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Grève générale illimitée à l'usine Olymel de Vallée-Jonction

Des travailleurs manifestent devant l'usine Olymel à Vallée-Jonction.

Les travailleurs de l'usine Olymel de Vallée-Jonction sont sans convention collective depuis le 1er avril.

Photo : Radio-Canada / Pascal Poinlane

Les activités d'abattage de l'usine Olymel de Vallée-Jonction sont interrompues jusqu'à nouvel ordre en raison d'une grève illimitée déclenchée mercredi matin.

Quelques centaines d'employés ont quitté leur poste de travail pour dénoncer le manque de volonté de la part de l'employeur dans les négociations de la nouvelle convention collective, relate le président du syndicat, Martin Maurice.

Les syndiqués ont présenté une offre salariale le 19 avril et dénoncent être toujours sans retour de la partie patronale.

On a déclenché la grève pour faire avancer les choses. Ils devaient respecter les dates de négociations qui devaient avoir lieu aujourd'hui, jeudi et vendredi. Le conciliateur n'a pas de disponibilité pour faire la négociation et l'employeur ne retourne pas nos appels sur le monétaire, déplore M. Maurice.

Les plus de 1100 travailleurs sont sans convention collective depuis le 1er avril. Un mandat de grève a été voté le 28 février.

Demandes exagérées

Olymel dit être très surpris qu'une grève générale illimitée soit déclenchée en pleine pandémie. L'entreprise répond que les demandes salariales des syndiqués sont exagérées. Le porte-parole Richard Vigneault indique que c'est l'équivalent d'une augmentation salariale de 35 % sur un an.

On ne peut pas aller là. On sortirait du marché. Pour la durée de la convention collective qu'ils demandent, soit trois ans et demi, ça fait une augmentation de 51 %, indique M. Vigneault.

Cette requête a forcé l'entreprise a enclencher une démarche de conciliation auprès du ministère du Travail. On va déposer notre offre dans le cadre du processus de conciliation, précise Richard Vigneault.

Respecter les contrats avec les éleveurs

L'usine d'abattage assure qu'elle prend toutes les dispositions pour respecter les contrats signés avec les éleveurs de porcs.

Nos équipes d'approvisionnement sont sur un pied de guerre. Elles sont entièrement mobilisées de façon à ce que les éleveurs puissent disposer de leurs porcs, assure Olymel.

En moyenne, ce sont près de 38 000 porcs qui sont abattus chaque semaine à l'usine de Vallée-Jonction. Des bêtes pourraient être envoyées aux États-Unis ou dans d'autres provinces canadiennes.

Intervention politique?

Cet arrêt de production pourrait avoir des impacts considérables sur la chaîne d'approvisionnement. Malgré cela, Olymel n'a pas l'intention de demander une intervention politique et invoquer un retour au travail pour service essentiel.

Les cabinets du ministre du Travail Jean Boulet et du ministre de l'Agriculture André Lamontagne répondent être sensibles aux impacts que ce conflit de travail peut causer dans le secteur.

Vu l’importance de cette entreprise dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire québécoise, la médiatrice-conciliatrice en chef, Hélène Poulin, est déjà en contact avec les parties pour enclencher le processus de conciliation et en arriver le plus rapidement possible à une entente entre les parties, précise par courriel l'attachée de presse du ministre Lamontagne, Laurence Voyzelle.

Le syndicat affirme que les travailleurs ne retourneront pas dans l'usine tant qu'une entente de principe n'a pas lieu. Tant qu'il n'y a pas de négociation et que ce ne sera pas réglé totalement, il n'y aura pas de retour au travail, prévient M. Maurice.

En janvier, des éclosions de COVID-19 dans les usines d'Olymel avaient eu comme conséquence que plus de 145 000 porcs étaient en attente d'une place dans un abattoir du Québec. Ce nombre a chuté à 17 000 depuis quelques jours.

Évidemment, le fait qu'un abattoir de l'importance de Vallée-Jonction ne soit pas en opération peut certainement avoir une incidence. Il est toutefois trop tôt pour savoir de quelle importance, mentionne Richard Vigneault.

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