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Pourquoi les dindons sauvages envahissent Québec ce printemps

Vue de deux volatiles dans un champ.

Deux dindons sauvages

Photo : iStock

Si des dindons sauvages picorent au sol dans un espace vert près de chez vous, vous n'avez pas la berlue. Ces oiseaux profitent des largesses de dame Nature ces dernières années pour remonter constamment vers le nord, au point où leur population s'accroît dans la grande région de Québec.

Leur présence dans la région de Québec, c'est très récent, ce n'est pas très documenté, mais d'un autre côté, on peut s'y attendre, affirme Michel Baril, biologiste à la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, lundi à l'émission matinale Première heure.

Le dindon sauvage s'est incrusté au Québec dans les dernières dizaines d'années, on le chasse dans le sud du Québec depuis 2008, mais au fil de l'adoucissement des hivers, il en profite et monte toujours un peu plus au nord. Et c'est vrai que, cette année, il y a plusieurs mentions un peu partout dans la région [de Québec], confirme-t-il.

Une dinde sauvage marche dans un champ enneigé. Photo prise à Vaughan, en Ontario, le 4 mars 2021.

Les dindons sauvages n'apprécient pas beaucoup la neige.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

260 ans après Wolfe

Plus de 260 ans après Wolfe, plusieurs témoins signalent entre autres la présence de nouveaux conquérants sur les plaines d'Abraham depuis la fin de l'hiver.

Le dindon sauvage profite du sol riche en nourriture, parfois laissée par des passants, pour se faire des forces. C’est pour cette raison qu'un groupe est constamment aperçu sur les Plaines.

L'hiver doux est une conséquence directe, c'est un animal qui mange au sol, un [omnivore] qui picore au sol. Or, s'il y a 3 pieds de neige l'hiver, c'est très difficile pour lui, alors que quand il n'y a pas beaucoup de neige, c'est plus facile pour lui d'y accéder, commente M. Baril.

Ça montre que certaines habitudes qu'on a de nourrir les oiseaux, de nourrir certains animaux près des villes, c'est sûr que ça [fait en sorte] de les garder près des maisons.

Une citation de :Michel Baril, biologiste à la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs
Des dindons sauvages ont été vus sur les plaines d'Abraham.

Des dindons sauvages ont été vus sur les plaines d'Abraham.

Photo : Courtoisie

Reproduction rapide

Le dindon profite traditionnellement de l'air doux printanier pour se reproduire. Les femelles vont pondre des oeufs d'ici quelques semaines avant d'avoir une couvée de plusieurs oisillons.

Après ça, les conditions printanières vont contribuer à la survie des jeunes, donc s'il y a un beau printemps, ça va contribuer à garder plus de dindons en vie. Et près des villes aussi, il y a moins de prédateurs, donc ça peut favoriser [la croissance de la population], explique le biologiste.

Il y a donc fort à parier qu'une plus grande quantité de dindons sera observée à Québec et Lévis au cours de l'été, d'autant que le printemps est relativement doux.

Un dindon sauvage relaxe dans la neige.

Ce dindon sauvage a été aperçu dans la cour arrière d'un citoyen à Saint-Nicolas.

Photo : Courtoisie / Bernard Combes

L'exemple de l'île d'Orléans

Une population qui devient trop importante entraîne cependant son lot de désagréments. Sur l'île d'Orléans, une population de cerfs de Virginie qui avait traversé sur les glaces en hiver au tournant des années 2000 causait des maux de tête aux agriculteurs. Les pommes étaient notamment devenues leur plat de résistance préférée.

Comme dans le cas du cerf et l'exemple de l'île d'Orléans, la chasse est l'outil de gestion priorisé pour éviter que la population de dindons sauvages ne devienne trop nombreuse à Québec et à Lévis au cours des prochaines années.

La plupart des espèces, l'ours, l'orignal, le cerf de Virginie et le dindon sont gérés en fonction des règles de la chasse, mais là, peut-être que ça va prendre un ajustement au cours des prochaines années pour éviter [que le dindon] approche trop des villes, précise M. Baril.

Mais quand les hivers sont difficiles et qu'il y a des prédateurs, leur population est plus facile à contrôler.

Une citation de :Michel Baril, biologiste à la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs

La période de chasse aux dindons sauvages commence d'ailleurs le 30 avril au Québec pour une douzaine de demi-journées. Les adeptes affectionnent d'ailleurs ce type de chasse en milieu périurbain, sans compter que la viande est généralement appréciée une fois en bouche, selon l'expert.

Une demande a été acheminée au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs pour qu'il dresse le portrait de la population de dindons sauvages dans la Capitale-Nationale, en Chaudière-Appalaches ainsi que dans l'ensemble du Québec.

Avec la collaboration de Claude Bernatchez

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