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La hausse des cas de COVID-19 dans les écoles inquiète des parents et des enseignants

Une professeure parle à son élève. Toutes les deux portent un masque.

Au moins cinq écoles du Manitoba sont passés à l'enseignement à distance la semaine dernière pour prévenir la propagation de la COVID-19.

Photo : iStock

Radio-Canada

Alors que parents et les enseignants sont inquiets en raison de la pandémie, le passage à l’enseignement à distance pour au moins cinq écoles du Manitoba aux prises avec des cas de COVID-19 en pousse plusieurs à se demander si la province devrait envisager un retour à la classe virtuelle pour tous les élèves.

Questionné à de nombreuses reprises à ce sujet en conférence de presse lundi, le médecin hygiéniste en chef, Brent Roussin, a répondu qu’il n’y avait pas de propagation significative de la COVID-19 dans les écoles.

La transmission ne se produit pas dans les écoles. Elle se produit dans les rassemblements hors de l’école, comme les fêtes dans les maisons ou les soirées pyjama, a répété le Dr Roussin.

Nous insistons vraiment auprès des parents pour leur faire comprendre que, si nous voulons garder les enfants à l’école, nous devons limiter les rassemblements à l’extérieur de l’école.

Le Dr Roussin est assis à une table et parle dans un micro.

Le Dr Brent Roussin a affirmé lundi que le traçage des cas montrait que la transmission de la COVID-19 chez les enfants se produisait lors de rassemblements à l'extérieur de l'école. Les autorités sanitaires espèrent maintenir les écoles ouvertes aux élèves. (archives)

Photo : La Presse canadienne / David Lipnowski

Cette réponse est frustrante pour Sarah Carroll, dont le fils de 9 ans a reçu un résultat positif à un test de dépistage du SRAS-CoV-2, à l'origine de la COVID-19, cette semaine, et fréquente l’École Marie-Anne-Gaboury, où plusieurs cas ont été confirmés chez les élèves et les membres du personnel.

Nous suivons tous les protocoles et toutes les lois, mais mon enfant est quand même tombé malade, dit-elle, en avouant se sentir abandonnée par le gouvernement.

Bien que l’enseignement à distance puisse perturber l’organisation familiale, Sarah Carroll croit qu’il est temps pour la province de l’envisager.

Pourquoi ne pas être proactif cette fois au lieu de risquer la sécurité des enfants, et encore plus celle des enseignants, car que pourrons-nous faire sans eux, à distance ou pas?, demande-t-elle.

Le point sur la transmission dans les écoles

Les recherches récentes dans d’autres juridictions ayant montré que les écoles peuvent être un lieu de propagation de la COVID-19, il est peu probable que le Manitoba y échappe, affirme Anand Kumar, spécialiste des maladies infectieuses et médecin aux soins intensifs.

On ne devrait pas non plus croire que les jeunes et les enfants sont à l’abri de symptômes graves de la COVID-19, selon lui.

Il est juste de dire que les enfants sont moins sujets à une maladie grave. Mais les données récentes suggèrent, d’une part, qu’ils attrapent la COVID-19, et que, d’autre part, ils sont un vecteur de transmission dans la communauté, ajoute-t-il.

De son côté, l’épidémiologiste Cynthia Carr ne croit pas que l’enseignement en classe conduise à plus de cas de COVID-19, mais dit que l’école n’évolue pas en vase clos.

Les écoles sont dans les communautés [...]. Donc, plus la transmission communautaire grimpe, plus il y a de risques de voir des cas dans les écoles, explique-t-elle.

Inquiétude chez les enseignants

À la Manitoba Teachers’ Society (MTS), le syndicat des enseignants, le président, James Bedford, indique que ses membres s’inquiètent de la hausse des cas chez les 10 à 19 ans.

Ce mois-ci, un porte-parole de la province a affirmé que les cas dans cette tranche d’âge constituaient 12,08 % des infections avant le début du mois de mars. Entre le 1er mars et le 11 avril, ils constituaient 16,6 % des cas identifiés, ce qui représente une augmentation de 37 %.

Les enseignants travaillent avec un grand nombre de ces élèves de façon régulière, rappelle James Bedford.

Néanmoins, il préférerait voir la province en faire davantage pour préserver la santé des enseignants plutôt que de passer à l’enseignement à distance. Selon lui, la vaccination plus rapide des enseignants serait à cet égard une mesure proactive pour pouvoir maintenir les écoles ouvertes jusqu’à la fin de l’année.

Le directeur général de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM), Alain Laberge, dit être sur le qui-vive en raison notamment des défis énormes que représente l’isolement des enseignants lorsque cela est nécessaire.

On n’a pas le personnel requis, ça finit par avoir un impact sur l’éducation de nos élèves, explique-t-il en entrevue à l’émission Le 6 à 9.

Lui aussi insiste sur la vaccination. La DSFM a demandé il y a déjà fort longtemps que tout le personnel puisse être vacciné, justement pour ne pas mettre les gens à risque, affirme-t-il.

Avec des informations de Sarah Petz et Patricia Bitu Tshikudi

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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