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De l'Himalaya à l'Arctique, la fonte des glaciers s'accélère, selon une étude

Des morceaux de glace se détachent du glacier Hubbard et tombent dans la mer.

La fonte des glaciers comme celui de Hubbard, en Alaska, contribue à l'élévation du niveau des océans.

Photo : iStock / Don Mennig

Agence France-Presse

La fonte des glaciers de la planète, provoquée par le réchauffement climatique, s'est encore accélérée ces 20 dernières années, contribuant désormais à plus de 20 % de la hausse du niveau de la mer, selon une étude publiée mercredi dans la revue scientifique Nature.

Alors que la Terre a déjà gagné plus de 1 °C depuis le début de l'ère préindustrielle, les glaciers, de l'Himalaya aux Andes en passant par les Alpes, sont déjà au régime minceur depuis le milieu du 20e siècle.

Or, quelques centaines seulement des 220 000 glaciers de la planète - en dehors des calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique - sont surveillées in situ. Il y a beaucoup de régions où on ne savait pas comment les glaciers évoluaient, explique Romain Hugonnet, auteur principal de l'étude publiée dans Nature, à l'AFP.

Grâce à un demi-million d'images satellites, la première cartographie complète de l'amincissement des glaciers dans le monde conclut que tous les glaciers fondent, à quelques exceptions près, poursuit le chercheur de l'Université ETH de Zurich et de l'université de Toulouse.

Les glaciers de la planète ont perdu 267 milliards de tonnes de glace en moyenne par an entre 2000 et 2019, selon l'étude. De quoi submerger entièrement la Suisse sous 6 mètres d'eau chaque année, comme l'explique l'ETH Zurich dans un communiqué.

Et la fonte s'est largement accélérée : d'une moyenne de 227 milliards de tonnes par an entre 2000 et 2004 à une moyenne de 298 milliards de tonnes par an entre 2015 et 2019.

En excluant les zones en périphérie du Groenland et de l'Antarctique, donc en gardant 70 % des glaciers de la planète, on passe en 20 ans d'un amincissement moyen d'à peu près un tiers de mètre par an, à deux tiers de mètre par an, souligne Romain Hugonnet. En 20 ans, on a doublé cette vitesse d'amincissement. C'est très inquiétant.

Les glaciers de l'Alaska, des Alpes et de l'Islande font partie de ceux qui ont rétréci le plus vite.

Les conclusions générales de l'étude concordent avec celles du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) de l'ONU, qui comportaient toutefois de très grandes marges d'incertitude. La nôtre a une incertitude réduite d'un facteur 10, assure Romain Hugonnet. Celle-ci concerne notamment l'impact sur la hausse du niveau de la mer.

Cette fonte a contribué à 21 % de cette élévation depuis le début du siècle, soit 0,74 mm par an, selon l'étude.

Les nouvelles données, beaucoup plus fines géographiquement, pourraient également permettre d'aider à la planification dans des régions très peuplées où les glaciers jouent un rôle majeur pour l'approvisionnement en eau et l'agriculture.

À court terme, les glaciers qui fondent de plus en plus vite vont fournir de plus en plus d'eau aux rivières, servant de tampon dans certaines régions comme l'Inde ou dans les Andes dans les périodes arides. Mais, ensuite, on va atteindre un pic, et la quantité d'eau va rapidement diminuer, jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus, affirme le chercheur, estimant que, dans quelques décennies, la plupart des régions commenceront cette pente descendante.

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