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Un milliard de doses administrées dans le monde, mais les flambées se poursuivent

Même si plus d'un milliard de doses du vaccin contre la COVID-19 ont été administrées à travers le monde, le nombre de nouvelles infections est à son plus haut niveau depuis le début de la pandémie. Seuls quelques pays qui ont accéléré leur campagne de vaccination ont vu leur nombre de cas chuter considérablement.

Une femme voilée devant une murale de deux infirmières qui se consolent.

Moins de 5 % des Palestiniens ont été vaccinés en date du 27 avril 2021.

Photo : Reuters / MOHAMMED SALEM

L'impact de la campagne de vaccination accélérée sur le nombre de nouvelles infections est particulièrement frappant dans trois pays : au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Israël.

Le Royaume-Uni a commencé à vacciner massivement en janvier et, depuis, la cadence s'est accélérée; on y administre plus de 500 000 doses chaque jour depuis le début de février. En date du 27 avril, plus d’un Britannique sur cinq a reçu ses deux doses du vaccin contre la COVID-19.

Le nombre de nouveaux cas par jour dans ce pays a considérablement chuté quelques semaines après que la campagne de vaccination a pris son envol, passant de plus de 50 000 à moins de 5000 en avril.

En Israël, environ 60 % de la population a reçu les deux doses du vaccin. Depuis le début d'avril, on compte moins de 500 cas par jour.

Aux États-Unis, le nombre de nouveaux cas par jour est désormais d'environ 50 000, après une vague importante au début de l’année. Chez nos voisins du sud, près de 60 % de la population a reçu au moins une dose, et de ceux-ci, près de 30 % ont reçu deux doses.

Si l'expérience de ces trois pays est un signe d'espoir, l'OMS rappelle que la campagne de vaccination à l'échelle mondiale ne fait que commencer et que la pandémie est loin d’être terminée.

Plus d'un milliard de doses du vaccin contre la COVID-19 ont été administrées à travers le monde. Environ 7 % de la population mondiale a reçu une première dose, moins de 5 % ont reçu deux doses. À ce rythme, des chercheurs estiment (Nouvelle fenêtre) qu'il faudra plus de 4 ans pour vacciner la majorité des personnes à travers le monde.

Par ailleurs, plus de 80 % de ces doses ont été administrées dans des pays au revenu élevé. Moins de 1 % ont été administrées dans les pays les plus pauvres.

Le déploiement de ces vaccins est d’une lenteur inacceptable. Et tant que la couverture reste faible, nous devons appliquer les mêmes mesures de santé publique et les mêmes mesures sociales que par le passé pour compenser les retards, a récemment déclaré le docteur Hans Henri P. Kluge, directeur régional de l’OMS pour l’Europe.

Des flambées à travers le monde

Cette lenteur à vacciner la population explique en partie pourquoi on continue de voir la COVID-19 faire des ravages et provoquer des flambées dans plusieurs pays.

Bien sûr, il n’y a pas que la vaccination qui a un effet sur le nombre de nouvelles infections, puisque plusieurs pays ont dû réintroduire de nouvelles restrictions pour réduire la propagation. Mais les experts le répètent : il faut vacciner le maximum de personnes avec deux doses afin d’éviter de nouvelles vagues.

Jamais auparavant la valeur de la vaccination n'a été aussi évidente, a indiqué l'OMS lundi.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre de cas a augmenté pour une neuvième semaine d’affilée et le nombre de décès pour une sixième semaine d’affilée. On a recensé plus de 5,7 millions de cas seulement la semaine dernière et 8900 décès.

En fait, il n’y a jamais eu autant de nouvelles infections par jour à travers le monde depuis le début de la pandémie.

On compte en moyenne plus de 800 000 nouveaux cas par jour depuis une semaine, un record. Au début de janvier, on comptait en moyenne 700 000 nouvelles infections par jour dans le monde. Le nombre de décès n’a pas atteint le pic connu au début de 2021, mais la courbe continue de monter.

