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La société chinoise BGI est « une menace pour le Canada », disent les conservateurs

Radio-Canada révélait lundi que le groupe spécialiste de la génomique cible le marché des laboratoires et des hôpitaux canadiens sans grand débat public.

Les locaux de BGI sur l’avenue du Parc à Montréal

Les locaux de BGI sur l’avenue du Parc, à Montréal

Photo : Radio-Canada / MARC GODBOUT

Radio-Canada

L’opposition officielle à Ottawa se dit grandement préoccupée par la présence de l’entreprise chinoise BGI au Canada.

Son porte-parole en matière d’affaires étrangères, Michael Chong, considère qu’il s’agit d’une menace pour le Canada et demande au gouvernement libéral d’agir rapidement.

Je pense que le gouvernement canadien doit se réveiller et prendre ce type de menace beaucoup plus au sérieux.

Radio-Canada révélait lundi que le groupe chinois BGI cible le marché des laboratoires et des hôpitaux canadiens sans grand débat public, alors que la situation est tout autre aux États-Unis et en Australie, où des doutes sont exprimés publiquement sur les intentions du numéro un de la génomique.

Les risques d’espionnage et de fuites de données sur la santé et la génétique nourrissent depuis des mois les craintes des Américains et des Australiens.

Des entreprises comme BGI sont proches de l'État chinois. Elles sont tenues par la loi chinoise de coopérer avec les services de renseignement, insiste Michael Chong. Le simple fait de savoir que des informations génétiques de Canadiens pourraient être transférées en Chine est très inquiétant.

Aucun compromis

Vingt-quatre heures après avoir fait la demande d’une entrevue avec le ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, François-Philippe Champagne, son bureau a indiqué qu’il n’était pas disponible.

Les Canadiens peuvent être certains que nous ne ferons aucun compromis sur les enjeux de sécurité nationale, a répondu par écrit le porte-parole du ministre Champagne, John Power.

Le ministère nous renvoie à l'« Énoncé de politique sur la sécurité de la recherche » publié le mois dernier par Ottawa. Il encourage le milieu de la recherche à prendre des précautions supplémentaires pour protéger la sécurité de leurs travaux de recherche, de leur propriété intellectuelle et de leur savoir.

Une chercheuse manipule de l'équipement.

Une chercheuse scientifique extrait de l’ARN.

Photo : Getty Images / MAURICIO LIMA

Le gouvernement fédéral indique qu’un groupe de travail doit lui fournir des lignes directrices précises d’ici le 25 juin pour prendre en compte les questions de sécurité nationale dans l’évaluation et le financement des projets et des partenariats de recherche.

Toutefois, le ministère se garde bien de répondre à la question de savoir si BGI devrait être soumise à une surveillance particulière au Canada. Les tensions diplomatiques entre Ottawa et Pékin rendent le sujet d'autant plus délicat.

Le député Chong considère que le gouvernement Trudeau est constamment en mode rattrapage et n’a pas de plan exhaustif pour composer avec ce genre de menaces.

Il demande au cabinet fédéral d’émettre une directive aux conseils fédéraux qui subventionnent la recherche et d'interdire les partenariats avec des entreprises comme BGI.

Cofinancement disponible?

Une technicienne de BGI devant un séquenceur d’ADN

Une technicienne de BGI devant un séquenceur d’ADN à Shenzhen, en Chine

Photo : AFP / RANDY RISLING

Pendant ce temps, l’opération séduction du géant chinois BGI se poursuit au Canada.

Voilà que sa filiale MGI–Complete Genomics courtise les chercheurs canadiens en leur offrant de cofinancer des projets de recherche s’ils utilisent des séquenceurs d’ADN du groupe chinois.

Dans un message publié au cours des derniers jours sur le réseau LinkedIn, MGI–Complete Genomics dit vouloir aider davantage de chercheurs canadiens à accéder à un séquençage de haute qualité et rentable.

Dans le cadre de cette campagne s’adressant uniquement à la communauté scientifique canadienne, les chercheurs en génomique ont jusqu’au 14 mai pour soumettre leur proposition.

MGI–Complete Genomics n’a pas répondu à nos appels.

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