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Mort de Breonna Taylor : la police de Louisville fera l'objet d'une enquête plus vaste

Une main brandit une illustration de Breonna Taylor.

Pour marquer le premier anniversaire de la mort de Breonna Taylor, des manifestations ont été organisées le mois dernier à Louisville, au Kentucky, devenue l'un des épicentres de la lutte contre les violences policières et le racisme aux États-Unis.

Photo : Getty Images / Stephanie Keith

Pour la deuxième fois en moins d'une semaine, le procureur général Merrick Garland a annoncé lundi l'ouverture d'une enquête civile sur un service de police : cette fois, c'est celui de Louisville, au Kentucky, qui sera dans la mire du département fédéral de la Justice, un peu plus d'un an après la mort de Breonna Taylor, une Afro-Américaine dans la vingtaine.

L'enquête sur les modèles ou pratiques de la police de Louisville visera à établir si elle utilise une force déraisonnable, y compris au cours des manifestations, a indiqué Merrick Garland.

Elle déterminera si le [service de police] procède à des arrestations, des fouilles et des saisies inconstitutionnelles et si le département exécute illégalement des mandats de perquisition dans des résidences privées, a-t-il précisé.

La formation des agents, d'éventuels comportements discriminatoires, l'impact des tactiques du service sur les communautés culturelles ainsi que le système actuellement en place pour tenir les officiers responsables d'actes répréhensibles seront également examinés.

Toutes ces mesures seront prises dans un seul but : garantir que les politiques et les pratiques policières sont constitutionnelles et légales.

Une citation de :Merrick Garland, procureur général des États-Unis

Les procureurs s'entretiendront avec des leaders de la communauté, des résidents et des responsables de la police, et publieront un rapport, a ajouté le procureur général. Les autorités de Louisville se sont engagées à collaborer, a-t-il mentionné.

La semaine dernière, il avait annoncé une enquête similaire sur le département de police de Minneapolis, au Minnesota, au lendemain du verdict au procès de l'ex-policier Derek Chauvin, reconnu coupable de meurtre au deuxième degré, de meurtre au troisième degré et d'homicide involontaire pour avoir causé la mort de l'Afro-Américain George Floyd.

Merrick Garland a d'ailleurs spécifié que l'objectif des deux enquêtes était le même.

L'an dernier, George Floyd et Breonna Taylor sont devenus deux des symboles du mouvement Black Lives Matter (La vie des Noirs compte) et de la brutalité policière contre les Noirs.

La mort du premier, menotté, visage contre le sol, tandis que le policier maintenait le genou sur son cou pendant près de 10 minutes, a ravivé le débat sur les prises d'étranglement, tandis que celle de la deuxième a jeté les projecteurs sur les mandats d'arrêt sans préavis, dits no knock, qui permettent aux forces de l'ordre d'entrer chez un suspect sans s'annoncer.

Le mois dernier, les élus du Kentucky ont partiellement interdit ce type de mandat d'arrêt.

La jeune femme de 26 ans avait été abattue à son domicile en mars 2020 par des policiers ayant fait irruption chez elle en pleine nuit pour mener une perquisition.

L'enquête plus vaste sur la police de Louisville est cependant distincte d'une enquête plus pointue sur la mort de Breonna Taylor.

Une enquête « nécessaire », selon les autorités de Louisville

Au cours d'une conférence de presse donnée peu après l'annonce, les autorités de Louisville ont dit soutenir l'initiative de l'administration Biden.

J'approuve fortement l'enquête, a affirmé le maire de Louisville, Greg Fischer.

Je ne peux pas dire que je suis complètement surprise, a admis la cheffe du service de police de la Ville, Erika Shields.

Je pense que c'est une bonne chose. C'est nécessaire. La réforme de la police est nécessaire dans tous les services de police du pays, a-t-elle soutenu, et elle a dit voir dans cette enquête fédérale l'occasion d'accélérer le rythme des changements nécessaires.

La National Association for the Advancement of Colored People (NAACP), une organisation de défense des droits civiques qui lutte contre la discrimination raciale, a elle aussi salué l'annonce.

La relation entre les forces de l'ordre et notre communauté a été profondément fracturée et brisée par le manque de confiance et l'absence de responsabilité lorsque la police commet un crime, a déclaré son président national, Derrick Johnson, dans un communiqué. Pendant trop longtemps, les meurtres commis par la police n'ont donné lieu qu'à un mot-clic après l'autre. Mais la vraie justice vient avec la responsabilité et l'action. Le mois dernier, des centaines de manifestants ont convergé à Louisville à l'appel des proches de Breonna Taylor pour marquer le premier anniversaire de sa mort et réclamer des réformes de la police.

En septembre dernier, sa famille a cependant renoncé à déposer une plainte au civil dans le cadre d'un accord « historique » de 12 millions de dollars avec la mairie de Louisville.

Aucune accusation en lien avec la mort de Breonna Taylor

Le copain de Breonna Taylor, Kenneth Walker, qui avait tiré le premier coup de feu avec une arme détenue légalement, avait affirmé qu'il avait cru à un cambriolage et que les policiers ne s'étaient pas annoncés, ce que ceux-ci avaient démenti.

Les agents enquêtaient sur un trafic de drogues auquel le petit ami précédent de la jeune femme était soupçonné d'être mêlé. Pendant la perquisition, les policiers n'ont pas trouvé de drogue ni d'argent semblant être lié à un trafic de drogues.

Les trois policiers impliqués dans la fusillade ont tiré 32 balles dans l'appartement, dont 6 ont atteint la victime.

Aucun chef d'accusation n'a été déposé en lien avec la mort de la jeune Afro-Américaine, mais un des agents, Brett Hankison, qui a aussi été congédié, a été mis en accusation pour « mise en danger injustifiée » des voisins.

À l'époque, l'absence d'accusations liées spécifiquement à la mort de Mme Taylor avait été accueillie avec déception et colère par des manifestants, lesquels avaient protesté contre la décision pendant la soirée et une partie de la nuit.

Le policier qui, selon les analyses du FBI, a tiré le coup de feu fatal, Myles Cosgrove, ainsi qu'un quatrième policier, Joshua Jaynes, qui a rédigé le mandat de perquisition, ont eux aussi été congédiés.

Arrêté le soir de la fusillade, le copain de Breonna Taylor avait pour sa part été accusé d'avoir tiré sur un policier, avant qu'un juge ne retire les chefs d'accusation, le mois dernier.

Toujours en poste, l'autre policier qui a ouvert le feu, Jonathan Mattingly, poursuit toutefois M. Walker pour traumatisme grave, angoisse et détresse émotionnelle.

Ce dernier poursuit pour sa part le département de la police, invoquant la violation de ses droits constitutionnels. Lui aussi allègue avoir été victime d'angoisse, de détresse émotionnelle et de traumatisme en plus d'humiliation [...] et atteinte à sa réputation.

Le procès de Brett Hankison, qui devait débuter en août prochain, a par ailleurs été reporté la semaine dernière au 1er février 2022 en raison de la pandémie.

Avec les informations de Washington Post

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