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Les mesures d'urgence maintenues en Outaouais jusqu'au 9 mai inclus

Des piétons portant un masque traversent la rue.

Les mesures spéciales d’urgence sont une nouvelle fois prolongées en Outaouais.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Lafreniere

Radio-Canada

Le premier ministre François Legault a annoncé, mardi, que les mesures d’urgence mises en place pour la région sont prolongées en raison d'une situation pandémique qui demeure précaire.

La région où c'est le plus difficile, c'est l'Outaouais. Oui, il y a eu une baisse du nombre de cas, mais quand on regarde le taux de tests positifs, il y a quand même une amélioration, on est passé de 10,8 % à 8,5 %, mais il faut comprendre que la moyenne au Québec, c'est maintenant 2,9 %. C’est vraiment la région où il y en a le plus. [...] Actuellement, on a atteint la limite au niveau de nombres de lits prévus pour les patients COVID. [...] Il n'y a aucune marge de manœuvre, a expliqué le premier ministre Legault, en point de presse.

La situation sanitaire dans les régions de la Capitale-Nationale, de Chaudière-Appalaches et de l'Outaouais continue d’inquiéter le gouvernement. Mais l'Outaouais reste la région qui inquiète le plus, selon le premier ministre.

Horacio Arruda, François Legault et Christian Dubé en conférence de presse (archives).

Le gouvernement du Québec reste inquiet de la situation sanitaire en Outaouais (archives).

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Car malgré des chiffres encourageants ces derniers jours, la région reste dans une situation délicate. Lundi, les autorités de santé publique s'inquiétaient du fait que la faible croissance des cas s’explique davantage par une baisse du nombre de dépistages que par un réel recul de la COVID-19 en Outaouais.

Le premier ministre a donc annoncé que les mesures spéciales d’urgence sont donc une nouvelle fois prolongées d'une semaine.

Au départ, seules la Ville de Gatineau et la MRC des Collines-de-l’Outaouais devaient être soumises à cette pause, qui ne devait durer que jusqu’au 12 avril. Par deux autres fois, le gouvernement l'avait prolongée, étendant les mesures spéciales d'urgence même à tout l’Outaouais.

La prochaine échéance est désormais fixée au dimanche 9 mai inclus.

Selon le ministre responsable de l'Outaouais, Mathieu Lacombe, la région devra retrouver une marge de manœuvre, notamment dans ses hôpitaux, avant de penser à lever les mesures.

La marge de manœuvre, ça peut vouloir dire [...] que s’il y a une amélioration notable dans nos hôpitaux et qu’il y a davantage de lits disponibles et que [la situation] s’est améliorée, on pourra revenir à une situation, j’allais dire plus normale, ou en tout cas, avec des mesures allégées, a commenté M. Lacombe au micro de l’émission Sur le Vif, mardi. 

Fatiguée d’être dans l'inconnu

Cela signifie que, jusqu’à cette date, le couvre-feu est maintenu de 20 h à 5 h du matin, mais aussi que les élèves des écoles primaires et secondaires poursuivront leur apprentissage en mode virtuel pour au moins une semaine de plus.

Pour Annie Goudreault, membre du comité de parents au sein du Centre de services scolaire des Draveurs (CSSD), en Outaouais, plus difficile encore que la fermeture des classes, c’est de rester dans l’inconnu semaine après semaine.

Une femme accorde une entrevue via visioconférence.

Annie Goudreault est membre du comité de parents au sein du Centre de services scolaire des Draveurs, en Outaouais.

Photo : Radio-Canada

Ce n’est pas une surprise, mais j’avoue que ce qui est le plus décevant, le plus dérangeant, ce n’est pas qu’on reste fermé. C’est le fait qu’on se le fasse annoncer une semaine à la fois. De ce que je vois autour de moi, c’est cela qui cause le plus de problèmes au niveau psychologique. Ça, c’est difficile, dit-elle.

Pour illustrer ses propos, Mme Goudreault cite en exemple la fille d’une bonne amie qui est grandement affectée par la situation.

