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Grève au port de Montréal : l’employeur nie avoir quitté la table de négociation

Quelques travailleurs portent des pancartes où sont inscrits des slogans.

Les employés du port de Montréal font du piquetage.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Radio-Canada

Alors que le Syndicat des débardeurs du port de Montréal (SCFP 375) disait mardi soir que l’Association des employeurs maritimes (AEM) avait « quitté la table de négociation », l'employeur nie cette affirmation mercredi.

L’Association des employeurs maritimes a quitté la table de négociation à 18 h, alors que les parties étaient en pleins travaux, avait annoncé le syndicat dans un communiqué.

L'AEM n'a pas réfuté l'information mardi soir, affirmant dans un courriel à Radio-Canada que : l’Association des employeurs maritimes (AEM) a suivi le processus et s’est présentée à la rencontre tenue par les médiateurs lundi et aujourd’hui. Malheureusement, les discussions n’ont pas porté fruit et nous évaluons nos options.

L'AEM a cependant clarifié sa position mercredi en affirmant qu'elle n'avait pas quitté la table de négociation.

Mardi, le syndicat des débardeurs avait dénoncé l'attitude patronale.

Ce n'est qu'une preuve de plus que l'employeur mise sur le dépôt d'une loi spéciale et non sur la négociation pour clore le dossier, avait déploré Michel Murray, conseiller syndical et négociateur pour le SCFP 375.

Le syndicat disait aussi estimer que le gouvernement fédéral joue le jeu de l'employeur en légiférant un retour au travail et en brimant les droits des salariés de négocier collectivement et de faire la grève.

Le projet de loi spéciale déposé aux Communes

Le gouvernement Trudeau a déposé, mardi matin, le projet de loi C-29 pour mettre un terme à la grève des débardeurs du port de Montréal. Cette loi spéciale doit permettre la reprise des activités dès son entrée en vigueur, en plus d’imposer la médiation aux deux parties.

La loi spéciale confère notamment au médiateur-arbitre le pouvoir d’imposer l’arbitrage comme mode de règlement des questions que la médiation n’aura pas permis de régler.

Le scénario espéré d’une adoption accélérée avec l’appui des partis d’opposition a peu de chance de se concrétiser, les néo-démocrates ayant plusieurs fois répété qu’ils n’appuyaient pas le recours à une loi spéciale. Même son de cloche du côté du Bloc québécois, dont le chef, Yves-François Blanchet, a estimé que la loi spéciale n’est pas une solution, mais bien une preuve d’incompétence.

Le gouvernement pourrait toutefois imposer un bâillon, dès mercredi, pour limiter la durée des débats en vue de les conclure jeudi. Il serait alors envisageable que la loi spéciale entre en vigueur dès la fin de semaine, après avoir obtenu l’approbation du Sénat et la sanction royale.

Des listes de candidats au rôle de médiateur-arbitre pourront être proposées par l'employeur et le syndicat avant l'entrée en vigueur de la loi spéciale. Si les deux listes ne comportent aucun nom en commun, la ministre fédérale du Travail, Filomena Tassi, nommera un médiateur de son choix.

Le médiateur choisi aura ensuite 90 jours pour régler les litiges et pour parvenir à un consensus ou à un compromis. Si le différend perdure, le médiateur pourra trancher entre les propositions finales des deux parties ou alors imposer une décision arbitrale après les avoir entendues. Le ministère du Travail s'autorise à accroître ce délai au besoin.

Le gouvernement invoque un préjudice important

La ministre fédérale du Travail, Filomena Tassi.

La ministre fédérale du Travail, Filomena Tassi.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

La ministre Tassi assure que l’intervention de son gouvernement est aussi impartiale que nécessaire vu la durée du conflit de travail et le peu de progrès réalisé à la table de négociation depuis l'échéance de la convention collective des débardeurs, en 2018.

Lorsqu’il n’existe aucune indication que les deux parties parviendront à s’entendre, que tous les autres efforts ont été épuisés et qu’un arrêt de travail cause un grave préjudice économique aux Canadiens, le gouvernement doit agir, a-t-elle expliqué dans une déclaration écrite.

La grève n’est pas une option, croit la ministre, car l’arrêt de travail actuel au port cause un préjudice important et potentiellement durable à l’économie canadienne et à la réputation du Canada en tant que partenaire d’échange fiable.

Quant à la Ville de Montréal, elle a invité les élus fédéraux à approuver rapidement le projet de loi C-29. Nous appuyons un retour au travail rapide accompagné de la poursuite des négociations entre les parties, a indiqué l'administration de la mairesse Valérie Plante par voie de communiqué.

La Ville de Montréal souhaite que soit préservée la chaîne d'approvisionnement pour laquelle le port joue un rôle central, particulièrement pendant la pandémie, alors que nous préparons la relance de notre économie et que des équipements médicaux transitent par le port.

Une citation de :Communiqué de la Ville de Montréal

Une loi source de déséquilibre, dit le syndicat

Deux hommes et une femme portant des pancartes.

Des débardeurs du port de Montréal portant des pancartes

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

Le syndicat qui représente les travailleurs estime toutefois qu’aucune négociation juste et menée de bonne foi ne peut se dérouler sous la menace d’une loi de retour au travail qui déséquilibre complètement les rapports entre les parties.

Aux dires du SCFP, le désir de ses membres de faire la grève est le fruit de deux moyens de pression de la part de la partie patronale : un avis de lock-out, envoyé le 10 avril, cessant d’appliquer le régime de sécurité d’emploi prévu à la convention collective et une modification aux conditions de travail, annoncée le 22 avril et entrée en vigueur le 26 avril, changeant les horaires des débardeurs, qui aurait mis de l'huile sur le feu.

Le syndicat réaffirme son intention, déjà évoquée ces derniers jours, de renoncer à la grève si l’employeur retire ces deux mesures économiques contre les débardeurs et demande aux élus de ne pas adopter la loi spéciale.

Les débardeurs du port de Montréal sont conséquemment en grève depuis lundi.

Les 1100 membres du Syndicat des débardeurs SCFP de la section locale 375 ont cessé la manutention des marchandises et l'amarrage des navires au port de Montréal et au terminal Contrecœur, en aval sur la Rive-Sud.

En revanche, le terminal céréalier, le service Oceanex et la manutention du vrac liquide sont les seuls secteurs à poursuivre leurs activités, en vertu de dispositions du Code canadien du travail.

Outre les horaires de travail, le SCFP espère des avancées sur les fronts du droit à la déconnexion, de la sécurité d'emploi pour les jeunes travailleurs et du code de discipline qui devrait, selon lui, faire l'objet d'une refonte.

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