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Une Manitobaine publie les lettres d'un parent écrites durant la Grande Guerre

Kendra Minary tenant un portrait en noir et blanc de Cecil Edmund Minary.

Kendra Minary avec un portrait de son arrière-grand-oncle, Cecil Edmund Minary.

Photo : Jules Xavier

Radio-Canada

Une Manitobaine espère que les lettres que son arrière-grand-oncle a écrites quand il était au front durant la Première Guerre mondiale inciteront d’autres personnes à s’intéresser à l’histoire de leur famille.

Kendra Minary, qui habite la ville de Souris, au sud-ouest de Winnipeg, a reçu des copies de plus de 70 lettres dans lesquelles Cecil Edmund Minary raconte sa vie durant la guerre de 1914-1918. Elle publie sur les réseaux sociaux chacune d’entre elles, à l’anniversaire de la date où elle a été écrite.

La jeune Manitobaine souligne le caractère unique et personnel de ces lettres écrites à la main par son arrière-grand-oncle. Ce vécu, relaté par un membre de la famille, est un plus par rapport aux livres d’histoire ou aux films de guerre, selon elle.

Son arrière-grand-oncle s’est enrôlé dans le 144e bataillon des Royal Winnipeg Rifles, surnommés « Little Black Devils », le 30 novembre 1915. Après avoir frôlé la mort durant un entraînement à Camp Hughes, à l’ouest de Carberry, en raison d’une pneumonie, il a été envoyé en France en février 1917, avec un autre bataillon. Il a fait sa première mission le 12 avril de la même année.

Une lettre manuscrite.

Les lettres de Cecil Edmund Minary remontent à la Première Guerre mondiale.

Photo : Gracieuseté de Kendra Minary

Pendant cette période, il a écrit à sa famille au Manitoba. Ces lettres sont maintenant conservées dans un musée de Wawanesa, un village à environ 35 kilomètres au sud-est de Brandon.

De la famille aux archives

À l’origine, j’ai décidé de mettre ces lettres en ligne, car c’était un moyen facile de rejoindre ma famille dans d’autres provinces, raconte Kendra Minary. Ses publications sont maintenant suivies par de nombreux abonnés sur Facebook et ont même attiré l’attention du Shilo Stag, le journal de la base des Forces canadiennes à Shilo.

Cecil Edmund Minary est l’un des nombreux membres de la famille à avoir servi pendant la guerre, indique son arrière-petite-nièce.

Les lettres prouvent qu’il a toujours eu un lien fort avec sa famille. Il faisait son devoir pour le pays et avait hâte de revenir à la maison auprès de sa famille, ajoute-t-elle.

Kendra Minary dit que ces lettres l’ont incitée à vouloir en connaître davantage au sujet de l’histoire de sa famille. Elle a fait son arbre généalogique à partir des années 1700.

Je suis aussi entrée en contact avec des cousins éloignés, dont la petite-fille d’un cousin à qui Cecil a écrit plusieurs de ses lettres, relève-t-elle.

C’est ce genre de lettres qui ont inspiré l'initiative The Canadian Letters and Images, de l’Université de l’île de Vancouver. Depuis plus de 20 ans, le centre d’archives en ligne numérise des lettres ou des journaux intimes de Canadiens à la guerre.

Alors que je croyais qu'il y aurait environ 200 lettres, il y a eu 35 000 lettres, et des milliers de photos, de journaux intimes et d’autres archives, raconte le directeur de la collection Stephen Davies.

Selon lui, ce matériel permet aux Canadiens de voir les conflits armés sous un autre angle, en leur donnant un visage humain.

Ce ne sont pas que des statistiques de batailles. [Les lettres] nous permettent de voir la guerre à travers les yeux des participants [...]. C’est littéralement ce qu’ils voient, ajoute Stephen Davies.

En direct du champ de bataille

Les lettres de Cecil Minary se parlent surtout des conditions météorologiques, de l’endroit où il se trouve, de ce qu’il voit et des membres de la famille qui lui ont écrit.

Le temps ici est féroce, peut-on lire dans l’une d’entre elles, débutant par les mots Quelque part en France.

Nous avons reçu trois pouces de neige avant-hier durant la nuit, et elle a mis toute la journée hier pour fondre. Alors vous pouvez essayer d’imaginer de quoi ont l’air les choses en ce moment, ajoute-t-il.

Une lettre manuscrite.

Les lettres sont conservées dans un musée de Wawanesa, au Manitoba.

Photo : Gracieuseté de Kendra Minary

Cecil Edmund Minary est mort au combat environ un an après cette lettre, le 28 août 1918, lorsque sa troupe a été atteinte par une bombe d’artillerie près de Bois du Vert, en France. Il avait 23 ans.

Son arrière-petite-nièce a l’intention de continuer à publier ses lettres en ligne, et elle incite d'autres personnes à explorer leurs propres racines.

Si vous ne l’avez pas encore fait, creusez votre histoire familiale, leur dit-elle. Faites un test d’ADN, votre arbre généalogique. C’est génial, ce que vous pourriez découvrir.

Avec les informations de Riley Laychuk

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