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Vidéotron perdra son président en juin, Pierre Karl Péladeau prendra le relais

Pierre Karl Péladeau et Jean-François Pruneau se serrent la main devant une affiche de Vidéotron.

Pierre Karl Péladeau, président de Québecor, et Jean-François Pruneau, président de Vidéotron.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

La Presse canadienne

Au moment où d'importantes décisions attendent Vidéotron dans le secteur de la téléphonie mobile, la locomotive de Québecor perd son conducteur, qui sera remplacé par Pierre Karl Péladeau, grand patron du conglomérat québécois – ce qui a été accueilli tièdement par les investisseurs et certains analystes.

Nommé président de Vidéotron il y a un peu plus de deux ans, Jean-François Pruneau tirera sa révérence de la vie professionnelle le 4 juin pour se consacrer à des projets d'investissement personnel au terme d'une carrière qui s'est échelonnée sur deux décennies au sein du conglomérat.

Ce troisième changement en sept ans à survenir à la tête de Vidéotron a pesé sur le titre de catégorie B de Québecor, mardi, à la Bourse de Toronto, qui a retraité de 5,2 %, ou 1,85 $, pour clôturer à 33,55 $.

Le conglomérat n'a pas voulu offrir plus de détails que les informations figurant dans le communiqué de quatre paragraphes diffusé pour annoncer les changements et dans lequel MM. Péladeau et Pruneau s'échangent des remerciements.

Dans une note envoyée par courriel, Drew McReynolds, de RBC Marchés des capitaux, a qualifié l'annonce de surprise négative, notamment parce que l'arrivée de M. Pruneau, 51 ans, à la tête de Vidéotron était relativement récente. Nous croyons que le bilan de Jean-François Pruneau est très respecté chez les investisseurs, a écrit l'analyste. Il était un point de contact clé au sein de l'entreprise depuis plus d'une décennie.

Il s'agit du deuxième changement d'envergure à être annoncé en quelques semaines au sein de la haute direction de Québecor. Depuis le 14 avril dernier, la présidente et chef de la direction de Groupe TVA et chef du contenu de Québecor Contenu, France Lauzière, est en pause professionnelle qui pourrait s'échelonner sur six mois. Elle est remplacée par M. Péladeau – l'actionnaire de contrôle du conglomérat – de manière intérimaire.

Adam Shine, de la Financière Banque Nationale, s'est montré plus optimiste que ses collègues, rappelant, dans un rapport, que le recul du titre de Québecor constituait une réaction habituelle de la part des investisseurs lorsqu'un changement est annoncé.

La société continue à livrer la marchandise, a indiqué l'analyste. Cela constitue toujours une bonne occasion d'achat, l'action ayant tendance à se redresser rapidement.

Un gros morceau

Au cours de l'exercice terminé le 31 décembre, Vidéotron, qui chapeaute les activités de télécommunications de l'entreprise, a généré environ 84 % des revenus totaux de Québecor, également propriétaire d'une division médiatique ainsi que d'un secteur dédié au sport et divertissement. Elle a également généré 95 % du bénéfice d'exploitation ajusté de 1,95 milliard de dollars l'an dernier.

Vidéotron a toujours eu un président distinct, mais cela ne sera désormais plus le cas.

Le départ de [Jean-François] survient alors que Québecor est sur le point de prendre une décision stratégique importante entourant l'expansion de ses activités de téléphonie mobile à l'extérieur du Québec et, le cas échéant, comment elle exécutera sa stratégie à la lumière des potentielles cessions de Rogers dans le cadre [de son projet] d'acquérir Shaw, a observé Jeff Fan, de la Banque Scotia, dans un rapport où il écrit avoir des sentiments partagés par rapport à la nouvelle.

La principale filiale de Québecor doit participer, le mois prochain, à la vente aux enchères du spectre sans fil qui sera essentiel à l'avenir des services du réseau de cinquième génération (5G).

De plus, M. Péladeau a récemment signalé que le conglomérat pourrait être intéressé à mettre la main sur Freedom Mobile, qui appartient à Shaw, afin d'élargir ses activités à l'extérieur du Québec dans le secteur du sans-fil. Certains analystes s'attendent à ce que Rogers accepte de céder Freedom Mobile – le quatrième concurrent dans la téléphonie mobile dans certains marchés à l'extérieur du Québec – pour convaincre les autorités réglementaires d'accepter son projet de regroupement avec Shaw.

Finalement, le 15 avril dernier, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a obligé les géants BCE, Rogers et Telus à ouvrir leurs réseaux à des joueurs régionaux qui sont propriétaires de licences locales. Cette décision pourrait permettre à Vidéotron d'avoir accès à des réseaux situés à l'extérieur de la province.

Nous ne pensons pas que cette nouvelle [du départ de M. Pruneau] aura un impact sur la décision finale, a écrit M. Fan. Les investisseurs doivent [se souvenir] que M. Péladeau est l'actionnaire de contrôle et qu'il a supervisé toutes les décisions stratégiques d'envergure au fil des années.

Une impasse à dénouer

Le départ de M. Pruneau survient également au moment où Vidéotron et quelque 3000 de ses employés représentés par le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), affilié à la FTQ, sont en conciliation pour tenter de renouveler un contrat de travail échu depuis décembre 2018.

Ces employés travaillent dans les centres d'appel, à la perception, à l'ingénierie, ou sont des techniciens, et les principaux points en litige portent sur le recours à la sous-traitance, la protection des emplois, puis les assurances collectives et les salaires.

Nous allons continuer à donner une chance au processus, a expliqué le président du syndicat des employés de Vidéotron, Nick Mingione, au bout du fil. Avec l'arrivée de M. Péladeau, on pense que cela peut donner un deuxième souffle. Un conflit, ce n'est jamais bon pour personne.

Il a ajouté que, pour le moment, le passé de M. Péladeau en matière de relation de travail ne signalait pas une dégradation à venir des pourparlers.

Au cours de l'exercice 2020, M. Pruneau avait eu droit à une rémunération globale de 1,9 million de dollars, un traitement qui tenait compte d'un salaire de base de 780 000 $ et d'une prime annuelle de 621 000 $. Son traitement a été supérieur à celui de M. Péladeau, qui a atteint environ 1 million de dollars.

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