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Une Québécoise ayant reçu le vaccin AstraZeneca succombe à une thrombose

Il s'agirait du premier décès lié à ce type de complications au Canada.

Une fiole de vaccin posée sur une table.

La Québécoise morte d'une thrombose avait reçu une dose de la version indienne du vaccin d'AstraZeneca, le Covishield.

Photo : Radio-Canada / Jeff Stapleton

Une patiente est morte à Montréal des suites d'un caillot sanguin au cerveau après avoir reçu le vaccin contre la COVID-19.

Originaire de Saint-Rémi, en Montérégie, Francine Boyer avait été vaccinée en compagnie de son mari le 9 avril. Mais son état de santé s'est rapidement dégradé par la suite, a relaté sa famille dans un communiqué de presse diffusé mardi soir.

Au cours des jours qui ont suivi, la femme de 54 ans a ressenti une grande fatigue accompagnée de maux de tête, explique-t-on. D'abord admise à l'hôpital le plus près, puis transférée à l'Institut neurologique de Montréal en raison de son état de santé déclinant, Mme Boyer a rendu son dernier souffle vendredi dernier.

Son mari, Alain Serres, n'a subi aucun effet secondaire à la suite de l'inoculation, assure la famille.

Celle-ci encourage tout de même les personnes qui reçoivent un vaccin à rester alertes quant aux symptômes ou réactions inhabituelles et à communiquer avec Info-Santé (811) en cas de doute. Elle espère maintenant vivre son deuil en toute intimité sans être importunée par les représentants des médias et le public.

Horacio Arruda prend la parole en conférence de presse.

Le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda, avait confirmé la triste nouvelle plus tôt dans la journée lors d'une conférence de presse à laquelle participaient également le premier ministre François Legault et le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé.

Dans la balance des inconvénients, je continue à penser que c'est un risque calculé. Mais évidemment, quand on pense à cette femme-là, sa famille, ses proches [...], c'est dur.

Une citation de :François Legault, premier ministre du Québec

Par communiqué, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a plus tard fait savoir que la femme en question était décédée à la suite d'une thrombose avec thrombocytopénie (VIPIT) survenue après l'administration de la version indienne du vaccin d'AstraZeneca, le Covishield.

Trois autres personnes sont sous surveillance au Québec, puisqu'elles ont manifesté elles aussi des problèmes de santé possiblement liés à l'inoculation du vaccin d'AstraZeneca.

À ce jour, le Canada a signalé au moins cinq cas de caillots sanguins consécutifs à l'administration du vaccin anti-COVID, dont deux au Québec.

Mais aucun lien de cause à effet n’a été établi. Santé Canada a annoncé recueillir des renseignements sur ce dernier cas et l’examiner.

L’analyse des données de Santé Canada depuis 2012 démontre que plusieurs décès sont survenus à la suite de vaccins, mais après examen, aucun ne leur a été attribué. D’autres causes sous jacentes avaient été découvertes.

Québec maintient le cap

Même si le bilan du Québec continue de s'améliorer, le trio gouvernemental avait la mine basse, mardi.

Le Dr Arruda a toutefois rappelé que les avantages du vaccin l'emportaient largement sur les risques, et que la province a toujours su que de rares complications – 1 à 9 cas sur 100 000, environ – étaient possibles.

Sans compter que le risque de formation de caillots sanguins est encore plus grand chez les personnes atteintes de la COVID-19. Selon le MSSS, certaines études montrent [...] qu'une thrombose peut survenir dans 20 à 30 % des cas présentant une forme grave de la maladie.

Par conséquent, les autorités québécoises n'entendent pas pour l'instant modifier leur stratégie de vaccination.

Je pense qu'actuellement, ça ne change pas la donne, a déclaré le Dr Arruda, obtenant instantanément l'approbation du ministre Dubé.

Dans la mesure où on va être capable de continuer à vacciner, c'est le genre de risque que, malheureusement, on doit prendre, mais je pense que c'est la bonne chose à faire.

Une citation de :Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux

Regardez le nombre de décès qui est en baisse, le nombre d'hospitalisations, comment on a pris le contrôle dans nos CHSLD grâce à la vaccination... Je pense que l'équation est facile à faire, a ajouté le ministre, selon qui le coronavirus demeure beaucoup plus dangereux que le vaccin, et de loin.

Un vaccin de moins en moins utilisé

Au Québec, le vaccin AstraZeneca est actuellement réservé aux personnes âgées de 45 ans et plus, bien que le Comité consultatif national sur l'immunisation (CCNI) ait récemment modifié ses recommandations pour qu'il soit offert à toute personne âgée d'au moins 30 ans.

De toute façon, les stocks québécois d'AstraZeneca sont au plus bas. À Montréal, par exemple, les centres de vaccination sans rendez-vous qui l'offraient jusqu'à tout récemment ont tous écoulé leurs stocks la semaine dernière.

En date du 27 avril, ce sont 351 176 doses du vaccin AstraZeneca, sur un total de 411 200 doses reçues, et 112 966 doses du vaccin Covishield qui ont été administrées au Québec, a précisé le MSSS par communiqué mardi.

AstraZeneca Canada n'a pas voulu commenter mardi ce qui serait le premier décès canadien lié à l'administration de son vaccin.

Mais dans une déclaration transmise à Radio-Canada, la compagnie pharmaceutique a rappelé que la sécurité des patients était pour elle une priorité absolue.

La sécurité du vaccin a été largement étudiée dans les essais cliniques de phase III et de manière indépendante dans des contextes réels, a-t-elle rappelé, soulignant que son vaccin offrait un niveau élevé de protection contre toutes les sévérités du COVID-19 et qu'il était généralement bien toléré.

De plus, les avantages [de son utilisation] continuent de l'emporter sur les risques, a-t-elle fait valoir à son tour.

Cette formulation a d'ailleurs été reprise une nouvelle fois en soirée par l'Agence de la santé publique du Canada, qui a tout de même invité les personnes vaccinées à consulter immédiatement un médecin dans le cas où elles verraient apparaître des symptômes comme de l'essoufflement ou des douleurs thoraciques.

Outre l'AstraZeneca, trois autres vaccins ont été approuvés jusqu'ici par Santé Canada, soit ceux de Pfizer-BioNTech, de Moderna et de Johnson & Johnson, dont les premières doses devraient être acheminées aux provinces et aux territoires plus tard cette semaine.

Sauf exception, les Canadiens ne peuvent généralement pas choisir lequel des quatre vaccins leur sera administré.

Les livraisons de Covishield ont été suspendues la semaine dernière en raison des ravages de la pandémie en Inde, mais les États-Unis ont fait savoir lundi qu'ils étaient prêts à partager leurs doses d'AstraZeneca.

Par ailleurs, Ottawa s'est entendu avec Pfizer pour accélérer la livraison de doses supplémentaires de vaccins. Dès la semaine prochaine, la pharmaceutique devrait être en mesure de livrer deux millions de doses par semaine au Canada, a annoncé le premier ministre Justin Trudeau mardi.

Avec Véronique Prince, La Presse canadienne et Reuters

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