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Une épidémie de faux cas positifs de COVID-19 aux Îles-de-la-Madeleine

Un tube à essai avec un bouchon bleu et une étiquette sur laquelle est inscrit « COVID-19 ».

Un tube utilisé pour dépister la COVID-19.

Photo : Reuters / Denis Balibouse

Quatorze cas ont été recensés au cours de la dernière semaine dans le bilan régional des personnes infectées par le virus de la COVID-19. Le tiers de ces cas étaient au final de faux positifs. Le phénomène touche particulièrement l’archipel madelinot.

Au cours des deux dernières semaines, il n’y a eu aucune véritable infection au virus de la COVID-19 aux Îles, selon le Dr Yv Bonnier-Viger, directeur de santé publique de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

Honnêtement, il n’y en a pas eu de vrai depuis longtemps aux Îles, précise le médecin.

Pourtant, au cours de la dernière semaine, la santé publique rapportait un cas dimanche, deux jeudi dernier et un autre lundi, le 19 avril. Le bilan de la semaine précédente était aussi de quatre cas dans l'archipel. Tous de faux résultats.

Ces cas qui s'avèrent de faux positifs sont curieusement une bonne nouvelle puisqu'ils sont indirectement un indicateur de la faible circulation du virus aux Îles-de-la-Madeleine et dans certains endroits de la Gaspésie.

Des tests imparfaits

Ce phénomène de résultats de tests de dépistage qui sont de faux positifs n’est pas nouveau.

Tous les tests de dépistage ont leurs limites et ne sont pas parfaits, rappelle Dr Bonnier-Viger.

Parfois, des malades qui sont guéris sont toujours porteurs de particules virales plusieurs mois après leur guérison. Le résultat des tests ressort alors positif, mais ces personnes ne sont plus malades.

Les tests ont aussi des caractéristiques, dont leur sensibilité, c’est-à-dire leur capacité à détecter les cas positifs quand ils existent, et leur spécificité qui assure que ce sont bien des cas négatifs.

Pour le test de la COVID-19, la spécificité est plus importante que la sensibilité. Autrement dit, le test risque d’être plus exact (de 98,5 % à 99,9 %) quand le résultat s’avère négatif.

Un employé dans un laboratoire.

Un employé dans un laboratoire spécialisé dans le test d'acide nucléique sur la COVID-19.

Photo : Associated Press

En contrepartie, il y a toujours une probabilité que le test identifie comme un virus quelque chose qui n’en est pas un.

C’est un test où la prévalence de la maladie dans un groupe donné a donc une grande importance. Dans les groupes où le virus circule peu et où on teste beaucoup, les problèmes du test sont plus évidents, souligne le directeur de santé publique de la Gaspésie.

Il faut cependant que le dépistage soit offert à des populations avec une prévalence d’infection suffisante pour que le test que nous avons reste valide.

Une citation de :Yv Bonnier-Viger et Ariane Courville, extrait de Stratégie de dépistage de la COVID-19, juillet 2020

C’est aussi pour cette raison que tester au hasard n’a jamais été une stratégie retenue.

Dans l'archipel madelinot, le Dr Bonnier-Viger précise que les faux positifs proviennent vraiment de problèmes inhérents aux tests.

Ce phénomène se manifeste aux Îles, mais pourrait aussi devenir de plus en plus présent dans l’ensemble du Québec lorsqu’une majorité importante de la population sera vaccinée. Aux Îles-de-la-Madeleine, cette proportion est de près de 80 %.

Les résultats faux positifs sont donc moins présents en Gaspésie où le virus circule toujours, dont notamment le variant britannique, plus contagieux.

Jusqu’à maintenant, le médecin précise qu'en Gaspésie, la majorité des personnes qui reçoivent un résultat de test positif sont des gens qui arrivent d’une autre région ainsi que leurs proches. La situation épidémiologique est assez favorable pour qu’on n’ait aucune inquiétude à maintenir notre palier jaune pour le moment, commente le Dr Yv Bonnier-Viger.

Un test n'est pas un diagnostic

Les résultats positifs doivent être validés soit par les enquêtes épidémiologiques, soit par un second test. Ce sont des données de surveillance, ce ne sont pas des données diagnostiques, prévient le directeur de santé publique.

Malgré tout, le nombre de faux positifs dans l’archipel fait sourciller et le processus est à l'étude. On trouve ça élevé nous aussi, et on est en train de chercher avec eux [les microbiologistes]. Il devrait y en avoir un peu moins que ça en réalité.

En Gaspésie, les tests de laboratoire sont gérés par les services d’Optilab basés à Rimouski, tandis que ceux des Îles sont réalisés sous la supervision de laboratoires de Québec. On est en contact avec ces deux groupes de microbiologistes, indique le Dr Bonnier-Viger.

Cas actifs vs résultats de tests

Ces faux cas positifs s’inscrivent au bilan régional quotidien des cas de COVID-19, laissant croire à une contamination plus importante qu’elle ne l’est en réalité.

La correction au bilan s’effectue dans les jours suivants. Tous les cas sont toujours testés une seconde fois. Quand c’est un vrai cas actif, il reste actif au moins 10 jours tandis que les cas incidents, qui ne sont pas vrais, [il reste actif] 24 ou 48 h après, précise Yv Bonnier-Viger.

Il importe de noter que ces faux positifs demeurent dans le bilan cumulatif officiel selon lequel, une cinquantaine de personnes auraient été infectées aux Îles depuis mars 2020. C'est un portrait déformé.

Pour avoir un portrait plus juste de la situation épidémiologique dans l'archipel, mais aussi ailleurs en Gaspésie, c'est la courbe des cas actifs qui donne un portrait plus juste. Ce nombre est de zéro dans l'archipel et en diminution en Gaspésie au cours des dernières semaines.

Avec les informations d'Isabelle Larose

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