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La défense de Benoît Cardinal insiste sur la présence d'un intrus

Plan rapproché de Benoit Cardinal.

Benoit Cardinal est accusé de meurtre prémédité.

Photo : Facebook

Dans un contre-interrogatoire serré, l'avocat de Benoît Cardinal a remis en question les conclusions d'une experte en projection de sang pour insister sur la possible présence d'un « intrus » dans la maison où Jaël Cantin a été tuée l'an dernier à Mascouche.

L'homme de 34 ans subit un procès pour le meurtre prémédité de la mère de ses six enfants, au palais de justice de Joliette. Jaël Cantin, 33 ans, a été rouée de coups à la tête, alors qu'elle gisait sur le plancher de sa chambre à coucher, le 16 janvier 2020, selon les experts entendus par le jury du procès.

Mardi, l'experte en biologie judiciaire et interprétation des taches et projection de sang, Sonia Roy, a été assaillie de questions souvent très techniques de la part d'un des avocats de l'accusé, Louis-Alexandre Martin.

Très préparé en prévision du témoignage de la scientifique, il lui a reproché l'absence de certaines expertises qui auraient pu confirmer la présence d'un intrus dans la maison, la nuit du meurtre.

Avertissement : certains détails contenus dans cet article peuvent heurter des sensibilités.

Le sang d'un tiers pourrait s'y trouver, dit la défense

Selon le rapport de Sonia Roy, seuls le sang de l'accusé et celui de la victime ont été identifiés dans la résidence. Or, parmi la multitude de taches de sang retrouvées sur les murs, les meubles et le plancher, toutes n'ont pas été testées. Le sang d'un tiers pourrait s'y trouver, mais là on ne peut pas le savoir, a affirmé Me Martin.

Il a souligné l'incertitude qui plane au sujet d'une constellation de gouttelettes de sang retrouvées sur un berceau dans la chambre principale. Il pourrait y en avoir une seule qui appartient à un tiers et vous seriez passée à côté?, a-t-il demandé. En effet, a concédé l'experte.

De même, deux traces de semelles ensanglantées ont été retrouvées sur le plancher de la maison. Sonia Roy a expliqué avoir présumé qu'elles avaient été laissées par les premiers répondants, puisque c'était un motif de bottes classique de ce qu'on voit habituellement. Aucune expertise n'a été menée pour le confirmer.

N'y a-t-il pas un petit problème d'objectivité, Mme Roy? a demandé Me Martin. Vous n'aviez pas en tête qu'un intrus pouvait être entré? [...] Vous avez spéculé en prenant votre décision? [...] Vous avez volontairement mis de côté un élément pertinent?, a dit l'avocat dans une enfilade questions.

Jaël Cantin.

Jaël Cantin est décédée le 16 janvier 2020 à Mascouche.

Photo :  courtoisie

Sonia Roy, qui a analysé près de 200 scènes de crime dans sa carrière, a défendu son travail et affirmé avoir agi dans les règles de l'art.

Au début de son témoignage, elle avait mentionné que le sang sur le pantalon de pyjama de Benoît Cardinal indiquait qu'il se trouvait vraiment près de Jaël Cantin lorsqu'elle se faisait battre. Environ un mètre, ce n'est pas impossible, a-t-elle précisé dans son contre-interrogatoire, encore une fois pressée de questions par la défense.

Elle a aussi défendu son objectivité après que Me Martin eut soulevé des doutes quant à son impartialité face à l'État, puisqu'elle mène des expertises à la demande de la police et témoigne dans le cadre de la preuve du Directeur des poursuites criminelles et pénales.

Sonia Roy poursuit son témoignage mercredi.

La poursuite rejette l'hypothèse d'une introduction par effraction et tente de démontrer que Benoît Cardinal a prémédité le meurtre de sa conjointe des quinze dernières années. Le couple avait des problèmes financiers.

Dans les semaines précédant le drame, Benoît Cardinal aurait fait des recherches sur Internet pour savoir comment réaliser le crime parfait. Il avait démissionné de son emploi d'éducateur en centre jeunesse et aurait confié à une adolescente avoir échafaudé trois plans pour tuer Jaël Cantin, dont celui de simuler une introduction par effraction.

La juge de la Cour supérieure Johanne St-Gelais préside le procès. Les procureures aux poursuites criminelles et pénales sont Geneviève Aumont, Caroline Buist et Valérie Michaud. Les avocats Louis-Alexandre Martin et Ghassan Toubal représentent l’accusé.

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