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Avec le sucre, le bonheur est dans la modération

On aime le sucre, on aime son goût, mais on est de plus en plus conscient des impacts d’une surconsommation de sucre sur la santé. Alors on peut être tenté de vouloir mieux choisir. L’industrie nous propose une multitude de produits. Des sucres et des édulcorants qui sont purs, bruts, naturels.

Un tas de sucre brut

Un tas de sucre brut

Photo : Radio-Canada

« Des cristaux de sucre naturel, comme si le sucre blanc était artificiel! », s’exclame la nutritionniste Catherine Lefebvre en voyant un emballage d’une marque de sucre brun. En plus, le produit est fait à base de la même canne à sucre et le procédé de transformation est sensiblement le même.

Une étude, réalisée au Canada, montre que les jeunes adultes préfèrent le sucre brut à un sucre blanc et qu’ils ont une perception plus positive de ce sucre, nous explique Simone Lemieux, chercheuse à l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels de l’Université Laval (INAF). De plus, les appellations des différents types de sucres influencent aussi la perception santé du produit.

La naturalité fait partie des critères de sélection des aliments et elle est associée à la santé et aux impacts positifs sur la santé, explique Laure Saulais, professeure au Département d’économie agroalimentaire et des sciences de la consommation de l’Université Laval.

Selon l'OMS, nous ne devrions pas consommer plus de 10 % de nos calories sous forme de sucres libres.

Le sucre doit constituer 5 % des apports énergétiques quotidiens, c'est-à-dire l'équivalent de 25 grammes par jour, dit l'OMS

Photo : Radio-Canada

Nous avons sélectionné et apporté différents produits de sucres et des sirops naturels à la chercheuse Simone Lemieux. Son analyse est simple : tous les produits de notre échantillon font partie de la grande catégorie des sucres libres. Des sucres dont on doit limiter la consommation dans notre alimentation, et ce, peu importe le produit, nous dit la chercheuse.

Les sucres libres sont les sucres que nous ajoutons à notre alimentation, mais aussi tous les sucres ajoutés par l’industrie de la transformation, par exemple dans les boissons sucrées, ainsi que tous les sucres contenus naturellement dans les jus de fruits, les sirops ou les miels.

C’est la quantité de sucre qui nous importe et qui fait que l’on doit se limiter. C’est pourquoi tous ces sucres se valent!

Une citation de :Simone Lemieux chercheuse à l’INAF
Dans une cuisine.

Simone Lemieux chercheuse à l’Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels de l’Université Laval (INAF)

Photo : Radio-Canada

Mais parfois, les consommateurs peuvent être influencés aussi par le contenu en vitamines et minéraux de certains produits.

On utilise souvent le côté vitamines et minéraux pour vanter le sucre brut, le miel, le sirop d'érable, le sirop d'agave, etc., affirme la nutritionniste. Quand on compare avec le sucre blanc, on peut dire wow! La différence est immense, parce qu’il n’y a rien dans le sucre blanc, mais quand on ajoute du sucre dans une recette, c’est pour le goût, pour la texture, pas pour les vitamines!

Elle ajoute qu’elle ne voit pas l’intérêt de parler de vitamines et minéraux pour des sucres.

Il y a aussi l’attrait pour des sucres plus exotiques, comme le sucre de coco, le sirop de yacon, un tubercule, ou encore un sucre à base de fruits, comme les dattes. Des options de remplacement du sucre souvent présentées comme plus saines.

Pourtant, on pourrait dire la même chose du sucre qui, à la base, provient d’une betterave sucrière ou de la canne à sucre.

Simone Lemieux nous explique que quand on extrait le sucre d’un aliment, il n’y a plus réellement de différence quand on arrive à ce stade.

La molécule de sucre ne change pas et notre métabolisme va l’absorber de la même manière, poursuit la nutritionniste Catherine Lefebvre.

Si on aime le goût des dattes, pour moi, ça s’arrête là!

