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Québec promet un « changement de culture » au ministère de l'Agriculture

« L'influence de l'industrie des pesticides et des fertilisants est réelle », reconnaît l'UPA.

Plan rapproché de M. Lamontagne.

André Lamontagne, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, à l’Assemblée nationale, à Québec, en juin 2019.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La publication du livre de l'agronome Louis Robert ne laisse personne indifférent au ministère de l'Agriculture du Québec et sa dénonciation est saluée par les partis d'opposition. Le gouvernement assure que des changements sont en cours.

Les questions de fond soulevées par Louis Robert depuis quelques années se retrouvent au cœur de l’action gouvernementale, affirme le cabinet du ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec, André Lamontagne.

Il s’opère en ce moment un changement de culture au MAPAQ et dans l’ensemble des pratiques agricoles au Québec.

Une citation de :Cabinet du ministre André Lamontagne

Québec cite des exemples de gestes déjà posés comme le Plan d’agriculture durable, assorti de 125 millions de dollars ou encore les règles pour assurer l'indépendance des conseils d'administration dans les centres de recherche agricoles.

Du côté de la fonction publique, le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) n'a pas souhaité commenter les écrits de son fonctionnaire.

Dans son livre, Louis Robert dénonce la mollesse du MAPAQ, le comparant à un berger qui laisse ouvertes les portes de la bergerie, dans laquelle se sont engouffrés les renards que sont les vendeurs de pesticides et de fertilisants.

L'influence de l'industrie est réelle, admet l'UPA

Des sacs de semences enrobées de pesticides derrière un semoir à grains.

Des sacs de semences enrobées de pesticides derrière un semoir à grains.

Photo : Radio-Canada

En réaction à la sortie du livre, l'Union des producteurs agricoles (UPA) dit être consciente de l’influence et du rôle de lindustrie des pesticides et des fertilisants, tels que décrits par l’agronome Louis Robert.

Au Québec seulement, les ventes de ces produits s'élèvent à 500 millions de dollars par année.

Les producteurs agricoles du Québec ont été aux premières loges du désengagement de l’État en matière d’accompagnement des producteurs agricoles, écrit l'UPA.

Heureusement, nous assistons présentement à un redressement de cette situation, mais encore en deçà des besoins réels.

J’ai le sentiment qu’ici, au Québec, c'est en train de changer. La pression du public est importante.

Une citation de :Marcel Groleau, président de l'UPA

Marcel Groleau regrette d'être parfois mis dans le même sac que les lobbys des pesticides. Il rappelle que l'UPA a milité pour diminuer leur usage et pour séparer les rôles de conseillers et de vendeurs parmi les agronomes.

La CAQ écarte une motion pour remercier Louis Robert

Le Salon bleu de l'Assemblée nationale.

Le Salon bleu de l'Assemblée nationale.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

On salue vraiment la détermination, le courage de M. Robert d'être allé au bout et plus loin encore, a déclaré la co-porte-parole de Québec solidaire Manon Massé.

À l'Assemblée nationale, QS a déposé une motion pour que les élus expriment leurs remerciements au lanceur d'alerte. Mais le parti au pouvoir a refusé de donner son consentement pour qu'elle soit débattue.

C'est un gouvernement sous influence, le ministère de l'Agriculture est encore noyauté par l'industrie des pesticides, et ça ressemble énormément à la situation du ministère des Forêts.

Une citation de :Sylvain Roy, porte-parole du Parti québécois en matière d'agriculture

Le PQ a aussi demandé que le gouvernement protège davantage les lanceurs d'alertes.

Dans son livre, Louis Robert regrette que les fonctionnaires soient trop dociles et taisent des enjeux d'intérêt public, par crainte de représailles.

Il y a combien de gens dans la fonction publique québécoise qui, aujourd'hui, auraient des constats nécessaires à mettre sur la place publique et qui n'osent pas le faire?

Une citation de :André Fortin, leader parlementaire du Parti libéral du Québec

Le parti libéral a réclamé de faire la lumière sur l'Ordre des agronomes du Québec en raison des révélations inquiétantes de Louis Robert.

L'Ordre n'a pas réagi à la sortie du livre dans lequel le fonctionnaire réclame sa mise sous tutelle.

Sa nouvelle présidente expliquait récemment à Radio-Canada que depuis le 1er avril 2021, les agronomes employés de l’industrie doivent déclarer leur intérêt et leur mode de rémunération. Mais ils peuvent toujours porter les deux chapeaux de vendeurs et conseillers.

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