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Congés de maladie : Ottawa rejette l'offre de l'Ontario

Le premier ministre Justin Trudeau en compagnie de Doug Ford.

Le gouvernement Trudeau rejette la proposition de l'Ontario de simplement bonifier le programme fédéral de prestations de maladie.

Photo : Radio-Canada / Ezra Belotte-Cousineau

Radio-Canada

Le fédéral dit non à l'offre du gouvernement Ford de bonifier son programme de prestations de maladie, invitant plutôt l'Ontario à s'assurer que tous les travailleurs aient droit à des congés de maladie payés pendant la pandémie.

Dans une lettre datée du 22 avril envoyée par le ministre ontarien des Finances, Peter Bethlenfalvy, à son homologue fédérale, Chrystia Freeland, M. Bethlenfalvy disait que l'Ontario était prêt à verser une somme équivalente à celle déjà offerte par Ottawa par l'entremise du programme de Prestation canadienne de maladie pour la relance économique.

Ainsi, chaque travailleur admissible aurait touché 1000 $ par semaine au total.

L'attachée de presse de la ministre Freeland, Katherine Cuplinskas, rétorque toutefois que le programme fédéral n'est pas un substitut à des congés de maladie rémunérés.

« Lorsque l'Ontario sera prêt à mettre en place des congés de maladie pour les entreprises sous réglementation provinciale, comme nous l'avons fait pour les entreprises réglementées par le fédéral, nous serons là pour les aider. »

— Une citation de  Katherine Cuplinskas, attachée de presse de la ministre des Finances Chrystia Freeland

Le ministre ontarien du Travail, Monte McNaughton, se dit néanmoins « encouragé » par la réponse de la ministre Freeland et est prêt à continuer à collaborer avec le fédéral, dit-il.

Pour le gouvernement Ford, un programme fédéral bonifié est la façon la plus rapide d'aider les travailleurs. La province ajoute que si elle créait son propre supplément de maladie, les travailleurs ontariens ne seraient plus admissibles aux prestations fédérales.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau assure, de son côté, que la ministre Freeland suit le dossier et que son gouvernement est prêt à aider. Toutefois, pour lui, les congés de maladie doivent passer par les employeurs.

Une opposition de longue date

Après avoir pris le pouvoir en 2018, Doug Ford avait annulé la réforme du précédent gouvernement libéral qui obligeait les employeurs à offrir au moins deux congés de maladie payés par année à leurs employés, affirmant qu'une telle obligation minait la création d'emplois.

Depuis le début de la pandémie, il a rejeté les appels de l'opposition, de syndicats, d'experts et même des chefs de la santé publique de Toronto et de la région de Peel à instaurer un régime de congés de maladie payés pour tous les travailleurs, afin qu'ils restent à la maison s'ils ont des symptômes de la COVID-19 ou s'ils attendent les résultats d'un test de dépistage.

Aussi récemment qu'au début avril, M. Ford accusait ses critiques de jouer à des jeux politiques et assurait que le gouvernement fédéral a déjà un programme pour aider ces travailleurs, soit la Prestation canadienne de maladie pour la relance économique (Nouvelle fenêtre).

Puis, le gouvernement Ford s'est dit déçu qu'Ottawa n'ait pas bonifié son programme dans son dernier budget. Le premier ministre Ford a finalement fait volte-face la semaine dernière, promettant des congés de maladie payés pour tous, mais sans donner de détails.

Mardi matin, le gouvernement Ford a confirmé qu'il était prêt à verser un supplément hebdomadaire de 500 $ par travailleur admissible au programme fédéral, dévoilant à l'appui la lettre du ministre Bethlenfalvy à son homologue à Ottawa.

La prestation fédérale est offerte durant un maximum de quatre semaines (consécutives ou pas) et elle est imposable (450 $ après les retenues d'impôt).

Par ailleurs, pour être admissible, un travailleur doit répondre à certains critères, y compris l'incapacité de travailler pendant au moins 50 % de la semaine pour se mettre en isolement. Les travailleurs ont jusqu'à 60 jours pour faire une demande après s'être absentés du travail.

Doug Ford critiqué

Selon des critiques, le programme fédéral n'est pas assez flexible, sans parler des délais de traitement des demandes.

La chef de l'opposition néo-démocrate en Ontario, Andrea Horwath, affirme que la prestation fédérale n'est pas un véritable programme de congés de maladie payés et accuse Doug Ford de jouer à des jeux politiques.

« Les travailleurs essentiels continuent à attendre les congés de maladie payés que Doug Ford leur avait finalement promis la semaine dernière. Avec chaque jour qui passe, il y a plus de souffrances, d'infections et de familles déchirées par la COVID-19. »

— Une citation de  Andrea Horwath, chef du NPD

Le chef du Parti vert, Mike Schreiner, accuse Doug Ford d'être « têtu », ce qui « coûte des vies ». Il réclame 10 congés de maladie payés par travailleur.

« [Doug] Ford ne comprend pas la situation à laquelle les travailleurs font face chaque jour, soit de choisir entre leur santé ou payer l'épicerie. »

— Une citation de  Mike Schreiner, chef des verts

Le député libéral John Fraser affirme lui aussi que le chef progressiste-conservateur manque d'empathie à l'endroit des travailleurs.

La bisbille sur la question de qui, des employeurs, du fédéral ou des provinces, devrait payer pour les congés de maladie n'aide pas à limiter la propagation de la COVID-19, note la professeure en gestion Nita Chhinzer de l'Université de Guelph.

Ce théâtre politique ne fait pas avancer les choses, dit-elle.

Avec des renseignements fournis par Natasha MacDonald-Dupuis et CBC News

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