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Législatives en Albanie : dans l'attente des résultats, l'opposition crie victoire

Un électeur dans un bureau de vote.

Depuis la fin du communisme au début des années 1990, les résultats des élections sont systématiquement contestés.

Photo : Reuters / FLORION GOGA

Agence France-Presse

L'opposition albanaise a affirmé dimanche avoir gagné des législatives considérées comme vitales pour les rêves d'Europe du petit pays des Balkans, mais le premier ministre sortant a jugé prématurée toute revendication.

Selon la Commission électorale centrale (CEC), la publication des résultats pourrait prendre jusqu'à deux jours après ce scrutin qui ponctue une campagne émaillée d'insultes, d'accusations de corruption et d'incidents violents.

Les élections surveillées de très près par les capitales occidentales mettaient aux prises Edi Rama, le chef socialiste du gouvernement, et une opposition aussi hétéroclite que déterminée à le faire chuter, réunie derrière le chef du parti démocrate (centre-droit) Lulzim Basha.

La victoire est claire, a déclaré le juriste de 46 ans sous les applaudissements de ses partisans. Merci à tous les citoyens qui ont choisi le changement.

De rares sondages sortis des urnes donnaient des résultats contradictoires et Edi Rama a dit qu'il s'en remettait au contenu des urnes.

Les suppositions, les sondages, les exit-polls (...) font partie des prédictions d'avant-match. Le résultat du match est dans les urnes.

Une citation de :Edi Rama, chef socialiste du gouvernement

Depuis la fin du communisme en Albanie au début des années 1990, les résultats électoraux sont systématiquement contestés et donnent lieu à des soupçons de fraudes.

Ce pays pauvre, victime d'un tremblement de terre dévastateur fin 2019, accuse durement le coût économique et sanitaire de la pandémie provoquée par le coronavirus, qui y a fait près de 2400 morts.

Beaucoup souhaitent de meilleures conditions de vie dans un pays où le salaire moyen est de 420 euros. Les jeunes cherchent massivement leur salut dans l'émigration en Italie, en Allemagne ou aux États-Unis.

Les jeunes ne doivent pas partir, ils doivent rester, il doit y avoir des opportunités d'emploi.

Une citation de :Berti Jusufaj, un électeur de 50 ans

Dans leur affrontement avec les socialistes, les démocrates ont reçu le concours du Mouvement socialiste de l'intégration (MSI) fondé par le président Ilir Meta, un farouche adversaire d'Edi Rama.

Le président Ilir Meta à un bureau de vote.

Le président Ilir Meta a appelé à un « vote patriotique » pour « refonder la République ».

Photo : Reuters / STRINGER

Le MSI, qui a souvent joué le rôle de faiseur de roi, a présenté sa propre liste pour ratisser le plus large possible dans les rangs des électeurs mécontents du premier ministre.

Bruxelles a dit oui à l'ouverture de négociations d'adhésion avec l'Albanie, mais sans fixer de date.

Tous promettent de mener à leur terme les changements nécessaires, à commencer par la réforme du système judiciaire et la lutte contre la criminalité organisée.

Rama veut du temps

Edi Rama accuse ses adversaires d'avoir pour seul point commun la volonté de le renverser, mais promet de se retirer s'il n'obtient pas la majorité parlementaire.

Il réclame du temps pour finir les projets d'infrastructures entravés par la pandémie et continuer de reconstruire les milliers de logements détruits par le séisme.

Edi Rama prononce un discours lors d'un rassemblement politique.

Le premier ministre Edi Rama brigue un troisième mandat.

Photo : Reuters / FLORION GOGA

Cet artiste-peintre de 56 ans mise sur une campagne de vaccination massive qui doit permettre l'immunisation fin mai d'un demi-million d'Albanais et la relance de l'industrie touristique.

En face, l'opposition promet de soutenir l'économie en aidant les petites entreprises et accuse le sortant de tous les maux.

Edi Rama a manipulé les résultats des précédentes élections, a mis la main avec une poignée de gens sur l'économie, contrôle tous les pouvoirs et entrave les perspectives européennes de l'Albanie, assène Lulzim Basha.

Le chef du gouvernement sortant dément toutes ces allégations et accuse ses adversaires d'avoir peur de la réforme judiciaire en cours.

La vie politique albanaise est souvent marquée par l'outrance verbale et une rhétorique incendiaire.

Lulzim Basha à son arrivée dans un bureau de vote.

Lulzim Basha, le chef du Parti démocrate.

Photo : Reuters / FLORION GOGA

Les fourches

La journée électorale s'est cependant déroulée dans le calme et le président de la CEC Ilirjan Celibashina salué l'intégrité du processus, demandant aux partis d'attendre patiemment le dépouillement des voix.

La campagne s'était tendue dans les derniers jours, avec la mort d'un militant socialiste abattu dans une fusillade avec des démocrates qui accusaient le camp adverse d'achats de voix.

Les États-Unis comme l'Union européenne ont demandé une enquête rapide.

En cas de manipulation du scrutin par les socialistes, les fourches seront là, a averti le président Meta, ce qui lui a valu une volée de bois vert de Washington.

Que quiconque dise que les citoyens prendront « les fourches » est inacceptable, a déclaré sur Twitter l'ambassadrice des États-Unis à Tirana Yuri Kim. Ceux qui incitent à la violence seront tenus pour responsables.

Des ambassadeurs occidentaux se sont déplacés dans différents bureaux de vote, tandis que l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) avait également déployé des observateurs.

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