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Le nombre de décès dûs à la COVID-19 dépasse les 3000 à Toronto

Trois personnes prennent la pose pour une photo de groupe

Gary Clarke, à droite, avec son père Vincent et sa mère Esme dans leur foyer de soins de longue durée à Scarborough.

Photo : offerte par Gary Clarke

Radio-Canada

Esme, la mère de Gary Clarke, respirait difficilement en raison de la COVID-19 lorsque M. Clarke a voulu lui rendre visite par la fenêtre d'un foyer de soins de longue durée de Scarborough, le 15 avril. Il n’en a jamais eu l’occasion : elle est morte le jour-même.

Vincent, le père de M. Clarke, partageait une chambre avec Esme, sa femme depuis 48 ans, et a reçu un diagnostic positif à la COVID-19 la veille de la mort de sa femme. Déchiré par la disparition de l'amour de sa vie, Vincent est également décédé de complications liées au virus, a raconté M. Clarke à CBC Toronto.

En 13 jours, M. Clarke avait soudainement perdu ses deux parents. Un an plus tard, il a du mal à décrire la douleur. 

Ça a été très... je ne peux même pas l'exprimer avec des mots. Je suis passé par toutes les émotions possibles et imaginables - la tristesse, la colère... je suis juste un peu étourdi , a-t-il déclaré.

C'est tellement vide et lourd. C'est une tragédie rare aux proportions immenses.

Esme et Vincent ont fait partie des 1000 premiers décès liés au à la COVID-19 à Toronto. Un an plus tard, le nombre de décès a dépassé les 3000 à Toronto. Celui-ci a atteint 3011 dimanche.

Je demande à chacun d'entre nous de réfléchir à cette terrible perte de vie et à ce que nous pouvons faire dans les jours et les semaines à venir, a déclaré la Dre Eileen de Villa, médecin hygiéniste en chef de Toronto, lors d'une conférence de presse mercredi.

Pour M. Clarke, ce chiffre représente non seulement le coût humain de la pandémie, mais aussi des milliers de personnes partout dans la ville qui, comme lui, sont en deuil. Lui et sa famille attendent toujours de pouvoir faire leurs derniers adieux à Esme et Vincent, car les restrictions sanitaires rendent impossibles les grandes funérailles, les commémorations et les voyages pour rendre visite à la famille à l'étranger.

Ceux qui ont perdu des êtres chers lors de la première vague l'année dernière pensent aux familles qui vivent la même horreur aujourd'hui.

Ce sont des familles qui sont brisées. Ce sont des familles qui ne reverront jamais leurs proches, a déclaré M. Clarke.

Esme était connue pour son incomparable joie de vivre et son rire contagieux; Vincent pour son esprit vif et sa vivacité d'esprit et, sous un extérieur sérieux, une personnalité chaleureuse, a décrit M. Clarke. Profondément amoureux, ils ont tous deux immigré de la Jamaïque à Toronto dans les années 1960 et ont élevé quatre enfants.

M. Clarke honore ses parents en faisant tout ce qui est en son pouvoir pour assurer leur sécurité et celle de tous ceux qui les entourent - en portant des masques, en se lavant les mains et en respectant la distanciation physique. 

Ma mère me dirait de continuer à faire le bien, d'aider les autres à rester en sécurité pendant ces moments difficiles, par mes paroles et mes actions, a déclaré M. Clarke.

Des souvenirs douloureux

Amy Swartz se souvient de sa grand-mère Sally Strauss comme d'une femme forte et stoïque qui a survécu à la rougeole et à la scarlatine, mais pas à la COVID-19. Mme Strauss est décédée dans une maison de soins de longue durée à 103 ans le 16 avril 2020, le lendemain de la mort d'Esme.

Le portrait d'une femme assiseAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Sally Strauss est décédée de complications liées à la COVID-19 à l'âge de 103 ans.

Photo : offerte par Amy Swartz

Elle me manque profondément, a déclaré Mme Swartz. Elle a fondamentalement changé nos vies. Je ne peux qu'imaginer comment c'est pour tous les autres qui ont perdu des êtres chers.

Mme Strauss est née en 1917 et a grandi dans une petite ferme de Newmarket, a décrit Mme Swartz.

Elle a déménagé à Toronto à la mort de son père. Ensuite, dès l’âge de 12 ans, elle travaille comme couturière. Elle a eu une fille, la mère de Mme Swartz, qui est décédée en 2000. Mme Strauss est devenue une figure maternelle pour Mme Swartz et ses trois frères et sœurs, ainsi que pour leurs enfants.

Son amour, son soutien, sa force d'esprit et de caractère constituent un héritage durable qu'elle laisse derrière elle , peut-on lire dans la notice nécrologique de Mme Strauss.

Selon Mme Swartz, la troisième vague de COVID-19 en Ontario ravive de durs souvenirs. Elle souhaite que les habitants de Toronto sachent que le nouveau coronavirus est brutal, méchant, voire cruel.

Prenez-le au sérieux, a déclaré Mme Swartz.

Une vie merveilleuse

Arthur Parks rêve de sa mère Gustavine, ou Guusje en abrégé, presque toutes les nuits, depuis que celle-ci est morte de la COVID-19 dans une maison de retraite de Toronto en avril dernier.

Le portrait d'une femme assiseAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Guusje Parks au foyer de soins de longue durée Isabelle and Arthur Meighen Manor, en février 2020.

Photo : offerte par Arthur Parks

La perte de la matriarche de la famille, âgée de 98 ans, a été très soudaine, a déclaré M. Parks, qui continue d'attendre le jour où il pourra remplir les bancs de l'église unie Rosedale avec toute sa famille et ses amis pour un dernier adieu.

M. Parks veut que la vie des personnes âgées soit chérie et célébrée au lieu d'être rejetée et ignorée.

Les gens ne se rendent pas compte des histoires merveilleuses, de la vie merveilleuse que cette personne a pu avoir, a-t-il dit.

Guusje a grandi en Hollande et s'est portée volontaire pour la Croix-Rouge. Elle a conduit des des camions pendant la Seconde Guerre mondiale jusqu'à la libération du pays le 15 mai 1945 par les forces alliées. Peu après, Guusje a épousé un officier de l'armée canadienne, Arthur Hamilton Parks II, et s'est installée à Toronto où elle a consacré sa vie au bénévolat et à l'église.

Mère extravertie et humble, Guusje a fait du ski alpin jusqu'à 79 ans et du golf jusqu'à 93 ans.

M. Parks aimerait que les gens qui habitent dans les maisons de retraite et les foyers de soins de longue durée puissent vivre une vie plus épanouie.

Ils doivent trouver un moyen de permettre à ces personnes de vivre leur vie plutôt que de la subir.

Avec les informations de CBC News

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario

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