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Enfants et COVID-19 : voici ce que les parents doivent savoir

Un enfant porte un masque.

La mort d’une fillette ontarienne de 13 ans atteinte de la COVID-19 a soulevé des questions sur la manière dont la maladie touche les plus jeunes canadiens. (archives)

Photo : Associated Press / Brynn Anderson

Nicolas Haddad

De plus en plus d’infections sont rapportées chez des populations plus jeunes depuis l'apparition de la 3e vague de COVID-19 et des variants préoccupants du coronavirus au Canada.

Selon le gouvernement du Canada (Nouvelle fenêtre), les moins de 19 ans représentent le deuxième groupe d'âge le plus touché par la COVID au pays. Il s'agit de 19,1 % de tous les cas au Canada, devancé de justesse par le groupe des 20 à 29 ans. Ce dernier représente 19,9 % de tous les cas jusqu’à lundi.

Le bureau du coroner de l’Ontario a annoncé lundi matin qu'il enquêtait sur la mort d’une adolescente de 13 ans infectée par la COVID-19 qui est morte subitement à Brampton.

Un lit d'hôpital vide avec des machines et de l'équipement de soins médicaux ainsi qu'un moniteur.

Une jeune fille de 13 ans est morte en banlieue de Toronto, la semaine dernière, après avoir été infectée par la COVID-19.

Photo : CBC / Jessica Doria-Brown

Selon CBC News, huit Canadiens de moins de 19 ans sont morts de la COVID jusqu’à présent. Trois de ces décès sont survenus en Ontario.

Au mois d’août dernier, un jeune homme de 19 ans de la région de Montréal a perdu la vie des suites de la COVID-19. En novembre, un garçon de moins de 10 ans de la région de Winnipeg est devenu la plus jeune victime de la maladie au Manitoba.

Radio-Canada a sondé deux pédiatres spécialistes en infectiologie pour faire le point sur ce que les parents doivent savoir au sujet de la COVID-19 chez les enfants.


Les enfants sont-ils plus à risque en raison des variants du coronavirus ?

Les cas de décès des moins de 18 ans au Canada demeurent hyper rares, selon la Dre Caroline Quach-Thanh, pédiatre, microbiologiste et infectiologue au Centre hospitalier universitaire mère-enfant Sainte-Justine.

Une femme porte ses lunettes relevées sur sa tête.

Caroline Quach-Thanh est pédiatre microbiologiste-infectiologue au CHU Sainte-Justine. Elle est aussi professeure titulaire au Département de microbiologie, infectiologie et immunologie de l'Université de Montréal.

Photo : Radio-Canada

Jusqu'à maintenant la grande majorité de cas si pas tous avaient des conditions médicales sous-jacentes, explique-t-elle.

Le variant qu'on a découvert en Grande-Bretagne, même s'il est plus contagieux, ne semble pas être plus à risque de donner des complications chez les jeunes enfants. Ce variant-là, comme les autres, se transmet mieux chez les enfants que la souche ancestrale, probablement parce qu'on a besoin d’une moins grande charge virale pour le transmettre.

Une citation de :Dre Caroline Quach-Thanh, pédiatre, microbiologiste et infectiologue, Centre hospitalier universitaire mère-enfant Sainte-Justine

La Dre Quanch-Thanh admet que plus les enfants sont infectés, plus il est possible qu'on voie des complications comme les MISC, les syndromes inflammatoires multisystémiques de l'enfant.

De son côté, l’infectiologue et pédiatre Fatima Kakkar indique que moins de dix cas de décès ont été répertoriés dans les plus que 200 000 cas de COVID chez les enfants qui ont été recensés au Canada.

La Dre Kakkar affirme toutefois que de façon anecdotique, elle voit présentement plus de symptômes respiratoires chez les jeunes enfants qu'elle n'en voyait avant la troisième vague.

Elle soutient cependant que lorsqu’elle voit un jeune patient qui a des complications liées à la maladie, ce sont des enfants qui ont déjà une comorbidité. Elle ajoute que la fréquence [des cas] chez les enfants a augmenté parce que la prévalence communautaire a augmentée, donc on voit plus ces cas.

Que doivent surveiller les parents chez leurs enfants malades, et comment devraient-ils réagir ?

La Dre Fatima Kakkar.

La Dre Fatima Kakkar est pédiatre infectiologue au CHU Mère-Enfant Sainte-Justine, ainsi que professeure adjointe de clinique au Département de pédiatrie de l'Université de Montréal.

Photo : Avec l'autorisation de la Dre Fatima Kakkar

Pour la Dre Fatima Kakkar, aussi professeure adjointe de clinique au Département de pédiatrie de l’Université de Montréal, la réaction des parents qui surveillent les symptômes de la maladie chez leurs jeunes dépend de l’âge de l’enfant.

Pour les enfants plus âgés, dont les adolescents, généralement ils ont le moins de symptômes, affirme l’infectiologue spécialisée en enfance.

Si les symptômes respiratoires se développent, ou alors si l’enfant est très fatigué et ne veut pas se réveiller même pour manger ou boire, c’est là qu'il faut aller tout de suite à l’urgence.

Une citation de :Dre Fatima Kakkar, pédiatre infectiologue, Centre hospitalier universitaire mère-enfant Sainte-Justine

Le nouveau-né qui a moins de 30 jours, s’il fait de la fièvre, il faut immédiatement l’emmener aux urgences. On n’attend pas, avertit la Dre Kakkar. Elle souligne que les premiers signes de la COVID-19 chez un nouveau-né, c’est qu'il ne mange pas et qu’il perd du poids. Là, il faut voir un médecin immédiatement.

Quant aux nourrissons, c'est-à-dire les enfants âgés d’un à trente mois, le premier signe clinique qui doit mener à une consultation, c'est le refus de boire. Chez les nourrissons la grande majorité vont faire de la fièvre avec la COVID, mais dès qu’ils ont des difficultés à boire ou des respirations plus bruyantes et difficiles, c'est là qu'il faut consulter le médecin.

La pédiatre ajoute que si le nourrisson ne veut pas se réveiller et qu’il dort trop, il faut là aussi consulter un médecin.

Les parents devraient-ils être inquiets pour leurs enfants en ce moment ?

Selon la Dre Kakkar, la mort de la fillette ontarienne de 13 ans atteinte de la COVID est tragique, mais elle ne devrait pas générer de la panique chez les parents canadiens.

Alors que les hôpitaux accueillent de plus en plus de patients partout à travers le pays, elle affirme que les hôpitaux pédiatriques et les urgences pédiatriques ne débordent pas. Je ne veux pas que les gens hésitent à consulter des pédiatres, parce que si on laisse trop de temps avant les consultations, ça peut générer des problèmes.

Pour sa part, la Dre Quach-Thanh rappelle que les parents doivent faire confiance à leur sens clinique en ce qui concerne la santé de leurs jeunes.

On est la personne qui connaissons le mieux notre enfant et on sait quand il ne va pas bien, conseille-t-elle.

Pour l'experte, si l'enfant est encore capable de boire et de manger, qu'il est de bonne humeur, que la fièvre tombe avec de l’Advil ou du Tylenol, et qu'il n'a pas de difficulté à respirer, on le laisse à la maison.

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