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Adultes handicapés en CHSLD : le gouvernement accusé de vouloir « acheter la paix »

Jonathan Marchand manifeste, dans sa cage, devant l'Assemblée nationale.

Jonathan Marchand lors de sa manifestation devant l'Assemblée nationale en août 2020 (archives)

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

« Paternalisme », « promesse brisée », « opportunité ratée » : la vision du gouvernement Legault pour sortir les adultes handicapés des CHSLD, au Québec, provoque une levée de boucliers. Les trois partis d’opposition veulent des explications.

On dirait que le gouvernement a voulu, disons, acheter la paix temporairement en faisant des promesses, et là aujourd'hui on voit que c'est une promesse brisée, affirme le porte-parole de Québec solidaire (QS) en matière de santé, Sol Zanetti.

Ce qu'on veut, ce n'est pas de sortir les personnes qui sont en institution pour les mettre dans d'autres institutions!, ironise son homologue du Parti québécois (PQ), Joël Arseneau.

Le député Joël Arseneau lors d'un point de presse.

Joël Arseneau, porte-parole du PQ en matière de santé et services sociaux

Photo : Radio-Canada

Tous deux s’opposent aux intentions du gouvernement Legault, qui planche sur un projet pilote pour sortir les adultes handicapés des CHSLD où ils vivent parfois contre leur gré.

Or, selon les informations révélées par Radio-Canada mardi matin, le gouvernement envisage un modèle d’habitation où pourraient résider plusieurs adultes ayant des limitations physiques.

Cette proposition est pourtant contraire à celle de Jonathan Marchand, cet activiste de 44 ans, lui-même résident d’un CHSLD, qui est à l’origine des travaux en cours au gouvernement.

Depuis des années, M. Marchand prône la création d’un programme d’assistance personnelle autodirigée, qui permettrait aux personnes dans sa situation de retourner vivre à domicile, dans des appartements adaptés, avec de l’aide personnalisée.

On est comme en train de détourner le projet pilote pour réinvestir dans le béton, alors que c'est plutôt dans les services à la personne qu'on devrait miser.

Une citation de :Joël Arseneau, porte-parole du PQ en matière de santé et services sociaux

Travailler ensemble

Par courriel, le cabinet de la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, a rappelé que les travaux pour l’élaboration du projet pilote ne sont pas terminés.

La prochaine rencontre du comité est prévue le 20 mai. Nous ne pouvons pas présumer à l’heure actuelle des discussions qui auront lieu à cette rencontre ni des conclusions du comité, soutient le cabinet de la ministre.

Nous invitons toutes les parties prenantes à travailler ensemble dans un objectif commun.

Une citation de :Extrait d’un courriel du cabinet de la ministre Marguerite Blais
Marguerite Blais.

Marguerite Blais, ministre responsable des Aînés et des Proches aidants.

Photo : Radio-Canada / Jean Claude Taliana

Pour Sol Zanetti, de QS, la situation n’est pourtant pas compliquée. Les soins à domicile sont la bonne solution, selon lui, et un projet pilote est l’occasion idéale pour en faire la démonstration.

On a une opportunité d'essayer une idée qui vient des gens qui eux-mêmes vivent en CHSLD et [qui] veulent vivre autrement. Ça mérite d'être essayé, dit-il.

Pourquoi le gouvernement refuse-t-il de le faire? Qu'est-ce qui l'empêche? Est-ce que c'est une question d'argent? Est-ce que vraiment ils ont fait leurs calculs comme il le faut? Il faut qu'on ait des explications.

Une citation de :Sol Zanetti, porte-parole de QS en matière de santé et services sociaux
Le député de Québec solidaire (QS) Sol Zanetti

Sol Zanetti, porte-parole de QS en matière de santé et services sociaux

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

« Clés en main », dit le PLQ

Le Parti libéral du Québec (PLQ) a également talonné le gouvernement sur ce sujet lors de la période de questions au Salon bleu.

La porte-parole du PLQ Jennifer Maccarone a rappelé au ministre de la Santé que les discussions durent déjà depuis des mois avec M. Marchand, qui propose une solution clés en main.

Christian Dubé a répliqué qu’il trouvait quand même curieux que c’est le Parti libéral qui soulève ce point-là alors que c’est le genre de dossier qui a traîné pendant des années.

Ma collègue [Marguerite Blais] a décidé d’en faire une priorité, a ajouté M. Dubé. On est en discussion avec M. Marchand. On a une rencontre le 20 mai. On va essayer de trouver une solution à un problème qui est très difficile.

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