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L’Université Laurentienne demande 10 M$ afin de poursuivre sa restructuration cet été

Un panneau à l'entrée du campus de l'Université Laurentienne

L'Université Laurentienne est la première université d'envergure à avoir recourt à la Loi sur les arrangements avec les créanciers.

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

L’Université Laurentienne est de retour devant la Cour supérieure de l’Ontario jeudi pour demander la prolongation de sa protection sous la Loi sur les arrangements avec les créanciers (LACC), qui vient à échéance le 30 avril. Elle cherche aussi à faire approuver un prêt de 10 M$ afin de poursuivre ses activités jusqu’à la session d'automne.

La première phase du processus a été caractérisée par des coupes draconiennes : 69 programmes, dont 28 en français, ont été éliminés. Plus de 150 professeurs et employés ont été licenciés.

La seconde phase de restructuration, elle, vise surtout à poursuivre les négociations entre l'Université Laurentienne et ses multiples créanciers. D'ci la fin août, l'établissement veut notamment jeter les bases d’un plan d’arrangement avec eux.

L’établissement cumule plus de 100 M$ de dettes envers ses trois principaux créanciers — RBC, TD et BMO.

À cette liste s'ajouteront bientôt des employés licenciés dans le cadre du processus de restructuration, qui tenteront d'obtenir une partie de leurs indemnités de départ.

Avant de débuter cette nouvelle phase de restructuration, les tribunaux sont appelés à valider une série d’ententes conclues entre l’Université Laurentienne et ses parties prenantes dans les derniers mois.

Ils devront notamment approuver les nouvelles conventions collectives des syndicats ainsi que les récents licenciements.

Un prêt sous conditions

L’Université Laurentienne souhaite également obtenir un prêt de 10 M$ pour poursuivre ses activités jusqu’à la rentrée universitaire. Celui-ci devra également être approuvé par la Cour supérieure.

L’établissement a déjà dépensé, ou presque, le prêt de 25 M$ qu'il a sollicité au moment de se déclarer insolvable en février.

Un homme marche un sac plastique à la main à côté d'une murale.

La Ville du Grand Sudbury, où est située l'Université Laurentienne, compte plus de 150 000 personnes. Le tiers d'entre eux sont francophones.

Photo : Radio-Canada / Zacharie Routhier

La compagnie ayant financé la première phase de restructuration, Financial Capital Corporation, est disposée à délier à nouveau les cordons de sa bourse.

Ce prêt supplémentaire est toutefois conditionnel à ce que l’entente de fédération de l’Université Laurentienne soit résiliée le 1er mai.

L’établissement a répété à plusieurs reprises que cet accord, qui la lie à trois petites universités sur son campus, lui était coûteux.

Les universités fédérées de Thorneloe et de Sudbury contestent toutes deux la fin de l’entente devant les tribunaux. Elles demandent donc aux tribunaux de refuser cette condition au prêt de 10 M$.

Quelques autres conditions du prêt de 10 M$

  • Pas de nouvelle restructuration académique sans l'accord du prêteur
  • Aucun changement immédiat au sein de la haute administration de l’Université Laurentienne qui pourrait mettre en péril sa stabilité économique

Elles soutiennent ne pas être la cause des déboires de l’Université Laurentienne, et que la fin de la fédération leur causerait des difficultés financières significatives.

Celles-ci dépendent actuellement de l'Université Laurentienne pour obtenir des subventions et pour délivrer ses diplômes.

Les établissements fédérés font d’ailleurs déjà les frais du processus de restructuration de l’Université Laurentienne. Ils ont notamment annulé leur session de printemps, et l'avenir du programme d'Études autochtones, comme plusieurs autres, est compromis.

L’Université Thorneloe sera entendue par la Cour supérieure jeudi. L’Université de Sudbury, qui a demandé une audience bilingue, devrait également être entendue dans les prochains jours.

Université Laurentienne.

Fédération ou pas, l'Université de Sudbury a l'ambition de devenir une université par et pour les francophones dans le Nord de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

Une restructuration à 6 M$

Alors que l’Université Laurentienne se prépare à la seconde phase de son processus de restructuration, ses défis financiers, eux, ne sont pas encore dans le rétroviseur.

En plus de devoir rembourser les prêts encourus sous la LACC et plus de 100 M$ de dettes, l’établissement devra également renflouer ses propres coffres.

Pour se maintenir à flot, l’Université Laurentienne a dépensé l’argent des fonds de recherche de ses professeurs, de certains dons et bourses, notamment.

Ces contributions, dont le total s'élève à 28,5 M$ selon les plus récentes estimations, étaient donc déjà prévues pour des dépenses précises.

Et dans son dernier rapport, la firme Ernst & Young (EY), qui accompagne l’établissement dans sa restructuration, prévoit que les coûts du processus s’élèveront à 6 M$ ou plus.

Des personnes lèvent leur main vers la route et tiennent une pancarte.

La restructuration de l'Université Laurentienne a provoqué de vives réactions à Sudbury.

Photo : Radio-Canada / Bienvenu Senga

Pas d'engagement du gouvernement ontarien

Le gouvernement de l'Ontario est resté sur les lignes de touche depuis le début du processus de restructuration de l'Université Laurentienne, arguant que l'affaire est devant les tribunaux.

Le ministre des Collèges et Universités, Ross Romano, demeure vague quant à la possibilité de venir en aide à l'établissement si la protection en vertu de la LACC est prolongée au-delà du 30 avril.

Si l'affaire est prolongée, nous attendrons de voir ce que l'ordonnance du tribunal relative à cette prolongation stipule pour l'avenir, dit-il.

Avec les informations de Bienvenu Senga

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