Le tiers de tous les cas au monde a été détecté dans les trois derniers mois. Il a fallu neuf mois pour atteindre 1 million de morts dans le monde; puis seulement trois mois pour atteindre 2 millions de morts et trois mois pour atteindre le cap des 3 millions de morts.

Si quelques pays, notamment l’Inde et le Brésil, contribuent largement à cette hausse impressionnante, plusieurs autres pays, dont le Canada, vivent une nouvelle flambée des cas. Et dans ces pays, le taux de vaccination est encore bas, permettant ainsi aux variants de se propager rapidement et exponentiellement.

Depuis le dernier mois, l’Inde a recensé plus de 5,4 millions de cas, soit 25 % de tous les cas au monde.

En Inde, moins de 10 % de la population a reçu au moins une première dose.

Pourquoi si peu d'Indiens sont vaccinés? Depuis janvier, l’Inde a exporté plus de 66 millions de doses, ce qui aurait été suffisant pour vacciner toute la population de Delhi, Mumbai et Calcutta. Pourtant, l’Inde abrite le Serum Institute of India, le plus grand fabricant de vaccins au monde.

Rappelons que jusqu’à la fin mars, le nombre de cas en Inde était de moins de 50 000 par jour dans ce pays de 1,3 milliard d'habitants. Mais voyant la situation changer rapidement, l’Inde a annoncé le 24 avril dernier un arrêt temporaire des exportations de vaccins.

Au cours du dernier mois, le Brésil a détecté 1,9 million de cas, soit près de 10 % des nouvelles infections mondiales. En comparaison, les États-Unis ont recensé 1,8 million de cas durant cette même période.

Au Brésil, un peu plus de 10 % de la population a été vaccinée ( dont 5 % Brésiliens qui ont reçu deux doses).

En Europe, l'Allemagne est elle aussi aux prises avec une nouvelle vague, avec plus de 20 000 nouveaux cas par jour depuis la fin mars. La majorité des cas sont liés au variant B.1.1.7., originaire du Royaume-Uni. Moins de 20 % des Allemands ont reçu une première dose et moins de 10 %, leur deuxième dose. Le pays a imposé ce week-end un couvre-feu.

Au Moyen-Orient, depuis le début d'avril, l’Iran compte plus de 20 000 nouveaux cas par jour, un record depuis le début de la pandémie. Moins de 1 % des Iraniens ont reçu une première dose du vaccin.

En Asie, le Japon, qui est à moins de 90 jours du début des Jeux olympiques, connaît également une nouvelle vague avec au moins 5000 nouveaux cas par jour. Le pays n'a que récemment commencé sa campagne de vaccination; en fait moins de 1 % de sa population a reçu leur première dose.

Les Philippines ont désormais plus d’un million de cas et s'apprêtent à imposer un confinement d’un mois. Les premières vagues dans ce pays avaient été largement contrôlées, mais depuis le début de mars, le nombre de nouveaux cas a explosé. La situation est semblable en Thaïlande. Ces deux pays avaient commencé leur déconfinement, même si moins de 5 % de leur population est vaccinée.

En Amérique du Sud, le Chili a également connu une importante vague entre la mi-février et le début d'avril. La campagne de vaccination dans ce pays s’est accélérée en mars et maintenant plus de 30 % de la population a reçu deux doses du vaccin. Le nombre de nouveaux cas a commencé à diminuer début avril.

L'Argentine est aussi aux prises avec une importante vague. Dans ce pays, environ 11 % ont reçu une dose et moins de 2 % ont reçu deux doses du vaccin.

Le taux de vaccination doit augmenter pour freiner la pandémie

On estime qu'on atteindra l'immunité collective lorsque 70 % à 85 % de la population aura reçu les deux doses du vaccin contre la COVID-19. Une immunité inégale risque d'augmenter les risques de voir apparaître de nouveaux variants qui pourraient avoir un impact sur l'efficacité du vaccin, écrivent des experts dans le New England Medical Journal (Nouvelle fenêtre).

Il faut un effort collectif pour mettre fin à une pandémie mondiale. Personne ne sera en sécurité jusqu'à ce que tout le monde soit vacciné, a récemment déclaré Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne.

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