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Pandémie et santé mentale des jeunes : des pédiatres d'Ottawa sonnent l’alarme

Gros plan sur une balançoire inutilisée.

Le Réseau des pédiatres communautaires d’Ottawa recommande aux parents d'amener leurs enfants au parc.

Photo : CBC/John Robertson

Radio-Canada

Devant une hausse marquée des problèmes de santé mentale, de troubles alimentaires et de dépression chez les jeunes, un groupe de pédiatres d’Ottawa sonne l’alarme, en attribuant aussi la situation à la pandémie de COVID-19.

La Dre Jane Liddle dit n’avoir jamais vu un tel nombre d’enfants souffrant de ces problèmes. Le Réseau des pédiatres communautaires d’Ottawa, dont elle fait partie avec environ 70 collègues, craint d’ailleurs que ces séquelles psychologiques laissent des traces chez ces enfants et ces adolescents une fois que la pandémie sera chose du passé.

De son côté, le chef du service de pédiatrie de l'Hôpital Queensway Carleton, à Ottawa, le Dr Andrzej Rochowski, a fait le même constat que sa collègue. Il est lui aussi préoccupé par la situation, notamment par des symptômes de dépression chez des enfants âgés de 5 ou 6 ans, de même que par des changements de comportement mettant en lumière les difficultés d’adaptation de certains enfants.

J’ai constaté un doublement, voire un triplement des crises de colère, de l’anxiété, des terreurs nocturnes, des cauchemars [et] des enfants qui se comportent comme s’ils souffraient presque d’un syndrome de stress post-traumatique.

Une citation de :Le Dr Andrzej Rochowski, chef du service de pédiatrie de l'Hôpital Queensway Carleton
Photo d'un médecin, au regard fixe, portant son stéthoscope autour de son cou.

Certains enfants « ont véritablement perdu la motivation d’apprendre et de réussir », déplore le Dr Rochowski.

Photo : fournie par le Dr Andrej Rochowski

Le Réseau des pédiatres communautaires estime que les fermetures répétées des écoles, couplées à l’apprentissage en ligne prolongé et au manque de socialisation et d’activités physiques ont fait des ravages sur les jeunes au cours de la dernière année. Récemment, l’inquiétude de contracter le coronavirus s’est ajoutée, en comparaison avec le début de la pandémie alors que la maladie ne devait pas affliger les plus jeunes.

Certains enfants ont véritablement perdu la motivation d’apprendre et de réussir, déplore le Dr Rochowski.

Détresse similaire en Outaouais

La situation n’est pas différente en Outaouais, où Dre Anne-Marie Bureau, directrice clinique du Centre de pédiatrie sociale de Gatineau a, elle aussi remarqué une détresse chez les jeunes qu’elle suit.

Une femme accorde une entrevue par visioconférence.

Dre Anne-Marie Bureau est directrice clinique au Centre de pédiatrie sociale de Gatineau, en Outaouais.

Photo : Radio-Canada

Ils ne vont pas bien. Je dirais qu’il y a une majorité de nos jeunes qui sont en situation de grande anxiété, on voit des dépressions [...] on a beaucoup d’adolescents avec des idées suicidaires, ça va jusque là, et de l’automutilation. Beaucoup..., témoigne la Dre Bureau.

J’ai l’impression d’être prise dans un cercle vicieux où nos enfants, nos ados, vont de moins en moins bien.

Une citation de :Anne-Marie Bureau, directrice clinique du Centre de pédiatrie sociale de Gatineau.

La Dre Bureau constate aussi que la situation s’est exacerbée depuis la récente fermeture des écoles.

Parce que contrairement à la première et à la deuxième vague, c’est comme si les exigences au niveau scolaire sont plus élevées, pour les enfants, mais aussi pour les parents, remarque-t-elle.

Selon la directrice clinique du Centre de pédiatrie sociale de Gatineau, plus la pandémie perdure, plus les dommages s'accumulent.

Après la première vague, je me disais c’est correct, ça va rentrer dans l’ordre. [...] Mais là, ce qu’on voit, ce sont des troubles de santé mentale qui sont beaucoup plus sévères qui requièrent beaucoup plus qu’un accompagnement dans un organisme de proximité. Ils requièrent maintenant de la thérapie et je ne suis pas certaine qu’on a toutes les ressources dont on a besoin, s’inquiète Dre Bureau.

La directrice clinique craint que ce soit les familles dans le besoin qui payent le prix fort de cette crise.

En pédiatrie sociale, on travaille avec les familles qui sont les moins bien munies de notre communauté et cette pandémie-là a vraiment accentué les inégalités sociales, dit-elle. Les dépenses ont augmenté, parce qu'il n’y a plus de petits-déjeuners à l’école, cite-t-elle en exemple.

Que faire pour remédier à cela?

Le Réseau des pédiatres communautaires d’Ottawa recommande aux parents d’organiser des activités dans les parcs et les terrains de jeu pour leurs enfants, à condition que ceux-ci respectent la distanciation physique et le port du masque.

Les pédiatres ont également hâte que les enfants puissent se faire vacciner contre la COVID-19.

Égoportrait de la Dre Jane Liddle.

La Dre Jane Liddle est l'une des pédiatres qui a remarqué une hausse de divers problèmes chez les jeunes.

Photo : fournie par Dre Jane Liddle

Ils souhaitent également que des programmes de santé mentale soient mis en place pour aider les jeunes lorsqu’ils auront le feu vert pour retourner sur les bancs d’école à temps plein, pour les soutenir et pour les aider à guérir et à traverser les épreuves, conclut la Dre Jane Liddle.

Avec les informations de Sandra Abma et Catherine Morasse

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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