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Vaccin d'AstraZeneca : des effets secondaires réels ou des effets nocebo?

Une main gantée tient une fiole de vaccin.

Le vaccin AstraZeneca pourra être offert aux Canadiens de plus de 30 ans s'ils ne désirent pas attendre pour obtenir un vaccin à ARNm, comme ceux de Pfizer-BioNTech ou Moderna.

Photo : Getty Images / LUIS ACOSTA

Certains effets secondaires signalés par les personnes ayant reçu le vaccin d’AstraZeneca peuvent être amplifiés par la crainte qu’il suscite, selon des experts, qui plaident pour une meilleure relativisation des risques que présente ce dernier pour la santé.

Aussi rares soient-ils, les cas de caillots sanguins causés par le vaccin d’AstraZeneca alimentent un sentiment de méfiance qui peut en exacerber les effets négatifs.

Il existe un terme pour expliquer ce phénomène : l’effet nocebo, explique Mahyar Etminan, du département d'ophtalmologie, de médecine et de pharmacologie à l’Université de la Colombie-Britannique (UBC).

Cette notion, contraire au placebo, décrit un résultat négatif qui se produit en raison de la croyance que l'intervention causera un préjudice, précise-t-il.

Découvrez-vous comment fonctionnent les vaccins contre le SRAS-CoV-2.

Des effets « attendus »

Elizabeth Lefrançois a reçu avec enthousiasme sa première dose du vaccin d’AstraZeneca il y a une semaine. Le soir venu, des symptômes sont apparus : des frissons, des effets grippaux, de la fatigue et des maux de cœur. Comme un mélange de grippe et de lendemain de veille, décrit la Vancouvéroise, qui est dans la quarantaine.

Mme Lefrançois n'était pas inquiète outre mesure même après avoir été prévenue que des effets indésirables pouvaient résulter de la vaccination. Toutefois, elle admet que les cas de thromboses signalés par les autorités sanitaires suscitent chez elle certaines craintes.

C’est sûr qu’on y pense. Je viens de voir qu’une femme est décédée au Québec. Peut-être que ça fait qu’on remarque plus nos effets secondaires, affirme-t-elle.

« Il faut relativiser, mais c’est épeurant de voir que quelqu’un est mort. »

— Une citation de  Elizabeth Lefrançois

Le nombre de thromboses versus le nombre de vaccins est minime, mais ça reste qu’on est humain et quand on voit quelqu’un qui en tombe malade, ça inquiète, ajoute Mme Lefrançois.

Le lien de causalité n’a pas été déterminé entre la mort d'une femme en Montérégie, au Québec, et la vaccination avec l'AstraZeneca. Une enquête est en cours.

Une fiole du vaccin.

Une patiente est morte des suites d'un caillot sanguin au cerveau dans un hôpital de Montréal après avoir reçu une dose de vaccin contre la COVID-19. Une enquête est en cours.

Photo : Associated Press / Valentina Petrova

L’AstraZeneca sous le microscope public

À moins d’étudier les effets secondaires dans une étude bien contrôlée, il est difficile de dire s’il existe un lien de causalité entre le vaccin et les sensations ressenties par les patients, ou s’il s’agit d’un effet nocebo, reconnaît Mahyar Etminan.

Or, le concept joue ici un rôle significatif, estime-t-il. Sous le microscope médiatique, le vaccin d’AstraZeneca prend ainsi une place plus large dans la conscience populaire. Le fait que c'est dans les nouvelles tous les jours ajoute de l’huile sur le feu, dit-il.

Le vaccin AstraZeneca n’est pourtant pas le seul qui pourrait avoir des effets secondaires graves. Des études menées en Israël explorent le lien entre le vaccin de Pfizer-BioNTech et des inflammations du muscle cardiaque.

Tous les vaccins et les médicaments présentent des effets indésirables, rappelle Horacio Bach, professeur à la Faculté de médecine de l’Université de la Colombie-Britannique.

L’un des problèmes liés à la réputation négative du vaccin d’AstraZeneca repose sur le fait que des informations sont signalées avant que les conclusions ne soient énoncées, selon lui.

L’enquête doit d’abord être menée avant d’annoncer des causalités, parce que, s’il faut se rétracter, le mal est fait, et la confiance du public est déjà entachée, explique-t-il.

Une infirmière prépare un vaccin.

Le Dr Brian Conway est triste d'apprendre qu'une femme est morte d'une thrombose à Montréal et espère que des discussions franches sur les effets des vaccins pourront mieux éclairer la population.

Photo :  CBC / Evan Mitsui

Normaliser le choix du patient à refuser un vaccin

Selon Brian Conway, directeur du Centre des maladies infectieuses de Vancouver, les discussions transparentes sont le principal remède à l’effet nocebo.

On doit continuer à recommander aux gens de se faire vacciner. Mais il va falloir leur offrir toute l’information disponible pour les aider à faire un choix éclairé.

Il faut, selon lui, normaliser cette discussion plutôt que d'en arriver à la conclusion qu’une personne qui hésite à se faire vacciner prend forcément une position antivaccin et de la stigmatiser.

Si, en recevant toute l’information, une personne choisit de ne pas se faire vacciner avec un produit en particulier, il va falloir respecter ce choix, plaide-t-il.

En toute connaissance des causes et de risques, Elizabeth Lefrançois se réjouit d’avoir reçu sa première dose de vaccin. Le pharmacien a bien expliqué les effets secondaires mineurs possibles et l’a mise en garde contre certains symptômes jugés plus dangereux, comme la perte de la vision ou la difficulté à bouger les membres.

Il faudra voir comment ça va évoluer, on vit beaucoup d’incertitudes. Mais je préfère avoir été vaccinée que de ne pas l’avoir été du tout. Ça, c’est 100 % sûr.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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