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Enquête sur Lino Saputo : le Conseil de presse rejette une plainte contre Radio-Canada

Lino Saputo prend la parole sur un podium.

Lino Saputo est le fondateur des fromageries Saputo qu'il a dirigées jusqu'en 2017 avant de céder les rênes de l'entreprise à son fils.

Photo : The Canadian Press / Ryan Remiorz

Radio-Canada

Dans leur plainte déposée à la suite de la diffusion d’un reportage de l’émission Enquête sur l’existence de liens passés entre le fondateur des fromageries Saputo et un chef de la mafia américaine, des membres du Congrès national des Italo-Canadiens (CNIC) reprochaient à Radio-Canada d’avoir diffusé des informations incomplètes et d’avoir fait preuve de sensationnalisme et de discrimination à l’égard de la communauté italienne.

Dans la décision de 13 pages (Nouvelle fenêtre) qu’il a déposée mercredi, le Conseil de presse du Québec ne retient aucun des cinq griefs formulés dans la plainte du CNIC à l’endroit des journalistes Marie-Maude Denis et Gaétan Pouliot, auteurs du reportage présenté le 16 janvier 2020 sur les ondes de Radio-Canada et d'ICI RDI dans le cadre de l’émission Enquête.

La plainte déposée par le président du CNIC Antonio Sciascia était soutenue par plusieurs personnalités influentes de la communauté italienne, dont le sénateur Tony Loffreda et l'ex-ministre québécoise Rita de Santis.

Le reportage intitulé Les trous de mémoire de Lino Saputo soulignait notamment des contradictions entre les propos tenus par Lino Saputo dans sa biographie parue en 2019 – dans laquelle il affirmait n’avoir jamais eu de relations avec des membres du crime organisé italien – et des informations recueillies par les deux journalistes qui révélaient au contraire l’existence de liens entre l’homme d’affaires québécois et l’ex-chef mafieux américain Joe Bonanno.

Les informations de M. Pouliot et de Mme Denis s’appuyaient notamment sur une enquête policière menée aux États-Unis et qui révélait que Joe Bonanno avait des intérêts financiers dans l’entreprise Saputo au cours des années 1970.

Cette enquête administrative avait été réalisée à Albany en 1980, à la suite d’une demande de permis de la part de Saputo pour faire le commerce du lait aux États-Unis. Lino Saputo y avait notamment témoigné pour nier tout lien avec Joe Bonnano.

Dans les jours suivant la diffusion du reportage, Lino Saputo a déclaré que les journalistes de l’émission Enquête avaient tenté de le rendre coupable par association et assuré que toute sa vie il avait été une personne honnête et intègre.

Dans sa plainte, la CNIC reprochait aux deux journalistes d’avoir fait preuve de partialité en accordant davantage de crédibilité dans leur reportage aux propos du juge américain qui a mené l’enquête administrative.

Antonio Sciascia reprochait aussi l’omission, selon lui, d’informations essentielles à la bonne compréhension du sujet, ajoutant que le compte rendu de cette enquête était connu du public depuis des décennies à la suite d’articles parus dans La Presse, Le Devoir et le Globe and Mail dans les années 1980 et 1990.

Le plaignant remettait aussi en question la fiabilité de documents présentés dans le reportage par un ex-policier du FBI et de l’État de l’Arizona.

Excuses réclamées

Parmi les griefs qu’il a déposés au Conseil de presse, le CNIC réclamait également des excuses de Radio-Canada à la communauté italienne à la suite de la publication de messages sur Twitter par Gaétan Pouliot qui, selon les plaignants, entretenaient un stéréotype préjudiciable qui associe instinctivement les Italiens à la mafia.

Or, selon Gaétan Pouliot et Marie-Maude Denis, leur reportage n’affirme jamais que Lino Saputo est ou a été membre de la mafia. Il dit plutôt que M. Saputo a menti sur ses liens d’affaires avec des membres importants du crime organisé.

C’est un fait que, contrairement à ses affirmations, Lino et sa femme ont rencontré Bonanno à Tucson au début de l’année 1970, a fait remarquer Radio-Canada devant le Conseil de presse.

Ils ajoutent que nulle part dans le reportage ils n’associent la communauté italienne à ces oublis de M. Saputo ou à quelques mafieux, peut-on lire dans la décision du Conseil de presse du Québec.

Dans sa décision, le Conseil de presse estime que les journalistes Marie-Maude Denis et Gaétan Pouliot ainsi que Radio-Canada n’ont pas commis de faute déontologique dans cette enquête. Il a rejeté ainsi les griefs de partialité, d'information incomplète, de manque de fiabilité des informations transmises par une source, de sensationnalisme et de discrimination. Celui sur l'atteinte à la réputation ainsi que la demande d’excuses et de droit de réplique ne sont pas traités.

La direction de l'information de Radio-Canada ne fera pas de commentaires sur cette décision du Conseil de presse.

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