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L'Italie se déconfine et se prépare à la relance économique

Un homme et une femme portant un masque se prennent en photo avec une téléphone cellulaire.

Des visiteurs se prennent en photo dans le palais des Doges, à Venise.

Photo : afp via getty images / ANDREA PATTARO

Agence France-Presse

Les bars, restaurants, cinémas et salles de spectacles ont rouvert partiellement lundi en Italie, où le chef du gouvernement Mario Draghi doit présenter au Parlement son plan de relance financé par l'Union européenne.

La péninsule espère ainsi retrouver un semblant de normalité après des mois d'alternance entre fermetures draconiennes et timides réouvertures.

Une grande majorité de la vingtaine de régions sont désormais classées en jaune, le niveau le plus bas de risque face à la pandémie. Les bars et restaurants y sont autorisés à servir en terrasse, et aussi le soir, pour la première fois depuis six mois, même si le couvre-feu débutant à 22 h reste toujours en vigueur.

Au total, près de 140 000 bars, restaurants, pizzerias et gîtes ruraux devaient rouvrir lundi, selon le syndicat agricole Coldiretti.

Daniele Vespa, 26 ans, chef de salle au restaurant Baccano à deux pas de la Fontaine de Trévi à Rome, ne cache pas sa joie. C'est un début de retour à la normalité qui apporte un peu d'air frais, disait-il alors que ses collègues enlevaient les chaînes qui liaient les petites tables de bistrot les unes aux autres en attendant des jours meilleurs.

Les cinémas, théâtres et salles de concert peuvent accueillir du public à hauteur de 50 % de leur capacité. Viendront ensuite les piscines, salles de gym et parcs de divertissement d'ici le 1er juillet.

J'ai un carnet de bal bien rempli, avec des visites de musées, des restaurants et des bars, des fêtes et des boîtes de nuit! s'est réjoui Ottavio Rosati, réalisateur de 71 ans, attablé en terrasse d'un restaurant romain.

Plus sceptique, Maria Malatesta, enseignante de 63 ans, juge que les Italiens sont un peu légers, mais se dit favorable à ces réouvertures parce que l'économie doit reprendre.

Fermé depuis six mois, le cinéma Beltrade à Milan (Nord) a été le premier du pays à ouvrir ses portes dès 6 h, accueillant 82 clients qui ont commencé à faire la queue dès 5 h 20 pour voir Journal intime de Nanni Moretti.

Ce sont des fous bien sympathiques. Regarder un film sur grand écran, c'est autre chose que de le voir depuis son canapé, a commenté sa propriétaire, Monica Naldi.

Un serveur amène des plats de pâtes à des clients assis sur la terrasse extérieure, tout près du Panthéon.

Les terrasses accueillent à nouveau des clients sur la Piazza della Rotonda, où l'on peut admirer le Panthéon, à Rome.

Photo : afp via getty images / FILIPPO MONTEFORTE

M. Draghi a subi les pressions des dirigeants des régions et de plusieurs manifestations en faveur d'un assouplissement des restrictions pour lutter contre la COVID-19.

L'ex-président de la Banque centrale européenne a reconnu qu'il prenait un risque calculé alors que l'Italie continue d'enregistrer en moyenne plus de 300 morts chaque jour, même si les contagions et le nombre d'admissions en réanimation diminuent.

La campagne vaccinale a atteint un rythme de croisière avec environ 350 000 doses administrées chaque jour.

Il est clair que si la réouverture progressive est interprétée comme un "retour à la vie d'avant", un nouveau pic de contagions pourrait compromettre la saison estivale, a mis en garde Nino Cartabellotta, spécialiste des questions de santé publique.

Un mégaplan de relance économique

L'Italie, premier pays européen durement frappé par la pandémie début 2020, a perdu près d'un million d'emplois et subi une chute de son PIB de 8,9 % en 2020.

La troisième économie de la zone euro compte sur le mégaplan de relance européen doté de 750 milliards d'euros. Mario Draghi présentera lundi au Parlement les détails de son plan pour dépenser cette manne européenne.

L'Italie en est le principal bénéficiaire avec 191,5 milliards d'euros de prêts et subventions. Un premier feu vert de Bruxelles au plan italien est intervenu samedi, a annoncé Mario Draghi après un entretien téléphonique avec la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen.

Parmi les priorités affichées figurent la rénovation d'infrastructures vieillissantes (autoroutes, voies ferrées...), les énergies renouvelables (hydrogène...), l'Internet à haut débit et la numérisation des entreprises et des administrations.

Un autre objectif sera de combler le fossé entre le Nord et le Sud de la péninsule, tout en venant au secours des jeunes et des femmes, particulièrement touchés par la crise.

Mario Draghi met aussi l'accent sur l'importance de s'attaquer à des problèmes déjà présents avant la pandémie, comme la bureaucratie ou la lenteur de la justice.

Des différends sur le plan de relance avaient contribué en février à la chute du gouvernement de Giuseppe Conte, le prédécesseur de M. Draghi, qui s'était vu alors parachuté à la tête du pays auréolé d'une image de sauveur.

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