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« La COVID, pour moi, c'est une catastrophe », témoigne une infirmière d’Ottawa

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Écoutez l'entrevue de Mathieu Nadon avec Nathalie DiLabio, infirmière aux soins intensifs de l’Hôpital d’Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Lafreniere

Radio-Canada

L’infirmière aux soins intensifs de l’Hôpital d’Ottawa, Nathalie DiLabio, ne le cache pas : la COVID-19 représente, à ses yeux, une « catastrophe ».

Pour moi, c'est vraiment un cauchemar qu'en dépit de notre équipe formidable à l'Hôpital d'Ottawa, on voie de plus en plus de cas critiques et de décès. Il n'y a vraiment rien, à un point, qu'on puisse faire, puisqu'il y a juste tellement de cas et tellement la maladie est nouvelle, explique celle qui travaille aux soins intensifs depuis maintenant trois ans.

Cela ne veut pas dire qu'on n’essaye pas tout. Ça ne veut pas dire qu'on n'a pas de cas à succès, précise Nathalie DiLabio. Mais il y a plus de cas de décès et il y a des cas où ce n'est pas juste d'être une infirmière à ce point-ci.

On devient vraiment une partie de la famille du patient. C'est une connexion réelle et dans une couple de semaines, tu vois que cette personne n'est plus là.

Une citation de :Nathalie DiLabio, infirmière autorisée à l'Hôpital d'Ottawa

La pandémie et sa mortalité rendent difficile le quotidien de Mme DiLabio et constituent un élément nouveau dans sa carrière d’infirmière aux soins intensifs.

D'habitude, les patients viennent, tu établis une connexion avec eux et éventuellement, tu vois la progression [de leur état de santé]. Maintenant, je ne vois pas la progression. Le patient vient, me parle de sa famille et ensuite, du jour au lendemain, le patient est intubé et, après une semaine ou deux, il est décédé, explique-t-elle.

Le nombre de personnes souffrant de la COVID-19 et qui est hospitalisé aux soins intensifs a doublé depuis le début du mois d’avril, en Ontario. La situation dans les hôpitaux est telle que, la semaine dernière, un nombre record de patients a été transféré d’un établissement de santé à l’autre à travers la province.

Tous les hôpitaux en Ontario sont comme un gros hôpital. On veut être sûrs qu'il n'y a pas un hôpital qui a 100 patients, puis un autre qui a trois patients, explique Mme DiLabio.

À l'Hôpital Montfort, on indique que sur 21 lits aux soins intensifs, neuf sont actuellement occupés par des patients atteints de la COVID-19, venant de l'extérieur d'Ottawa. L'Hôpital précise toutefois qu'aucun de ces neuf patients ne vient du Québec.

Du côté de l'Hôpital d'Ottawa, 37 des 66 malades actuellement aux soins intensifs souffrent des conséquences de la COVID-19, dont 12 patients proviennent de la région de Toronto.

Le fait d’accueillir des patients provenant d’ailleurs en province n’est pas inhabituel pour l’infirmière. Ce qui diffère, en raison de la pandémie, c’est leur nombre.

En accueillant des patients venus d’ailleurs à Ottawa, elle dit se sentir presque comme un proche par défaut.

Parce que leurs proches, leurs familles, sont de six à 12 heures de l'hôpital. Donc, ça me met beaucoup plus de pression.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Selon Nathalie DiLabio, l’arrivée imminente de l’aide de l’armée canadienne, de la Croix-Rouge et de professionnels de la santé de Terre-Neuve-et-Labrador pourrait aider les professionnels de la santé de l’Ontario à souffler un peu.

Je trouve qu'avec les infirmières des soins critiques qui viennent d'autres provinces, ainsi que l'aide de l'armée, ça va juste améliorer les soins qu'on peut donner à Ottawa et en Ontario. Chaque individu qui vient avec l'entraînement des soins critiques [...] ils ont tellement de connaissances que ça peut juste améliorer les soins, explique-t-elle.

Toutefois, même avec l’aide d’organismes, de militaires et d'autres provinces, la population a aussi un grand rôle à jouer, insiste-t-elle. Elle aussi se dit fatiguée de la pandémie, mais elle ajoute être prête à tenir bon pour aider ceux qui nécessitent des soins.

Chaque jour, moi et mes collègues, on est prêts. On est prêts à donner des soins. Mais plus la population nous aide à descendre [le nombre de] cas, moins on aura besoin de venir aux médias ou de parler à nos familles et de faire un témoignage de toutes les pertes de vie qu'on voit à cause de la pandémie, affirme Nathalie DiLabio.

Avec les informations de Mathieu Nadon

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