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L'UE adopte une stratégie pour le retour volontaire des migrants dans leurs pays

Des migrants africains sont assis sur le pont du bateau.

Des migrants attendent de débarquer d'un bateau des garde-côtes espagnols dans le port d'Arguineguin, dans la partie sud de l'île de la Grande Canarie.

Photo : Reuters / Borja Suarez

Agence France-Presse

La Commission européenne a présenté mardi une stratégie qui vise à accroître les « retours volontaires » vers leur pays d'origine des migrants n'ayant pas été autorisés à rester dans l'Union européenne (UE), et confère à l'agence de garde-frontières Frontex un rôle accru dans ce domaine.

Ces mesures entrent en vigueur dans le cadre du nouveau pacte sur la migration et l'asile, tentative de l'exécutif européen de réformer le système actuel six ans après la crise migratoire de 2015.

Ces retours volontaires, qui s'accompagnent d'une aide financière, sont toujours la meilleure option, a déclaré la commissaire européenne aux Affaires intérieures Ylva Johansson dans un communiqué, estimant qu'ils étaient plus efficaces et moins coûteux que les retours forcés.

Seulement environ un tiers des personnes n'ayant pas le droit de rester dans l'UE retournent dans leur pays d'origine, et parmi ces dernières, moins de 30 % le font volontairement, a précisé la commissaire suédoise.

Selon des chiffres cités par la Commission, un retour forcé, qui implique notamment une détention et une escorte pour la personne renvoyée, coûte 3414 euros (5120 $), contre 560 euros (840 $) pour un retour volontaire.

L'agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes Frontex est appelée à jouer un rôle clé dans les nouvelles mesures. L'agence, qui a vu son mandat renforcé depuis 2019 et qui se dote progressivement d'un contingent permanent, a été récemment dans la tourmente après des accusations de refoulements illégaux de migrants en mer Égée.

La stratégie de la Commission prévoit que Frontex fournisse une aide opérationnelle aux États membres à tous les stades du processus de retour volontaire et de réintégration.

Elle prévoit aussi la nomination d'un coordinateur européen pour les retours, chargé de fournir une assistance technique aux pays de l'UE.

L'Union européenne veut aussi renforcer la coopération avec les pays d'origine et de transit des migrants.

En mars, Ylva Johansson s'était dite prête à faire dès cet été des propositions pour des restrictions en matière de visas à l'encontre des pays qui ne coopèrent pas suffisamment pour reprendre leurs ressortissants en situation irrégulière dans l'UE.

Mais si nous arrivons à faire suffisamment de progrès avec des pays qui coopèrent bien, nous sommes prêts aussi à faire des propositions pour des politiques de visas plus généreuses, avait-elle déclaré.

La Commission, qui a présenté son pacte migratoire en septembre dernier, cherche à réduire le nombre de migrants en situation irrégulière dans l'UE afin de favoriser un compromis pour une répartition plus équilibrée des demandeurs d'asile entre États.

Les discussions sont difficiles dans ce dossier entre les pays d'arrivée des migrants, qui réclament plus de solidarité de la part de leurs partenaires de l'UE, et les pays notamment de l'est du bloc, hostiles à l'accueil de ces demandeurs d'asile.

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