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Québec doit prioriser la vaccination des femmes enceintes, estiment des médecins

Une femme enceinte reçoit un vaccin.

De plus en plus de professionnels de la santé, dont des gynécologues, demandent à Québec de prioriser la vaccination des femmes enceintes contre la COVID-19.

Photo : getty images/istockphoto / Marina Demidiuk

Radio-Canada

Une grossesse pendant une pandémie comporte son lot d'inquiétudes, et Andrée-Anne David, qui attend son premier enfant pour septembre, ne comprend pas que les femmes enceintes ne soient toujours pas considérées comme étant prioritaires pour la vaccination au Québec.

Ça, je ne comprends pas, dit la future maman, indiquant au passage que d’autres provinces canadiennes ont déjà choisi de prioriser ce groupe parmi leur population.

Andrée-Anne David parle à la caméra dans une cour arrière.

Andrée-Anne David souhaite que Québec vaccine les femmes enceintes en priorité.

Photo : Radio-Canada

Il s’agit de l’Ontario, du Nouveau-Brunswick et, tout récemment, de l’Île-du-Prince-Édouard. Plus tôt ce printemps, l’Alberta et la Saskatchewan ont déjà choisi de prioriser les femmes enceintes dans leur campagne de vaccination.

Si les données sont rares concernant l’efficacité et la sûreté des différents vaccins chez les femmes enceintes – puisqu’elles ont été exclues des essais cliniques –, les risques de complications et d’hospitalisations accrus liés à la COVID-19 sont, quant à eux, déjà connus.

La Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC) vient d’ailleurs de demander à toutes les provinces d’accorder la priorité à la vaccination des femmes enceintes, après avoir constaté qu’un nombre alarmant d’entre elles se retrouvaient aux soins intensifs en Ontario, dont plusieurs sous respirateur artificiel.

Une demande avec laquelle la Dre Diane Francœur, elle-même gynécologue, est d'accord.

Nous, on le sait, les obstétriciens-gynécologues : quand ça va bien, la grossesse, ce n'est pas une maladie, mais quand ça va mal, ça va très mal. C'est pour ça qu'on veut que ça soit considéré comme un facteur de comorbidité et que les femmes enceintes soient priorisées.

Une citation de :Dre Diane Francœur, obstétricienne gynécologue

Quel vaccin choisir?

Le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) a mis à jour ses Recommandations sur l’utilisation des vaccins contre la COVID-19, vendredi, à la suite de signalements de caillots sanguins rares, mais graves, après l'administration du vaccin d'AstraZeneca.

Le CCNI a réexaminé la question, concluant que le vaccin d'AstraZeneca peut désormais être proposé aux plus de 30 ans qui n’ont pas de contre-indication. Sa recommandation précédente en limitait l'usage aux plus de 55 ans.

Le Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ) n’a toujours pas élargi l’administration de ce vaccin aux personnes âgées de 30 à 55 ans. Les femmes enceintes, plus à risque de thrombose, se demandent tout de même si ce vaccin est recommandé pour elles, s'il s'avérait que le CIQ en abaisse l’âge d’admissibilité.

C'est la question que j'ai eue toute la semaine, a fait savoir la Dre Francœur.

Pour le moment, les experts de la santé estiment que les bénéfices du vaccin – peu importe celui que l’on reçoit – l'emportent sur les risques, surtout dans le contexte où les variants touchent beaucoup les jeunes adultes.

Aujourd'hui, le 25 avril, au moment où on se parle, le vaccin le plus sécuritaire pour les femmes enceintes, c'est celui qui est disponible, a ainsi résumé la Dre Francœur.

Un avis partagé par le Dr Donald Vinh. Le risque avec une infection naturelle à la COVID chez les femmes enceintes est beaucoup plus élevé que le risque, très faible, qu’encourent quelques personnes avec ce vaccin, a-t-il indiqué.

Pour la Dre Isabelle Boucoiran, gynécologue-obstétricienne au CHU Sainte-Justine et membre du Comité des maladies infectieuses de la SOGC, le manque de données doit tout de même pousser à la prudence et à une évaluation au cas par cas.

Il y a moins de données publiées que pour l’ARN messager, a-t-elle expliqué, en référence au vaccin de Pfizer-BioNtech, à propos duquel on dispose d’un peu plus de données concernant les femmes enceintes.

Par contre, je tiens quand même à souligner que les vaccins à vecteur viral, comme celui d’AstraZeneca, ont été utilisés pour d'autres maladies avec succès chez les femmes enceintes.

Devant l'absence de données, Andrée-Anne David hésite, comme bien des femmes enceintes. C'est hyper paradoxal parce que je dis que je le refuserais [le vaccin d’AstraZeneca], mais j'ai vraiment, vraiment hâte de me faire vacciner.

C’est d’ailleurs ce paradoxe qui rend nécessaire, selon elle, le fait d'avoir des recommandations claires de la part de la santé publique du Québec.

Avec les informations de Jacaudrey Charbonneau

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