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COVID-19 : la désinformation mine la confiance du public

Une femme coiffée d'une tuque en laine et le visage recouvert d'un masque médical est penchée sur son téléphone cellulaire.

Selon Statistique Canada, un peu plus de la moitié des Canadiens ont indiqué avoir partagé de l’information sur la COVID-19 sans avoir vérifié la source au préalable.

Photo : Reuters / Dylan Martinez

Radio-Canada

La désinformation entourant la pandémie de COVID-19 se retrouve facilement sur les médias sociaux et mine la confiance du public envers les autorités sanitaires, soulèvent des experts en communication.

Si vous passez cinq minutes à naviguer sur Instagram, Facebook ou TikTok, vous allez trouver beaucoup de mauvaises informations, souligne Ahmed Al-Rawi, professeur adjoint au département de Communications à l’Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique.

Le spécialiste de la désinformation ajoute également que la province, tout comme le Canada, n’est pas immunisée à ce phénomène.

Au cours des premiers mois de la pandémie, 96 % des Canadiens consultés qui utilisent Internet pour rechercher de l’information sur la COVID-19 indiquent avoir vu de l’information qu’ils croient être fausse ou trompeuse, indiquait Statistique Canada en février lors d'une série d’enquêtes par panel en ligne.

Ces publications sont faites pour plusieurs raisons, incluant parfois la frustration. Beaucoup de gens sont frustrés en raison du confinement ou des politiques associées à la pandémie, du manque d'opportunités d’emplois ou de la pression psychologique avec laquelle beaucoup vivent, explique Ahmed Al-Rawi.

Certaines de ces publications peuvent sembler marginales, mais d’autres ont pour but de duper un plus grand public. Selon Statistique Canada, un peu plus de la moitié des Canadiens sondés ont indiqué avoir partagé de l’information sur la COVID-19 sans avoir vérifié la source au préalable.

Plusieurs rumeurs concernant les déplacements de la médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique, Bonnie Henry, ont circulé depuis le long week-end de Pâques. Certaines allèguent qu’elle se serait déplacée à Victoria pour voir sa famille, ne respectant pas ses propres recommandations.

Le ministère de la Santé a confirmé à CBC News que la Dre Henry s’était en effet déplacée à Victoria, mais pour retourner à la maison après avoir tenu une conférence de presse sur l’état de la pandémie à Vancouver plus tôt ce jour-là.

Cette rumeur, qui a persisté dans les semaines qui ont suivi, est caractéristique de l’infodémie, un terme utilisé par l’Organisation mondiale de la Santé qui évoque une surabondance d’informations, souvent erronées, durant une pandémie.

La vitamine C et la chaleur

Une recherche est d’ailleurs en cours au Centre de contrôle des maladies infectieuses de la Colombie-Britannique (BCCDC) concernant le nombre de Britanno-Colombiens victimes de désinformation.

Dans un sondage réalisé au printemps dernier auprès de plus de 3000 résidents, les résultats de BCCDC démontrent que plus de la moitié des personnes consultées croient en l’efficacité de traitements non prouvés contre la COVID-19 comme l’utilisation de vitamine C ou de la chaleur.

Un peu plus de la moitié des répondants a indiqué prendre ses informations concernant la pandémie auprès de la Dre Bonnie Henry alors que le tiers préfèrent se tourner vers le Centre de contrôle des maladies infectieuses ou les différentes régies de la santé.

Les autorités sanitaires comptent principalement sur le web et sur les conférences de presse de la Dre Henry pour communiquer, explique l’une des responsables de la recherche au BCCDC, Emily Rempel.

Le sondage montre toutefois que ce ne sont pas toutes les communautés qui vont obtenir leurs informations à ces sources. Deux tiers des répondants blancs ont indiqué avoir confiance en la Dre Henry, par rapport à la moitié des répondants d’origine chinoise ou sud asiatique et 31 % des Autochtones.

Ils sont plus vulnérables seulement parce que l’information ne leur est pas aussi accessible, affirme Emily Rempel en notant toutefois que le contenu traduit de BCCDC a aidé certaines communautés à obtenir une meilleure information.

Méthodologie du sondage de BCCDC

Lux Insights a mené un sondage auprès de 3073 Britanno-Colombiens pour le compte du Centre de contrôle des maladies infectieuses de la Colombie-Britannique (BCCDC) entre le 14 avril 2020 et le 19 avril 2020. Une marge d’erreur ne peut être calculée sur un échantillon non probabiliste comme celui-ci.

Avec les informations d'Alex Migdal

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