Une citation de :Catherine Lefebvre, nutritionniste
Dans son bureau.

Catherine Lefebvre, nutritionniste et et autrice de Sucre : vérités et conséquences

Photo : Radio-Canada

Sans oublier que tous ces aspects nutritionnels peuvent aussi donner l’illusion ou l’impression que l’on peut en consommer davantage. Un problème, quand on sait que les Québécois consomment déjà trop de sucre et dépassent les limites recommandées.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), nous ne devrions pas consommer plus de 10 % de nos calories sous forme de sucres libres. Par exemple, pour une alimentation de 2000 calories par jour, cela représente 50 grammes, soit un peu plus de trois cuillères à table.

Le problème de la surconsommation de sucre ne réside pas dans les sucres que nous ajoutons dans nos aliments, comme le café et nos recettes de biscuits à la maison, mais davantage dans les aliments transformés et surtout les boissons sucrées, nous explique la nutritionniste Catherine Lefebvre.

D’ailleurs, la recommandation a été émise en raison des liens avec le développement de l'obésité, les maladies cardiovasculaires et la carie dentaire. Et ces liens étaient d'autant plus forts dans le contexte d’une consommation de sucre provenant de boissons sucrées et plus clairement associés à des problèmes de santé, explique la chercheuse Simone Lemieux.

Un verre de boisson gazeuse sucrée.

Un verre de boisson gazeuse sucrée

Photo : Radio-Canada

Pour diminuer le sucre de notre alimentation, il y a tout un choix d'édulcorants naturels. Ils sont à base de plantes, comme le stévia, ou encore à base de fruit, comme le fruit des moines. Des substituts au pouvoir sucrant puissant, mais sans calories, zéro calorie!

Selon Catherine Lefebvre, ils répondent encore à une recherche de produits naturels et plus santé en remplacement de l’aspartame, un édulcorant qui a eu mauvaise presse il y a quelques années.

Pour une personne diabétique qui doit contrôler son alimentation, cela peut être intéressant, nous dit Simone Lemieux, mais il faut savoir que lorsqu’on consomme des édulcorants, notre cerveau peut être mélangé et cela peut venir perturber le lien que l’on fait entre le goût sucré et l’apport en énergie.

Selon certaines études faites chez les animaux, ça pourrait augmenter le désir d'aller chercher de vrais aliments sucrés, ajoute la chercheuse.

Ce n’est pas le produit en soi qui peut être problématique, mais peut-être l’impact qu’il a sur le reste de notre alimentation, explique Simone Lemieux, mais des études restent encore à faire à ce sujet.

Devant une serre.

Laure Saulais, professeure au Département d’économie agroalimentaire et des sciences de la consommation de l’Université Laval

Photo : Radio-Canada

Les emballages de produits affichent plusieurs logos afin de répondre aux préoccupations et aux préférences des consommateurs. On essaye par tous les moyens de rétablir finalement la réputation du sucre dans les produits, nous dit Laure Saulais. Cependant, cela apporte beaucoup de confusion pour le consommateur.

Il y a un ménage à faire pour essayer de réduire cette confusion du consommateur liée à cette hyperinformation, cette hyperpersonnalisation des produits, qui fait que l'on ne s'y retrouve plus!, affirme Laure Saulais, professeure à l'Université Laval.

Finalement, afin de mieux choisir, il suffit d’y aller selon nos goûts, notre budget, nos convictions, que ce soit équitable, biologique ou local, et ne pas se tourner vers la microanalyse des aliments, selon Catherine Lefebvre, comme choisir du sirop d’érable parce qu’il contient du manganèse.

Ce n’est pas important, le manganèse, dans le sirop d’érable! Si on veut du sirop d’érable, c’est parce qu’on aime le goût et peut-être parce que l’on veut encourager l’économie locale au passage, et c’est très bien!

Une citation de :Catherine Lefebvre, nutritionniste
Une goutte s'en échappe.

Une cuillère de sirop d'érable

Photo : Radio-Canada

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