demande pour ce petit composant également présent dans les ordinateurs et autres équipements électroniques a explosé depuis que la pandémie a accéléré l'essor du télétravail et des loisirs à la maison.

Le secteur automobile dans son ensemble peine depuis le début de l'année à s'en procurer, forçant de nombreux constructeurs à suspendre temporairement certaines lignes de production.

Le fournisseur nippon de semi-conducteurs, Renesas, devrait pouvoir commencer à écouler de nouveau ses produits au deuxième trimestre, avance Ford.

Mais les effets de la pénurie sur la production vont encore s'aggraver avant de s'améliorer, a prévenu la direction.

La pénurie pourrait ne pas être entièrement résolue avant 2022, anticipe le groupe, qui s'attend à produire encore 10 % de moins que prévu au second semestre.

Au total, Ford devrait perdre la production de 1,1 million de véhicules sur l'ensemble de 2021.

36 milliards de chiffre d’affaires

Le groupe a pourtant bien démarré l'année, avec un bénéfice net de 3,3 milliards de dollars américains de janvier à mars, son meilleur depuis 2011.

Son bénéfice ajusté avant impôt, de 4,8 milliards de dollars, est à un record. Son chiffre d'affaires a progressé de 6 %, à 36,2 milliards de dollars.

Le groupe met en avant la popularité de ses nouveaux véhicules, dont la première Mustang électrique, un VUS baptisé Mach-E, la nouvelle version de sa camionnette F-150 et les nouveaux 4 X 4 Bronco.

Combinée à des améliorations opérationnelles au premier trimestre dans le monde entier et à la gestion habile par l'entreprise des effets de la pénurie mondiale de semi-conducteurs, cela a permis au groupe de dégager l'une de ses plus fortes performances depuis des années, affirme le communiqué.

Le groupe est aussi récemment passé à l'offensive sur le segment des véhicules électriques, en plein essor. Il a annoncé mardi l'ouverture d'un centre de recherche sur les cellules de batteries électriques, ouvrant ainsi la voie à une production en interne de cet élément clé.

Il ne fait aucun doute que nous devenons une entreprise plus solide et plus résiliente, a commenté le directeur général de Ford, Jim Farley, qui a pris les commandes le 1er octobre.

Une année difficile

Ford n'a d'ailleurs pas modifié ses prévisions annuelles malgré l'impact plus prononcé que prévu de la pénurie de puces.

Cette dernière jette un froid sur ce qui aurait dû être une année particulièrement lucrative pour Ford, qui semble avoir enfin retrouvé son rythme après avoir lutté avec une gamme de produits vieillissante, un changement de direction et des problèmes de production, a relevé Jessica Caldwell, spécialiste du secteur automobile pour le cabinet Edmunds.

Non seulement les contraintes d'approvisionnement affectent les ventes et la production de véhicules, mais elles empêchent aussi l'entreprise de profiter pleinement de ce qui aurait dû être une période stimulante de lancement de produits, qui aurait rejailli sur l'ensemble de la marque, a-t-elle estimé.

Le titre reculait de 2,9 % dans les échanges électroniques suivant la clôture de la Bourse.

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