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Recensement américain : un poids électoral accru pour des États républicains du Sud

Le Capitole de Washington vu de l'extérieur sous un ciel gris.

Certains États verront leur représentation au Congrès changer après ce recensement.

Photo : Associated Press / Patrick Semansky

La publication des nouvelles données du recensement, lundi, réservait une bonne nouvelle aux républicains : l'évolution démographique des États-Unis permettra à certains de leurs bastions du Sud d'obtenir plus de sièges au Congrès et, au passage, quelques grands électeurs supplémentaires.

Avec une augmentation de 7,4 % depuis 2010, les États-Unis comptent désormais 331,5 millions de personnes, a indiqué le Bureau du recensement (US Census Bureau), d'après le dernier recensement décennal, réalisé l'an dernier.

Au cours de la dernière décennie, la population américaine a connu sa deuxième plus petite hausse depuis le début des recensements, en 1790. Ce ralentissement démographique, le plus important après celui entre 1930 et 1940, s'explique par une baisse de la natalité et une immigration moins forte.

Les données démographiques des États, dont les détails seront divulgués plus tard cette année, auront une incidence sur les centaines de milliards qu'octroie le gouvernement fédéral pour des domaines comme l'éducation, les hôpitaux et le logement.

L'administration Trump, qui voulait ajouter dans le formulaire de recensement une question sur la citoyenneté et ainsi exclure les immigrants irréguliers, avait dû reculer après un revers devant la Cour suprême.

Le portrait obtenu aura également une incidence sur le poids politique des États à Washington. Le pouvoir politique continuera ainsi de se déplacer vers le Sud pour la prochaine décennie. Ainsi, des États du Midwest et du Nord-Est qui ont historiquement soutenu les démocrates perdront des sièges.

Le nombre de représentants à la Chambre – 435 – reste fixe, mais sa répartition dans les États varie tous les 10 ans, en fonction du recensement. Le Collège électoral, lui, conserve ses 538 membres, un total correspondant aux 435 élus de la Chambre des représentants et aux 100 sénateurs, auxquels viennent s’ajouter les 3 grands électeurs du District de Columbia.

Six gagnants, sept perdants

Six États sortiront gagnants du nouveau découpage électoral qui découlera de ce plus récent recensement et sept y perdront, selon les grandes lignes rendues publiques.

Par conséquent, les États qui en bénéficieront auront une plus grande délégation à la Chambre des représentants et verront du même coup s'accroître leur nombre de grands électeurs, qui élisent le président. À l'inverse, les perdants verront leur poids diminuer.

Toutefois, le transfert de sièges sera moins important que prévu. Certaines évaluations prévoyaient que 10 sièges au total changeraient d'État.

Avec ses deux sièges supplémentaires et autant de grands électeurs, le Texas, qui n'a pas élu de candidat démocrate à la présidentielle depuis 1980, est l'État qui retirera le plus de l'exercice.

La Caroline du Nord, plus républicaine, et la Floride, qui l'est de plus en plus, gagneront pour leur part un représentant chacun ainsi qu'un grand électeur. L'Oregon et le Colorado, qui tendent davantage vers le Parti démocrate depuis les dernières années, ainsi que le Montana, qui connaît un mouvement politique inverse, sont dans la même situation. Le Montana n'avait jusqu'ici qu'un représentant, il en aura deux.

Les gains du Texas et de la Floride seront plus modestes que prévu. Selon certaines estimations, ils devaient tous deux obtenir un siège de plus que ce qu'ils obtiendront. Et l'Arizona a échoué à en gagner un, ce qui dénote un nombre d'Américains d'origine hispanique inférieur aux estimations, souligne l'analyste David Wasserman, du Cook Political Report.

La Californie – l'État le plus populeux et un bastion démocrate – encaissera un recul pour la première fois après avoir vu sa croissance démographique ralentir.

Autre État très populeux, New York, ainsi que d'autres États traditionnellement démocrates comme le Michigan, la Pennsylvanie et l'Illinois perdront pour leur part un siège et un grand électeur chacun.

Les autres perdants sont l'Ohio et la Virginiec-Occidentale, tous deux plus républicains.

Les observateurs s'attendaient en outre que l'Alabama, le Minnesota et le Rhode Island perdent eux aussi du terrain.

Fait à noter, New York n'était qu'à 89 résidents de conserver tous ses sièges.

Si la présidentielle de 2020 s'était déroulée selon cette nouvelle répartition, le président démocrate Joe Biden aurait une poignée de moins de grands électeurs, mais aurait tout de même remporté le Collège électoral haut la main.

Il aurait ainsi obtenu 303 grands électeurs au lieu de 306, et Donald Trump en aurait eu 235 au lieu de 232.

Autre avantage républicain pour l'horizon électoral 2022

Le prochain découpage de la carte électorale se fera en 2021, dans la foulée du recensement de 2020. La nouvelle carte sera ainsi utilisée pour la première fois aux élections de mi-mandat de 2022.

La redistribution des sièges jumelée au nouveau découpage pourrait aider les républicains, pour qui la reconquête de la Chambre est à portée de la main. Les démocrates y sont majoritaires, mais de justesse. Ils comptent 218 représentants contre 212 pour les républicains, avec 5 sièges vacants.

La carte du district 3 du Maryland ressemble à une succession de taches, sans logique géographique.

Les limites du district 3 du Maryland

Photo : Radio-Canada

Certains États confient le découpage des districts à des commissions, mais la majorité des États confient cette responsabilité à leurs législateurs et accordent au gouverneur un droit de veto.

Or, les républicains contrôleront le processus de découpage électoral des districts dans beaucoup plus d'États que les démocrates, en raison de leurs plus grands succès aux urnes dans les États lors des dernières élections.

Les études montrent que les républicains s’adonnent plus fréquemment que leurs rivaux à la manipulation des frontières des districts pour maximiser le nombre de circonscriptions qu'ils peuvent remporter, une pratique surnommée le gerrymandering.

Le troisième district du Maryland est un bon exemple de ce découpage pour le moins créatif.

Avec les informations de Washington Post, et New York Times

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