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COVID-19 : un nombre record d’admissions aux soins intensifs au Canada

Un infirmier praticien s'occupe d'un patient dans une unité de soins intensifs.

Jose Pasion, un infirmier, s'occupe d'un patient dans l'unité de soins intensifs (USI) de l'hôpital Centenary du Scarborough Health Network, dans le nord-est de Toronto, le 8 avril 2021.

Photo : CBC / Evan Mitsui

Les hôpitaux dans plusieurs provinces sont à un point critique en raison des admissions liées à la COVID-19 et les variants sont en cause.

En fait, le nombre de Canadiens aux soins intensifs en raison de la COVID-19 n’a jamais été aussi élevé depuis le début de la pandémie. Lundi, mardi et mercredi, plus de 1400 Canadiens étaient aux soins intensifs, un record depuis le début de la pandémie. Au début du mois d’avril, il y avait moins de 800 Canadiens aux soins intensifs.

Je n’ai jamais vécu une situation comme ça depuis plus de vingt ans, dit la Dre Alison Fox-Robichaud, médecin aux soins intensifs à l'hôpital Hamilton Health Sciences et ancienne présidente de la Société canadienne des soins intensifs.

Les provinces de l’Ontario, de la Colombie-Britannique, de la Saskatchewan et du Nouveau-Brunswick, ont toutes atteint des records pour le nombre de personnes aux soins intensifs depuis le début de la pandémie. Mercredi, l'Ontario comptait à elle seule 877 patients aux soins intensifs, le plus haut depuis mars 2020.

Le Canada n’a pas encore battu son nombre maximal d’hospitalisations (4879 hospitalisations le 12 janvier 2021), mais la courbe continue d’augmenter depuis quelques semaines.

Depuis une dizaine de jours, il y a désormais plus de 4000 Canadiens hospitalisés en raison de la COVID-19.

Pour l’instant, le Québec fait bande à part; le nombre de nouvelles hospitalisations et d’admissions aux soins intensifs augmente, mais est loin d’atteindre les sommets de la deuxième vague en janvier.

De plus, le nombre de personnes nécessitant une ventilation mécanique - environ 750 Canadiens en ce moment - n’a jamais été aussi élevé depuis le début de la pandémie.

Au plus fort de la deuxième vague, 505 Canadiens étaient ventilés artificiellement.

L'administratrice en chef de l’Agence de Santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam dit que les variants ont non seulement multiplié le nombre d'infections au Canada, mais a aussi accéléré le nombre d’hospitalisations. Partout au Canada, les médecins rapportent des patients plus malades et plus jeunes.

Selon le dernier rapport épidémiologique de l'Agence de santé publique du Canada, dans la semaine du 11 au 17 avril, 25 % des Canadiens hospitalisés avaient entre 40 et 49 ans; 42 % avaient 60 à 79 ans et 19 % avaient 80 ans et plus. Pendant cette même période, 16 % des personnes hospitalisées ont été admises aux soins intensifs.

C’est exactement ce que voit la Dre Fox-Robichaud depuis quelque temps. Je vois beaucoup plus de patients aux soins intensifs qui ont 20, 30, 40 et 50 ans. Elle ajoute que les patients hospitalisés qu'elle voit et qui sont infectés par l'un des variants sont généralement plus malades.

Si les jeunes peuvent davantage tolérer les complications sérieuses de la COVID-19, plusieurs d’entre eux restent des jours, voire des semaines aux soins intensifs.

Lors de la première vague, nous avions beaucoup d’aînés qui n’allaient pas aux soins intensifs parce qu'ils ne le souhaitaient pas [en raison de leur âge ou de leur condition]. Mais les jeunes qui arrivent à l’hôpital, ils veulent s’en sortir, explique-t-elle.

La Dre Fox-Robichaud dit qu’elle a récemment vu certains patients avoir besoin de ventilation mécanique pendant deux, voire trois mois. Les gens pensent qu’il faut juste mettre la personne sur un ventilateur pour la guérir. Mais c’est beaucoup plus compliqué que ça, dit-elle, en ajoutant que les patients admis aux soins intensifs ont des séquelles physiques longtemps après leur hospitalisation.

La Dre Tam a rappelé la semaine dernière que le nombre d'hospitalisations devrait continuer à augmenter même si le nombre de cas commence à diminuer, puisque les hospitalisations surviennent généralement 10-14 jours après une infection.

Des données plus précises

Il faut aussi noter que certaines provinces comptabilisent le nombre de personnes hospitalisées de façon différente.

Dans certaines provinces, comme en Colombie-Britannique, les données sur les hospitalisations ne comptent pas les patients qui sont toujours aux soins intensifs, mais qui ne sont plus considérés comme étant infectés (généralement 14 jours après le diagnostic). Ainsi, le nombre de personnes hospitalisées en raison de la COVID-19 est en fait plus élevé.

C'est pourquoi l’Ontario a été vivement critiqué pour avoir retiré les patients du compte après deux semaines de soins à l'hôpital, même s’ils étaient toujours hospitalisés. Au début d'avril, l’Ontario a commencé à préciser dans son décompte quotidien le nombre de personnes aux soins intensifs qui sont plus positives à la COVID-19.

Au Manitoba, on précise exactement combien de patients aux soins intensifs sont encore considérés comme étant infectés par la COVID-19 et combien demeurent hospitalisés en raison de complications.

En Alberta, au Québec et en Saskatchewan, les données sur les soins intensifs incluent les patients qui ne sont plus considérés comme étant infectés, mais qui doivent rester hospitalisés en raison de complications.

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