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Une coalition dénonce le sous-financement des hôpitaux dans les Laurentides

La population de la région a presque doublé en 30 ans, mais les investissements n'ont pas suivi.

Hôpital de Saint-Jérôme.

L'Hôpital de Saint-Jérôme est le vaisseau amiral des infrastructures de santé et de services sociaux des Laurentides. Or, les travaux de modernisation qui devaient y être menés sont en retard de plus de 40 mois, déplore la Coalition santé Laurentides.

Photo : Radio-Canada / Pierre Mainville

Radio-Canada

Les infrastructures hospitalières de Saint-Jérôme, Saint-Eustache, Sainte-Agathe, Mont-Laurier, Lachute et Rivière-Rouge n'arrivent plus à répondre à la demande, regrette un nouveau groupe d'intérêt formé à l'initiative des préfets et des élus de la région, mis sur pied pour « démontrer l'urgence d'agir ».

La Coalition santé Laurentides (CSL) dénonce le sous-financement des six hôpitaux des Laurentides, et regrette que les patients soient de plus en plus nombreux à devoir se déplacer à Montréal ou à Laval, faute d'équipements adéquats.

Sur les 85 000 épisodes de soins ou services que reçoit la population de la région par année, 30 % (25 570 épisodes) sont donnés ailleurs qu'au CISSS des Laurentides, souligne-t-elle.

Il manque des salles, il manque des équipements, il manque beaucoup de choses, constate Marc L'Heureux, préfet de la MRC des Laurentides et maire de la municipalité de Brébeuf. Ça n'a pas de sens qu'on soit obligé de surcharger d'autres régions!

En 30 ans, la population de la région a presque doublé; elle est désormais la quatrième en importance au Québec. Mais le financement en santé n'a pas suivi : la région ne reçoit que 4,4 % du budget consacré à la santé.

On se retrouve dans un point de rupture présentement.

Une citation de :Bruno Laroche, maire de Saint-Hippolyte et président de CSL

La région des Laurentides a aussi moins de médecins sur son territoire : alors qu'en moyenne au Québec, on retrouve 247 omnipraticiens et médecins spécialistes par 100 000 habitants, ils sont 148 par 100 000 habitants dans les Laurentides.

Pourtant, des médecins, ce n'est pas ça qui manque dans les Laurentides, explique le Dr Daniel Picard, chef du Service de médecine nucléaire au CISSS des Laurentides. Le problème, selon lui, c'est que le CISSS n'a tout simplement pas de place pour les faire travailler.

En attendant, poursuit le Dr Picard, les médecins comme lui sont exaspérés, parce qu'il y a des traitements qu'ils ne peuvent pas offrir à leurs patients.

À l'Hôpital de Saint-Jérôme, par exemple, la vétusté des bâtiments et le manque d'espace sont dénoncés depuis de nombreuses années.

Dans l'attente d'un agrandissement prévu pour 2030, un immeuble temporaire de 57 lits a été construit. Mais c'est une solution insuffisante, selon la Coalition santé Laurentides, qui demande des actions concrètes rapidement.

Au cabinet du ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, on explique que d'importants investissements ont été effectués et qu'une quarantaine de médecins arriveront dans la région au cours des prochaines années.

Preuve que le dossier figure parmi les priorités du gouvernement, le projet de modernisation et d'agrandissement de l'urgence de l'Hôpital de Saint-Eustache figure également sur la liste des 180 projets d'infrastructure qui seront accélérés grâce à l'adoption en décembre dernier du projet de loi 66.

Professeur titulaire de gestion, politique et évaluation au Département d'administration de la santé de l'Université de Montréal, François Champagne prévient toutefois que la solution aux problèmes d'infrastructures du réseau dans la région ne sera pas évidente.

Si on voulait donner des ressources additionnelles dans les Laurentides, ou bien on augmente les coûts de la santé totaux, ce que personne n'est prêt à vraiment faire, ou bien on prend l'argent ailleurs, résume-t-il.

D'après le reportage de Marie-Isabelle Rochon

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