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Pas de pause rémunérée obligatoire pour se faire vacciner

Une personne administre une dose du vaccin d'AstraZeneca.

Une personne administre une dose du vaccin d'AstraZeneca.

Photo : Radio-Canada / Amélie Desmarais

Le premier ministre du Québec n’a pas l’intention d’accorder à tous les travailleurs le droit à une pause de quatre heures rémunérées pour aller se faire vacciner.

Cette demande a été répétée à plusieurs reprises au cours des dernières semaines par certains syndicats et par Québec solidaire. Le co-porte-parole du parti, Gabriel Nadeau-Dubois, est revenu à la charge mardi.

Il y a des directives dans l'ensemble des services publics, aux travailleurs, travailleuses, de ne pas se faire vacciner sur leur temps de travail. C'est un problème documenté. Il faut comprendre aussi que jusqu'à maintenant, dans la grande majorité des cas, on a vacciné des gens qui ne travaillent pas. On souhaite avoir une approche préventive, affirme-t-il.

Gabriel Nadeau-Dubois parle aux médias à l'Assemblée nationale.

Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec solidaire (archives)

Photo : Radio-Canada

Irréaliste selon Legault

La proposition de Québec solidaire n’est pas réaliste, selon François Legault. Il demande aux ministères et aux entreprises privées de faire preuve de flexibilité. Toutefois, pas question, comme pour le jour des élections, d’imposer une pause de quatre heures payées.

Ce n'est pas comme une élection, qui se passe juste sur un jour. Dans toutes les régions, il y a des endroits où on peut se faire vacciner le soir, les fins de semaine. Tout le monde sait aussi au Québec qu'on manque d'enseignants. Ce n'est pas facile de trouver un enseignant remplaçant. On ne veut pas non plus priver les enfants d'enseignement, affirme François Legault.

François Legault en conférence de presse.

François Legault en conférence de presse le 27 avril 2021.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Ressources inégales

La mesure avancée par des syndicats et Québec solidaire est aussi loin de faire l’unanimité dans la région de Québec.

Certaines grandes entreprises ont les ressources pour offrir des mesures incitatives. Desjardins, par exemple, offre six heures rémunérées à ses employés pour qu’ils aillent se faire vacciner. IA Groupe financier a décidé d'accorder une période de quatre heures à ses 7700 employés.

Par contre, des mesures du genre peuvent être difficiles à réaliser pour des entreprises de plus petite taille.

Il ne faut pas faire de mur-à-mur. Il faut une flexibilité, il faut comprendre que la réalité des petites entreprises, qui ont besoin d'une main-d'œuvre en tout temps pour offrir un service essentiel, ne pourront pas, explique la vice-présidente et directrice générale de la Chambre de commerce de Lévis, Marie-Josée Morency.

Alain Barré dans son bureau.

Alain Barré, avocat et professeur au département des relations industrielles de l'Université Laval

Photo : Radio-Canada / Yoann Dénécé

Pas nécessaire

Le professeur en droit du travail à l'Université Laval, Alain Barré, émet aussi de sérieuses réserves.

Je suis un peu sceptique sur le quatre heures en question. Même la comparaison avec la Loi électorale est un peu erronée. Le vaccin, est-ce que ça nécessite véritablement quatre heures? J'en ai fait l'expérience et ça m'a pris 20 minutes, souligne-t-il.

Alain Barré croit que les gouvernements devraient se pencher sur l’adoption de mesures plus porteuses, comme donner l’accès aux entreprises aux tests de dépistage rapide de la COVID, ou encore modifier certaines lois du travail.

Peut-être qu'éventuellement il faudrait revoir toute la question des congés rémunérés. La première des choses, il faudrait peut-être s'assurer que le lien d'emploi soit bel et bien protégé pendant la mise en quarantaine, que l'employé se soit mis en quarantaine par lui-même ou non, conclut le professeur.

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