Chaque mardi, elle attend le point de presse [du premier ministre François Legault] avec beaucoup d’anticipation, puis c’est comme un coup de poing chaque fois qu’on se fait annoncer une semaine de plus. Chaque mardi, ça lui prend un gros 24 heures pour ramasser sa fille. Si on annonçait [une décision] pour deux ou trois semaines, on se ferait à l’idée, raconte Mme Goudreault.

J’aimerais mieux qu'on annonce une fermeture. Ce serait fini, ce serait clair. Les parents pourraient s’organiser en conséquence, au lieu de toujours s’organiser à la dernière minute.

Une citation de :Annie Goudreault, membre du comité de parents au sein du CSSD

Le premier ministre Legault a assuré être conscient de la situation difficile vécue par les élèves et leurs parents, assurant que le retour en classe est une de ses priorités.

On va y aller par étape. Dès qu’on peut laisser les élèves avoir la meilleure approche pédagogique, on le fait, a acquiescé le directeur national de santé publique, Dr Horacio Arruda.

Le gouvernement a d'ailleurs annoncé, mardi, la réouverture des écoles préscolaires et primaires situées dans la Communauté métropolitaine de Québec et pour certaines de la région de la Chaudière-Appalaches dès le 3 mai.

Injustice envers l’industrie, dit une propriétaire de salon de coiffure

Autres mesures d'urgence qui sont donc prolongées, les cinémas, les salles de spectacles et les musées, ainsi que des commerces jugés non essentiels, restent fermés. Les restaurants, pour leur part, sont toujours limités à la livraison et à la vente à emporter, et les commerces qui restent ouverts ne peuvent vendre que des produits essentiels.

Il faut vraiment que [les assouplissements] se fassent graduellement, surtout quand on voit ce qui se passe ailleurs, a insisté le premier ministre.

Mais cette explication ne satisfait pas Dominique Brisebois, propriétaire du salon de coiffure Atmosp'hair dans le secteur du plateau, à Gatineau.

Selon elle, les commerces comme le sien ne représentent pas un lieu de transmission de la COVID-19 et sont injustement pénalisés par les mesures sanitaires imposées.

Une femme accorde une entrevue via visioconférence.

Dominique Brisebois est propriétaire du salon de coiffure Atmosp'hair dans le secteur du plateau, à Gatineau.

Photo : Radio-Canada

Honnêtement, je trouve que la prolongation de la fermeture des salons de coiffure est complètement injustifiée. Je dirais même que ça commence à être un préjudice envers notre domaine au complet. Depuis juin 2020, on travaille avec le protocole et il n’y a eu aucune éclosion, ni au Québec ni au Canada. Je ne comprends pas pourquoi on est encore fermés, s'interroge-t-elle.

Redémarrer la machine, dit-elle, quand un commerce comme le sien a fermé, demande beaucoup d’ajustements.

Ce qui est le plus difficile, c’est que ça prend d’un mois et demi à deux mois à se réajuster pour avoir un horaire normal. Le premier mois de réouverture, c’est souvent un mois super occupé. C’est fatigant physiquement et mentalement, explique Mme Brisebois.

À noter également que selon les mesures en place, la limite dans les lieux de culte est réduite à 25 personnes et les activités extérieures de sport ou de loisirs ne sont permises qu’avec les personnes résidant à la même adresse ou par groupe de huit personnes respectant la distanciation.

On va commencer l’été 2021 en bien meilleure position que l’été 2020 à cause de la vaccination. Quand même, il y a lieu d’être optimiste.

Une citation de :François Legault, premier ministre du Québec

On est en train de gagner la bataille contre la troisième vague. On a les trois conditions gagnantes qui sont réunies : d’abord, la chaleur, on sait que le virus n'aime pas la chaleur [...], on arrive aussi à la fin de l'année scolaire [...], puis la vaccination va bien, a toutefois tenté de rassurer le premier ministre, ajoutant avoir bon espoir que la vaccination de 75 % des personnes éligibles au Québec sera complétée d'ici le 24 juin.

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